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En dépit du rejet de toute normalisation avec Israël : J. Aoun tourne le dos au duo chiite en empruntant le chemin de croix US

by Perspectives Med
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En dépit du rejet de toute normalisation avec Israël : J. Aoun tourne le dos au duo chiite en empruntant le chemin de croix US

Lors de sa rencontre avec une délégation du « Front de la Souveraineté » (une association civile), Joseph Aoun a indiqué que les négociations seront conduites directement par le Liban via une délégation emmenée par Simon Karam, excluant toute participation ou médiation d’une tierce partie. Ces derniers jours, Beyrouth a souligné à plusieurs reprises la nécessité de séparer les négociations prévues avec Tel-Aviv du processus de discussions entre Washington et Téhéran visant à mettre fin à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février dernier.

L’hôte de Baabda a expliqué que le choix de la négociation a pour but : la cessation des hostilités, la fin de l’occupation israélienne de certaines zones du sud du pays, et le déploiement de l’armée jusqu’aux frontières sud internationalement reconnues. Il a poursuivi en indiquant que le président américain Donald Trump a fait preuve de « toute sa compréhension et sa réactivité » lors de leur entretien téléphonique de jeudi dernier et ajouté que son alter ego et « ami » américain « est intervenu auprès d’Israël pour obtenir un cessez-le-feu et préparer le lancement d’un processus de négociation qui mettrait fin à cette situation anormale et restaurerait l’autorité de l’État libanais ainsi que sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. »

Ces déclarations interviennent au lendemain de l’annonce de l’armée israélienne du tracé d’une « ligne jaune » imaginaire au sud du fleuve Litani pour délimiter les zones de présence de ses troupes au Liban. Cette annonce fait suite aux déclarations, vendredi, du ministre israélien de la Défense, Israël Katz, confirmant dans un communiqué l’intention de Tel-Aviv de maintenir son contrôle sur tous les territoires occupés dans le sud du Liban lors de sa récente offensive.
 Ces prises de position sur le terrain interviennent au lendemain d’une percée diplomatique. Jeudi soir, D. Trump avait en effet annoncé un cessez-le-feu de 10 jours au Liban, conclu à l’issue d’entretiens téléphoniques avec son homologue libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Cette trêve vise à suspendre une offensive déclenchée par Israël contre le Liban le 2 mars dernier. Selon les dernières données officielles, ce conflit a déjà fait plus de 2000 morts et 7000 blessés, provoquant également le déplacement de plus d’un million de personnes.

Le Hezbollah a annoncé dimanche l’exécution d’une opération qualitative ciblant un convoi militaire des forces d’occupation israéliennes dans le sud du pays. Cette action intervient après une série de violations israéliennes flagrantes et documentées de l’accord de cessez-le-feu, persistant durant les trois jours suivant son entrée en vigueur le 17 avril. Le communiqué de la Résistance précise qu’ « un convoi composé de 8 blindés israéliens a été la cible d’un enchaînement d’engins explosifs préalablement dissimulés par les moudjahidines de la Résistance Islamique ». L’attaque a eu lieu lors du mouvement du convoi de la localité de Taybeh vers le site de « l’ancien Sal’a » à Deir Siriane.

Le communiqué affirme que l’explosion, survenue en deux temps entre 15h40 et 16h40, a entraîné la destruction de 4 chars de type Merkava appartenant à l’occupation, des flammes ayant été vues s’en dégageant. Le texte souligne également qu’à partir de 18h00, les forces ennemies ont commencé à évacuer les blindés détruits du lieu de l’incident.

Cheikh Naïm Qassem, Secrétaire général du Hezbollah, avait affirmé samedi que les combattant de la Résistance Islamique resteront sur le terrain, le doigt sur la gâchette, soulignant que la Résistance ne fait pas confiance à l’ennemi et qu’elle riposterait à toute violation.

