« La MINURSO a exprimé sa profonde inquiétude face aux incidents de tirs dans des zones civiles et a exhorté les parties à éviter tout acte pouvant compromettre le processus politique en cours », a-t-il dit. Et d’ajouter que S. de Mistura « souligne que c’est le moment du dialogue et des négociations, et non celui de l’escalade militaire ». Il a également insisté sur le fait que « de telles attaques soulignent la nécessité urgente de revenir au cessez-le-feu et de négocier une solution politique durable et mutuellement acceptable à ce conflit ».
L’attaque du Front Polisario sur Smara a également été dénoncée par deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. La France a déclaré mercredi que l’attaque menace la stabilité régionale et sape le processus politique dirigé par l’ONU, relancé après l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité en 2025. La Mission des États-Unis auprès des Nations Unies a également dénoncé l’attaque, affirmant que « le moment est venu de mettre fin à ce différend qui dure depuis 50 ans ».
Le mouvement séparatiste a revendiqué la responsabilité de l’attaque sur Smara, qui a impliqué le lancement de trois projectiles ayant frappé différentes parties de la ville. L’attaque a blessé une femme, mais aucun dégât matériel n’ait été signalé.
Dimitar Tzanchev, ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, s’est joint au concert des condamnations. Il a fermement dénoncé l’attaque perpétrée par le Front Polisario contre la ville de Smara le 5 mai, au moyen de trois projectiles. Dans un communiqué diffusé sur le compte officiel de la Mission de l’Union européenne au Maroc sur X, il a déclaré que « la récente attaque contre Smara doit être condamnée ». Et d’ajouter que « ce n’est pas le moment de l’escalade, mais bien celui de la négociation, conformément à la Résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité de l’ONU, et en s’appuyant sur la proposition d’autonomie marocaine, afin de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable, en accord avec la Charte des Nations Unies ».
La condamnation de cette attaque par l’Union européenne s’inscrit dans la lignée de positions exprimées par les États-Unis et la France. Fin janvier, l’Union européenne avait adopté une nouvelle position, estimant que «l’autonomie véritable représenterait l’une des solutions les plus viables» pour résoudre ce conflit régional de manière définitive.
C’est dans cette ambiance que depuis Ankara, Abdelmadjid Tebboune a déclaré jeudi à la presse, en marge de la première session du Conseil de coopération stratégique algéro-turc, qu’il avait évoqué notamment la question du Sahara avec le président turc. Il a précisé que les discussions avaient porté sur « les situations en Libye et dans la région du Sahel, ainsi que la question du Sahara occidental », ajoutant que « les analyses de ces dossiers étaient claires et positives, soulignant l’engagement de l’Algérie et de la Turquie en faveur de solutions pacifiques et du respect de la légitimité internationale ».
Auparavant, le Président algérien avait mentionné lors d’un entretien avec les médias algériens il y a quelques jours que « la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies progresse sans obstacles entre nous et eux », en référence au Maroc.
Ces déclarations marquent un changement dans la rhétorique de Tebboune concernant le conflit, lui qui avait auparavant insisté que la seule solution résidait dans un « référendum d’autodétermination » et que les négociations devraient être limitées au Maroc et au Front Polisario, les deux parties au conflit. Après l’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité le 31 octobre, Alger avait critiqué notamment la mention qu’une « véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait être la solution la plus réaliste ». L’Algérie s’était d’ailleurs abstenue de participer au vote. Elle avait également fustigé la résolution qui « ne répond pas aux aspirations légitimes du peuple sahraoui à l’autodétermination, ni ne reflète précisément la doctrine onusienne de décolonisation ».
A signaler aussi que l’ambassade des États-Unis en Algérie a récemment partagé à nouveau un communiqué de la Mission US auprès de l’ONU, condamnant fermement l’attaque qui a ciblé la ville de Smara. Dans son commentaire, l’ambassade a déclaré que « la situation actuelle au Sahara occidental ne sert les intérêts de personne et ne peut pas perdurer. »
Tokyo tranche !
Le Japon a salué, vendredi, l’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 31 octobre 2025. Cette résolution affirme qu’« une véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait être une solution des plus réalisables ». Le Japon a également déclaré son intention d’agir en accord avec cette position sur les plans diplomatique et économique.
Cette déclaration a été faite dans un communiqué conjoint signé par Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, et Motegi Toshimitsu, son homologue japonais, lors d’une visioconférence tenue à l’occasion du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre le Maroc et le Japon. Tokyo a également « exprimé son soutien aux efforts du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé personnel pour faciliter et mener les négociations, en s’appuyant sur le plan marocain d’autonomie, afin de parvenir à un règlement juste, durable et mutuellement acceptable du différend».
Le communiqué conjoint ajoute que le Japon a exhorté « les parties à participer aux discussions sans conditions préalables et sur la base du plan marocain d’autonomie, afin de parvenir à une solution politique définitive et mutuellement acceptable ».
En adoptant cette position avancée, Tokyo rejoint d’autres grandes puissances internationales ainsi que la majorité de la communauté internationale, qui soutiennent l’autonomie sous souveraineté marocaine comme la seule solution viable à ce différend régional.
Condamnation séparatiste
Si aucune réaction n’est à signaler à ce sujet depuis Tindousf, le Front Polisario a fermement dénoncé la récente visite effectuée par Duke Buchan III, ambassadeur des États-Unis au Maroc, à Dakhla. Rompant avec son habituel silence quand il s’agit des Etats-Unis, le mouvement séparatiste a qualifié cette visite de « violation du statut international du Sahara occidental » et d’ « atteinte au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ».
Le Front a ajouté que cette visite « n’aide en rien à instaurer un climat de confiance nécessaire pour les pourparlers en cours sur le Sahara occidental » et qu’elle « va à l’encontre d’un engagement constructif de toutes les parties concernées, affectant négativement le processus de paix global ».
Malgré les positions adoptées par les États-Unis ces dernières années, le Polisario a affirmé avoir « coopéré de bonne foi avec les efforts américains pour relancer le processus de paix au Sahara occidental ». Les séparatistes se sont dits surpris par ce qu’ils considèrent comme un « geste inamical », espérant « mettre fin à de telles actions pour instaurer la confiance et permettre la poursuite de la dynamique actuelle ». En réponse aux accusations concernant le lancement de trois projectiles sur la ville de Smara, le front a déclaré qu’« il n’existe actuellement aucun accord de cessez-le-feu effectif ».
