Le diplomate iranien a ajouté que les responsables iraniens, notamment Mohammad Bagher Qalibaf, président du Parlement et Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, ont déjà présenté ce qu’il a décrit comme des « propositions équitables et pratiques » dans le cadre des droits légaux de l’Iran. S. Khatibzadeh a également souligné que de nombreuses déclarations de responsables américains sont destinées à un public intérieur et à influencer les marchés, plutôt qu’à refléter une approche politique cohérente. Il a insisté sur le fait que la stratégie de l’Iran n’est pas dictée par la rhétorique américaine, qu’elle soit positive ou négative, et a réitéré que Téhéran « n’acceptera rien au-delà du droit international ».
Le vice-ministre a également souligné que la diplomatie demeure la seule voie viable pour résoudre les crises, appelant les États-Unis à abandonner ce qu’il a qualifié d’« approche maximaliste » et à s’engager avec l’Iran sur la base du respect mutuel.
Côté militaire, le quartier général de Khatam al-Anbiya a affirmé, lundi, que les États-Unis ont « violé le cessez-le-feu et pratiqué la piraterie maritime en ouvrant le feu sur un navire commercial iranien dans les eaux de la mer d’Oman ». Le QG a ajouté que les forces américaines ont « neutralisé le système de navigation du navire » avant de « mener un assaut héliporté sur son pont ». En conséquence, le commandement a averti que les forces armées iraniennes « répondront prochainement à cet acte de piraterie armée commis par les forces américaines ».
D. Trump avait déclaré, dimanche, que la marine américaine avait « ouvert le feu sur un cargo battant pavillon iranien et s’en était emparée alors qu’il tentait de briser le blocus naval américain dans le golfe d’Oman ». Cette mesure constitue une violation manifeste de l’accord de cessez-le-feu. Sur « Truth Social », il a écrit : « Aujourd’hui, un cargo battant pavillon iranien nommé « Tosca », long de 900 pieds et pesant presque autant qu’un porte-avions, a tenté de briser notre blocus naval ; cette tentative a échoué. » Il a précisé que « le destroyer américain USS Spruance, équipé de missiles guidés, a intercepté le navire iranien « Tosca » dans le golfe d’Oman et lui a adressé une sommation officielle. Face au refus de l’équipage d’obtempérer, notre navire a immédiatement stoppé sa progression en perforant la salle des machines par une explosion. Les Marines américaines ont désormais pris le contrôle du bâtiment. »
Selon les médias iraniens, les forces iraniennes ont lancé dans la nuit de dimanche à lundi des frappes de drones contre plusieurs navires américains en représailles aux tirs et à l’interception par les forces américaines d’un navire iranien. L’agence de presse semi-officielle Tasnim a rapporté que des drones iraniens ont été lancés contre des navires américains, sans préciser si les cibles étaient militaires ou commerciales, après que les forces américaines ont embarqué sur le navire porte-conteneurs TOUSKA dans le golfe d’Oman.
Le chef de la diplomatie iranienne a souligné lors d’un échange avec son homologue pakistanais Ishaq Dar que les menaces pesant sur les ports, les côtes et les navires iraniens, couplées à une rhétorique d’escalade, « témoignent d’une mauvaise foi ». A. Araghchi a martelé que son pays « mobilisera toutes ses capacités pour préserver ses intérêts et sa sécurité nationale ».
Parallèlement, Mohammad Reza Aref, vice-président iranien, a déclaré sur « X » que « la sécurité du détroit d’Ormuz a un prix ». Il a ajouté : « On ne peut pas restreindre les exportations de pétrole iranien tout en espérant une protection gratuite pour les autres. »
Pour rappel, les relations publiques de la force navale du Corps des Gardiens de la révolution islamique avaient annoncé samedi la fermeture du détroit d’Ormuz jusqu’à la levée du blocus des ports iraniens. Cette décision fait suite à la rupture des engagements liés au cessez-le-feu et au maintien du blocus naval américain, alors qu’aucune « issue claire pour des négociations fructueuses ne se dessine à l’horizon », selon l’agence IRNA.
Le journal britannique The Guardian a affirmé que les répercussions de l’agression américano-sioniste contre l’Iran, conjuguées aux déclarations contradictoires de Donald Trump, ont provoqué une fissure profonde jusque dans les rangs de ses partisans. Certains experts estiment désormais que « l’administration Trump a atteint le bord de l’effondrement ».
« Le président américain, par des actes tels que le lancement d’une guerre incertaine contre l’Iran, l’explosion de l’inflation et l’offense faite aux chrétiens, a créé des brèches au sein de sa propre base électorale », ajoute le quotidien. Ce dernier a recueilli les avis de certains électeurs de D. Trump, confirmant que beaucoup d’entre eux regrettent leur vote. Parmi eux, Lance Johnson, entrepreneur de 47 ans ayant voté trois fois pour D. Trump, exprime aujourd’hui son amertume : « Nous n’étions pas censés déclencher une nouvelle guerre ; les prix étaient censés baisser. On nous a fait beaucoup de promesses que nous ne verrons jamais. » Cet Américain n’est pas le seul mécontent. De nombreux autres manifestent leur exaspération, d’autant plus que Trump a aggravé son cas ces deux dernières semaines par ses déclarations contre le Pape.
