M. Prévot a indiqué que 60 pays participaient à la réunion, soulignant que le conflit israélo-palestinien dépasse le cadre régional et affecte l’ensemble de la communauté internationale. Il a affirmé que la solution à deux États constitue « un objectif réel » et non « un idéal irréaliste ».
De son côté, K. Kallas a rappelé que l’Union européenne avait à plusieurs reprises condamné les actions unilatérales d’Israël, appelant à la levée des restrictions, notamment dans les domaines de la santé et des échanges commerciaux.
« La guerre n’a pas apporté la paix. Le blocus n’a pas garanti la sécurité. L’occupation n’a pas apporté la stabilité », a déclaré M. Mustafa, ajoutant que les déplacements forcés et l’annexion ne permettront pas une coexistence durable. Il a réaffirmé que Gaza fait partie intégrante de la Palestine et évoqué la création d’un comité de coordination pour l’aide aux Palestiniens. Selon lui, la stabilisation de Gaza passe par un cadre sécuritaire global reposant sur « un seul État, un seul gouvernement, une seule loi », incluant le désarmement progressif des groupes armés et un retrait total d’Israël de l’enclave.
Le Premier ministre palestinien a également dénoncé la situation en Cisjordanie, accusant Israël de violations du droit international et des droits humains compromettant la viabilité de la solution à deux États. Il a insisté sur la protection urgente des civils palestiniens et appelé au renforcement des mécanismes internationaux, y compris sur la question du désarmement des colons israéliens.
« Une paix durable ne peut être obtenue sans la reconnaissance de l’État palestinien », a-t-il conclu, appelant la communauté internationale à mettre fin au conflit « de manière juste et définitive », sur la base du droit international.
L’Union européenne a accueilli à Bruxelles la réunion de l’Alliance globale consacrée à la mise en œuvre de la solution à deux États, en présence de partenaires internationaux et régionaux. Selon K. Kallas, cette initiative vise à renforcer les efforts collectifs en faveur d’une solution à deux États fondée sur le droit international. Elle a salué la participation du Premier ministre palestinien, du chef du gouvernement norvégien et du ministre saoudien des Affaires étrangères. Elle a également souligné la présence de responsables des Nations unies et d’anciens responsables, parmi lesquels Nikolay Mladenov, Ramiz Alakbarov et le commissaire général par intérim de l’UNRWA, Christian Saunders.
Les discussions portent sur le renforcement de la coopération en vue de la solution à deux États, la Déclaration de New York servant de cadre de référence, a-t-elle précisé. Elle a insisté sur la nécessité de garantir le respect du droit international, des droits humains et de la responsabilité, ainsi que de protéger la population palestinienne. La solution à deux États demeure « la seule voie pour que Palestiniens et Israéliens vivent dans la sécurité, la dignité et la paix », a-t-elle affirmé. Elle a également condamné les actions unilatérales, notamment l’expansion illégale des colonies, estimant qu’elles compromettent cette solution, et a appelé Israël à revenir sur ces mesures.
Enfin, elle a exhorté à la libération des recettes fiscales retenues afin d’assurer le fonctionnement de l’Autorité palestinienne, rappelant que l’Union européenne reste le principal bailleur d’aide extérieure à celle-ci.
La veille dimanche, les forces israéliennes ont dispersé une manifestation d’élèves dans le village d’Umm al-Kheir, situé dans la région de Masafer Yatta, à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, où des étudiants se voient refuser l’accès à leur école, selon des médias palestiniens. Ainsi, Khalil al-Hathaleen, responsable local de l’éducation, a déclaré à l’agence de presse officielle Wafa que les forces israéliennes, accompagnées de chiens policiers, ont bloqué une protestation organisée par la direction de l’éducation avec la participation des habitants, afin de dénoncer le refus d’accès à l’éducation pour 51 élèves.
Par ailleurs, les élèves sont empêchés par les forces israéliennes de rejoindre leur établissement scolaire pour le septième jour consécutif. De plus, la région de Masafer Yatta enregistre une hausse des violations visant les écoles et les élèves, notamment le harcèlement des enseignants et des menaces d’arrestation, dans le cadre d’efforts visant à restreindre l’accès à l’éducation dans la zone.
Dans un développement distinct, les autorités israéliennes ont repris les démolitions d’habitations dans le village d’Al-Sir, dans le Néguev, où des bulldozers opèrent sous la protection de la police et d’unités spéciales, invoquant des « constructions non autorisées », selon le même rapport. En outre, Israël a détruit environ 320 des 350 habitations du village en décembre 2025, déplaçant des centaines de familles qui vivent désormais dans des conditions humanitaires difficiles, avec un accès limité aux services de base, a précisé l’agence.
Les démolitions se poursuivent par phases, avec des dizaines d’habitations rasées lors de campagnes répétées, dont environ 40 maisons lors d’une seule opération, dans un contexte de forte présence policière et d’usage de la force contre les habitants, a ajouté la source.
Selon des organisations palestiniennes, israéliennes et internationales de défense des droits humains, les autorités israéliennes utilisent les restrictions en matière de permis pour limiter les constructions palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, où l’obtention d’un permis de construire est quasiment impossible, tandis que la construction de colonies illégales se poursuit.
Enfin, les violences commises par les colons israéliens et les forces israéliennes se sont intensifiées en Cisjordanie depuis octobre 2023, faisant plus de 1 149 morts palestiniens, environ 11 750 blessés et près de 22 000 arrestations.
Appel du Hamas
Le Hamas a affirmé qu’avant d’engager un dialogue sérieux sur la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu conclu à Gaza le 10 octobre 2025, Israël devait être contraint de respecter ses engagements liés à la première phase. Dans un communiqué écrit, le mouvement Palestinien a évoqué les discussions tenues au Caire, capitale de l’Égypte, avec les médiateurs ainsi que d’autres factions palestiniennes.
Par ailleurs, le Hamas a indiqué que sa délégation avait mené, la semaine dernière, une série de rencontres avec les médiateurs et les groupes palestiniens afin d’assurer la mise en œuvre complète des dispositions de la première phase de l’accord conclu à Charm el-Cheikh.
Lors de ces échanges, la délégation a adopté une attitude jugée positive et a exprimé sa volonté de poursuivre la communication et la coordination avec les médiateurs, notamment pour mettre fin aux souffrances humanitaires à Gaza, obtenir le retrait total d’Israël de l’enclave et lancer le processus de reconstruction.
En outre, le communiqué insiste sur le fait que tout passage à un dialogue sérieux concernant la deuxième phase doit d’abord passer par la contrainte exercée sur Israël pour qu’il applique ses obligations de la première phase.
Pour rappel, la première phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza prévoyait un échange de prisonniers entre Israël et Hamas, l’arrêt des attaques, ainsi qu’un retrait progressif de l’armée israélienne de la ligne bleue vers la ligne jaune, puis vers la ligne rouge. Elle incluait également l’autorisation de l’entrée de l’aide humanitaire à raison de 600 camions par jour. Toutefois, Israël n’a respecté qu’une partie de ces engagements. Depuis le 10 octobre, 775 Palestiniens ont été tués dans les attaques israéliennes et 2 171 autres ont été blessés. Si Israël s’est retiré jusqu’à la ligne jaune, il a néanmoins continué à en élargir le périmètre. De plus, les entrées d’aide humanitaire sont restées limitées à une moyenne quotidienne de 200 camions.