Par ailleurs, l’armée israélienne a confirmé la mort d’un deuxième soldat suite à l’explosion d’un engin explosif vendredi dans le sud du Liban, selon des informations relayées par les médias.  Le porte-parole de l’armée d’occupation a déclaré que l’homme mort était un sergent combattant de la 7106e brigade (brigade régionale 769), tandis que 9 autres soldats ont été blessés, dont un grièvement.

« Lors d’une activité menée par une force du Bataillon 7106 dans le village de Kfarkela, un véhicule du génie de type D-9, est monté sur un engin explosif du Hezbollah », précise le communiqué de l’armée ennemie. « En conséquence, les membres de la force de combat supplémentaire qui se trouvait à proximité, pour des raisons de sécurité, ont été blessés par l’explosion de l’engin ».

Les médias israéliens avaient rendu compte plus tôt de la mort le même jour d’un réserviste dans le bataillon de parachutistes 89 et de 5 autres blessés dans l’explosion d’un engin dans le sud du Liban, sans préciser le lieu exact. Ils ont indiqué qu’il était aussi un employé de Rafael, l’une des principales entreprises israéliennes spécialisées dans les industries militaires, les équipements et fournitures électroniques.

La mort de ces deux soldats est intervenue au lendemain de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu annoncé par les Etats-Unis au Liban, après une guerre de 44 jours. L’armée israélienne a annoncé ce dimanche que « 16 soldats ont été tués et 690 ont été blessés, dont 42 grièvement et 96 modérément, depuis le début de l’opération militaire au Liban, parmi lesquels 37 au cours des dernières 24 heures. »

Risques d’embuscades

La chaîne 12 israélienne a rapporté les évaluations sécuritaires israéliennes qui s’attendent à ce que le Hezbollah continue de tenter d’attirer les forces israéliennes dans des embuscades à l’aide d’engins explosifs, dans le cadre d’une bataille à long terme visant à réduire leur liberté de mouvement et à épuiser les unités déployées sur le terrain.

La mort des soldats met en lumière une fois de plus l’un des défis les plus graves auxquels l’armée est confrontée sur le terrain, estime cette chaine soulignant que les engins explosifs sont devenus une pierre angulaire de la stratégie du Hezbollah pour affaiblir les forces israéliennes.

La chaîne a reconnu que l’élimination complète de la menace des engins explosifs reste une tâche extrêmement difficile, en raison de la nature du terrain dans le sud du Liban et de la densité des constructions dans les villages frontaliers. Rappelant que l’armée est actuellement stationnée dans une zone de sécurité appelée la « Ligne Jaune », qui s’étend sur le territoire libanais jusqu’à une profondeur d’environ 10 kilomètres à partir de la frontière non délimitée, et qu’elle continue de travailler pour soi-disant la déminer.

Le Maariv a rappelé que durant l’expérience de l’armée israélienne au Sud-Liban dans les années 1980 et 1990, les engins explosifs étaient un cauchemar qui hantait chaque combattant et chaque unité militaire à cette époque, dans une période que le journal a décrite comme le « bourbier libanais ».

Une séquence vidéo montrant un soldat israélien fracassant à coups de marteau la tête d’une statue du Seigneur Christ — après l’avoir renversée de son socle dans un village du sud du Liban — a déclenché une vague d’indignation massive sur les réseaux sociaux. L’activiste Younis Tirawi a publié cette image après l’avoir repérée sur les comptes de soldats israéliens en territoire libanais ces derniers jours. La photo a connu une diffusion fulgurante, dépassant les 4 millions de vues en quelques heures sur le compte d’origine, en plus de susciter des dizaines de milliers de commentaires, reflétant l’ampleur de la colère face aux exactions de l’armée d’occupation israélienne.