The Guardian qualifie cette quinzaine de « période la plus destructrice de la présidence Trump ». Durant ce laps de temps, il a insulté le Pape et publié sur les réseaux sociaux une image de lui-même générée par intelligence artificielle le représentant en Jésus-Christ.
Par ailleurs, il a perdu un procès contre le Wall Street Journal concernant l’affaire Jeffrey Epstein, tandis que son initiative de soutien au politicien hongrois Viktor Orbán pour les élections présidentielles a échoué.
Le journal souligne qu’après avoir lancé une guerre « impopulaire » contre l’Iran, D. Trump subit désormais de plein fouet la hausse des prix du carburant et cherche désespérément une issue. Selon un sondage de l’Université Quinnipiac publié cette semaine, seuls 38 % des électeurs approuvent l’action du président, contre 55 % d’avis défavorables. Plus précisément, seuls 36 % valident son approche vis-à-vis de l’Iran, tandis que 58 % s’y opposent. Enfin, deux tiers des électeurs imputent au Président la récente flambée des prix de l’essence.
D. Trump a atteint son niveau de popularité le plus bas depuis le début de son second mandat, suscitant l’inquiétude des Républicains quant à la perte potentielle du contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat. The Guardian ajoute qu’« une majorité démocrate dans l’une des deux chambres pourrait lancer des enquêtes sur l’administration Trump et le dépouiller d’une grande partie de ses prérogatives juridiques ».
Enfin, d’après Larry Jacobs, directeur du Centre d’étude de la politique et de la gouvernance à l’Université du Minnesota, « Donald Trump est un animal politique blessé ; cet homme ne disparaîtra pas. Plus il s’affaiblit, plus il devient téméraire. » Il a ainsi décrit le locataire de la Maison Blanche comme une menace pour les USA et le monde, le qualifiant de personnalité « dangereuse ».
Samedi, soit un jour avant la prise d’assaut du bateau iranien, le général de brigade Mohammad Reza Naqdi, conseiller du commandant des Gardiens de la révolution iranienne (CGRI), a affirmé que « la guerre actuelle pourrait dégénérer en conflit mondial si elle se poursuit ». Il a averti que « toute reprise des hostilités entraînerait le lancement de missiles et de drones produits depuis janvier 2026 ». En réponse aux affirmations concernant la destruction des forces navales iraniennes, il a demandé : « Si les ennemis ont réussi à les éliminer, pourquoi ne parviennent-ils pas à ouvrir le détroit d’Ormuz ? » Il a également souligné que le « président américain, insensé et imprudent, ne parviendrait pas à tromper le peuple iranien lors des négociations, faisant remarquer que la principale force et la supériorité de l’Iran résident dans ses forces terrestres qui ne sont pas encore entrées en action ».
Le conseiller du commandant des CGRI a par ailleurs indiqué que « l’Iran possède d’importants atouts décisifs qui n’ont pas encore été utilisés ».
A signaler aussi que le général de brigade Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du quartier général central de Khatam al-Anbiya, a déclaré samedi que « les actes de trahison répétés des Américains ont ramené le détroit d’Ormuz à son état antérieur ». Il a ajouté que « les Américains continuent de se livrer à la piraterie et au vol maritime sous couvert d’un prétendu blocus », et que, par conséquent, « le contrôle du détroit d’Ormuz est revenu à la normale, et cette voie maritime stratégique est désormais placée sous la stricte surveillance des forces armées ». Et de souligner que « le détroit restera dans son état antérieur et sous étroite surveillance tant que les États-Unis ne lèveront pas les restrictions imposées à la liberté de navigation des navires iraniens ».
Par ailleurs, la traque des agents étrangers en Iran se poursuit. Ainsi le bureau des relations publiques des Gardiens de la révolution iranienne a annoncé l’arrestation de 69 agents américains et israéliens dans la province de Mazandaran. Selon un communiqué des Gardiens, « ces cellules étaient chargées de transmettre des informations sur des sites sensibles et tentaient de mener des opérations de sabotage en territoire iranien ». Il a également confirmé « la saisie d’armes à feu, d’armes blanches et de matériel de communication, ainsi que de 20 récepteurs internet utilisés pour transmettre des informations à des services de renseignement ennemis et à des réseaux hostiles ».
Plus tôt ce mois-ci, le ministère iranien du Renseignement avait annoncé « l’arrestation de 17 agents » travaillant pour le tandem américano-israélien dans la province d’Azerbaïdjan occidental, située au nord-ouest du pays. Cette opération de sécurité s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les tentatives d’infiltration. Cette opération coïncide avec les campagnes intensives menées par la République islamique d’Iran pour démanteler les réseaux d’espionnage soutenus par le Mossad et les États-Unis, notamment suite à l’agression américano-israélienne.
