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Trêve entre Israël et le Hezbollah au Liban : Téhéran arrache un accord à Washington

by Perspectives Med
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Trêve entre Israël et le Hezbollah au Liban : Téhéran arrache un accord à Washington

L’ambassadeur iranien avait confirmé au Hezbollah que le cessez-le-feu au Liban a été exigé par les Iraniens comme condition essentielle aux négociations avec les Américains. Dans ce contexte, Reuters a cité le député du Hezbollah Hassan Fadlallah, a déclaré que l’ambassadeur iranien les avait informés que le cessez-le-feu débuterait cette nuit-là. Il a toutefois assuré que l’engagement du Hezbollah à la trêve est lié à l’engagement d’Israël à mettre fin à toutes les formes d’hostilités.

Auparavant, le président américain avait annoncé, via sa plateforme Truth Social, un cessez-le-feu de dix jours au Liban. Il a précisé avoir eu d’excellentes discussions avec le président libanais et le Premier ministre israélien, et que les deux dirigeants s’étaient mis d’accord pour que la trêve débute à 17 heures, heure de Washington, soit à minuit, heure de Beyrouth. Selon Al-Manar, la résistance a pour sa part assuré qu’elle surveillera l’engagement concret et réel d’Israël à mettre fin à toutes les hostilités contre le Liban.

Dans ce contexte, le quottdien Al-Akhbar a appris que l’ambassadrice Nada Moawad a envoyé un rapport succinct à la présidence du gouvernement et au ministère des Affaires étrangères, tandis qu’elle a réservé au palais présidentiel un rapport détaillé contenant des données supplémentaires. Selon des sources informées, la diplomate a rapporté une position explicite de l’ambassadeur israélien : le cessez-le-feu ne sera pas réalisé avant une évolution qualitative sur le front iranien, soulignant à plusieurs reprises que le cours de la guerre au Liban reste lié à ce qui se passe entre Washington et Téhéran.

La trêve devant courir jusqu’à mercredi prochain a relancé le débat Israël qui y voit une victoire iranienne sur les USA. Des colons à la frontière palestino-libanaise ont décidé de hisser des drapeaux blancs en signe de protestation contre ce qu’ils considèrent comme une capitulation israélo-américaine au diktat iranien. Pourtant, aucune limitation à la liberté de mouvement de l’armée sioniste sur tout le territoire libanais durant toute trêve n’a été relevée. En sus, tout retrait du Sud ne sera pas réalisé avant que le Liban ne commence le désarmement du Hezbollah. Ces conditions reflètent une orientation concrète vers une prolongation de la guerre.

B. Netanyahu continue de chercher une victoire, fixant des objectifs de terrain symboliques, dont l’accès au stade de la ville de Bint Jbeil et l’imposition d’un contrôle total sur cette ville. Mercredi, il a rappelé les propos tenus par le martyr Sayed Hassan Nasrallah au même endroit il y a 26 ans, lorsqu’il avait qualifié Israël de « plus fragile qu’une toile d’araignée ».

Dans le cadre de l’escalade organisée, la Résistance a poursuivi ses opérations à des niveaux variant entre ripostes localisées, affrontements terrestres directs et pressions par missiles sur les colonies. Bint Jbeil est restée le centre de gravité où se concentrent les tentatives d’avancée israéliennes. Les nouvelles du terrain ont reflété l’échec de l’ennemi à contrôler et à se stabiliser à l’intérieur de la ville, malgré l’engagement d’unités d’élite pour tenter de l’infiltrer par plusieurs axes, notamment à travers la localité de Maroun al-Ras.

Les opérations menées montrent que la Résistance ne se contente pas de cibler les forces en progression, mais élargit le cercle des affrontements pour inclure les lignes d’approvisionnement et d’évacuation, transformant toute avancée en un risque doublé. Ainsi, la Résistance a enregistré des dizaines de blessés dans les rangs des soldats ennemis, qui ont reconnu que cinq d’entre eux ont été grièvement atteints.

Dans ce contexte, une intensité de feu remarquable a été notée, avec des dizaines de salves de missiles vers les rassemblements de forces israéliennes à l’intérieur de la ville et à ses abords, ainsi que le ciblage de véhicules de génie et militaires, dont des bulldozers et des chars. Ce schéma reflète l’adoption de la tactique de « saturation par le feu » pour empêcher la stabilisation des positions, parallèlement à l’introduction de drones d’attaque comme élément décisif pour frapper des cibles précises et paralyser le mouvement des troupes.

En parallèle, les contours d’un large front de soutien se dessinent pour saper les capacités israéliennes appuyant l’opération terrestre. Les attaques ont touché des sites militaires et des bases constituant des pivots essentiels dans la gestion des opérations, outre le ciblage des positions d’artillerie qui fournissent la couverture de feu aux troupes progressant. Des tentatives claires pour limiter la supériorité aérienne israélienne ont également émergé, à travers l’interception de drones et d’hélicoptères, imposant des défis supplémentaires à l’efficacité du soutien aérien.

A rappeler que Nabih Berri, président du parlement libanais, n’a pas caché son agacement et son mécontentement face à l’initiative des présidents de la République et du gouvernement de s’engager dans un processus de négociation directe avec l’entité ennemie. Il a réitéré son refus catégorique de toute forme de négociation directe avec Israël, affirmant que « la priorité doit rester le cessez-le-feu, la consolidation de la paix civile et la prévention d’un glissement vers la discorde interne ». Et précisé que « cette position n’est pas nouvelle », l’ayant exprimée à plusieurs reprises, récemment dans le communiqué de la direction du mouvement Amal il y a quelques jours, ainsi que dans celui du bureau exécutif du mouvement le mardi 14 avril.