L’armée israélienne a reconnu qu’un de ses soldats avait détruit la statue du « Seigneur Christ » dans le sud du Liban. Dans un communiqué, elle a prétendu qu’après un examen préliminaire, il s’est avéré qu’il s’agit « d’une documentation réelle d’un soldat de l’armée israélienne ayant opéré dans la zone du Sud-Liban ». Le communiqué précise que « l’incident fait l’objet d’une enquête du Commandement Nord, traitée aux niveaux hiérarchique et disciplinaire, et que des mesures seront prises contre les personnes impliquées selon les résultats de l’enquête ».

Auparavant, le porte-parole de l’armée d’occupation avait mis en doute les faits, tweetant. Après une vérification minutieuse de l’image, il s’est avéré qu’elle est authentique et a été publiée aujourd’hui pour la première fois. En approfondissant les recherches, des comptes libanais ont été identifiés ayant publié des photos de cette même statue en avril 2021, précisant qu’elle avait été érigée dans la maison de Houssam al-Naddaf.

Pour plus de documentation, Al Jazeera Net a contacté deux habitants du village chrétien de Debel, dans le sud du Liban. Ils ont confirmé que la statue se trouve effectivement à la lisière du village, dans la cour de la maison d’une famille chrétienne, précisant que le site a subi une agression israélienne alors que les blindés et les soldats de l’occupation se trouvaient aux abords de la localité.

L’image du soldat fracassant la statue a suscité une vague de condamnations contre les pratiques visant les lieux sacrés musulmans et chrétiens. L’écrivain Ryan Grim a commenté que les soldats israéliens continuaient de publier des images documentant leurs crimes de guerre et leurs profanations culturelles depuis deux ans et demi sans interruption. L’écrivain Nico Piro a ironisé sur les justifications attendues de l’armée, suggérant qu’ils tenteraient d’invoquer la présence d’une base du Hezbollah ou de tunnels du Hamas sous la statue, ou qu’ils prétendraient que l’image est truquée.

De son côté, l’universitaire Yunus Emre Erdolen a souligné la nécessité pour le monde entier de voir cette image d’un soldat brisant la tête du Christ dans un village libanais occupé.

L’écrivain Peter Oborne a, quant à lui, raillé la contradiction entre ces scènes et les allégations constantes de Benjamin Netanyahu selon lesquelles ‘Israël’ est le protecteur de la chrétienté au Moyen-Orient.

Sur le plan arabe, l’activiste Tamer Qadih a lié cette image à la propagande israélienne, rappelant qu’Israël avait prétendu autoriser l’entrée d’aide à Debel via l’organisation « Samaritan’s Purse », en promettant protection aux habitants à condition de ne pas héberger des libanais chiites. Il a ajouté qu’Israël cherche à paraître comme le protecteur des chrétiens devant l’Occident, alors que la réalité est tout autre.

Enfin, l’écrivaine Reem Al-Harmi a posé la question : « Vous souvenez-vous de l’indignation internationale en 2001 lorsque les talibans ont détruit les bouddhas de Bamiyan ? ». Elle a ajouté qu’Israël semble être la seule entité capable de commettre les crimes les plus odieux contre l’humanité et les symboles religieux en toute impunité.

Situé dans le district de Bint Jbeil (gouvernorat de Nabatieh), Debel est un village de la « ligne de front » jouxtant la frontière avec la Palestine occupée. Doté d’une nature montagneuse surplombant de vastes zones de la Haute Galilée, Debel est un village chrétien, symbolisant la coexistence dans la région du sud-Liban à prédominance musulmane chiite.

Sur le terrain, l’Agence Nationale d’Information (ANI) au Liban a rapporté que les forces d’occupation israéliennes ont fait exploser plusieurs maisons à Debel ces derniers jours. Le village a subi d’intenses bombardements, des démolitions et des opérations de terrassement, causant des morts et des blessés. Les lieux sacrés musulmans et chrétiens du Sud-Liban n’ont pas été épargnés par la brutalité des soldats israéliens. Les caméras ont documenté la destruction de mosquées dans plusieurs villages du Sud, rappelant les scènes de destruction massive des mosquées et des églises dans la bande de Gaza.

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