Commentant le communiqué publié après la rencontre entre l’ambassadrice libanaise et l’ambassadeur de l’entité ennemie à Washington, N. Berri a exprimé au quotidien Al-Akhbar son étonnement face à la voie empruntée par les responsables, déclarant : « Ils sont allés aux États-Unis pour obtenir un cessez-le-feu, et ils sont revenus pour combattre le Hezbollah ! ». Il a souligné que « l’abandon d’un processus de négociation au sein d’un cadre régional plus large au profit d’une négociation individuelle, sans posséder de cartes de force, affaiblit la position du Liban au lieu de la renforcer ».

Berri, dont Al-Akhbar a appris qu’il est en contact quotidien avec l’Iran, a rappelé avoir reçu de Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, A avant l’annonce de la trêve entre l’Iran et les États-Unis, la confirmation que « Téhéran n’accepterait aucun cessez-le-feu n’incluant pas le Liban ». Et de confier qu’« après les interférences survenues à Beyrouth sur cette voie, j’ai décidé d’agir via d’autres canaux ». Dans ce cadre, il a souligné que « l’envoi de son conseiller politique, le député Ali Hassan Khalil, à Riyad s’est fait sur demande saoudienne, dans le cadre d’efforts politiques clairs:  Il n’est pas allé là-bas pour se promener ou faire la Omra ».

Opérations d’envergure

La Résistance islamique au Liban a annoncé, jeudi, l’exécution d’une série d’opérations ciblant les rassemblements de soldats de l’armée d’occupation israélienne et ses véhicules lors de leurs tentatives d’avancée à l’intérieur du territoire libanais, ainsi que des sites et des quartiers généraux militaires israéliens dans le nord de la Palestine occupée. Dans ses communiqués successifs depuis la nuit de mercredi à jeudi, elle a déclaré avoir ciblé le site de Hanita, la caserne de Liman (au nord de la colonie de Nahariya), la base logistique de la 146e division de l’armée d’occupation (au nord du village de Sheikh Danoun, à l’est de Nahariya), et le site de Ras Naqoura avec des escadrons de drones d’assauts. La Résistance a également tiré un barrage de roquettes contre le site de Hadabat al-Ajal, au nord de la colonie de Kfar Yuval. Des salves de roquettes ont également visé les colonies de Kiryat Shmona, Kfar Giladi, Misgav Am et Margaliot, Karmiel et Peki’in.

La chaîne israélienne Kan a en outre indiqué que vers 04h00 du matin, un missile terre-terre est tombé dans la région d’Atlit, au sud de Haïfa. Mercredi, le quartier général du commandement de la 146e division dans la colonie de Ga’aton a été visé par un escadron de drones d’assaut, ainsi qu’un radar de communication dans la caserne de Katsavia dans le Golan syrien occupé par un barrage de missiles, selon le Média de guerre de la Résistance.

Concernant la riposte aux tentatives d’avancée israéliennes en territoire libanais, les combattants de la Résistance islamique ont contré une force israélienne qui tentait d’avancer depuis la localité de Taybeh vers la zone d’Al-Khazzan dans le village d’Al-Qantara. À partir de 05h30, les combattants ont engagé des affrontements nourris avec la force ennemie et l’ont ciblée avec des armes guidées, ce qui a entraîné la destruction de 4 chars et de 2 véhicules de transports de troupes. Les affrontements se poursuivent au moment de la rédaction de ce communiqué, a précisé un communiqué de la Résistance.

La Résistance islamique a ciblé, jeudi à 01h15 et à 08h00, un rassemblement de véhicules et de soldats de l’armée d’occupation israélienne dans la ville de Khiam par un barrage de missiles. Elle a également annoncé avoir ciblé, mercredi soir, des rassemblements de soldats de l’armée d’occupation israélienne et leurs véhicules sur la colline d’Al-Hamamis, au sud de la ville frontalière de Khiam, par d’importants barrages de missiles. De même, elle a assuré avoir touché un char Merkava, à la périphérie nord-est de la ville de Bint Jbeil, avec un missile guidé.

La chaîne israélienne 12 a indiqué que les combattants de la brigade parachutiste font partie des forces qui mènent actuellement les combats à Bint Jbeil, au sud du Liban. Elle a relayé les témoignages des soldats israéliens blessés : « Attention, le tireur est là-bas ! », a-t-on entendu hurler un soldat via la radio durant les affrontements.

Le caporal (D), un combattant du 101e bataillon blessé lors de l’incident, s’est remémoré les moments de l’accrochage depuis son lit d’hôpital : « Nous avons commencé à perquisitionner les premières maisons, et quand nous sommes arrivés à la dernière, une cellule composée de trois combattants s’y cachait ; ils ont ouvert le feu sur nous et l’affrontement a commencé. » Il a ajouté que les forces ressentaient une tension avant même le départ : « Le chef d’équipe nous a dit avant l’assaut : les gars, s’il doit y avoir un accrochage, ce sera lors de cette opération. Nous étions en état d’alerte et prêts. » Comme il a signalé qu’un autre combattant du bataillon blessé lors de l’incident, a déclaré : « Nous sommes entrés à l’intérieur de la maison et nous avons essuyé des tirs nourris. Nous avons entendu des cris et l’équipe médicale a été appelée par radio. »

À travers le réseau de communication, les moments de l’évacuation des blessés sous le feu ont été entendus : « J’ai un blessé ici, viens le soulever. Soulevez, soulevez, soulevez ! » criaient les soldats.

Dans son bilan hebdomadaire, la Résistance islamique a révélé avoir mené 488 opérations militaires entre le 6 et le 13 avril courant, précisant que 219 opérations ont eu lieu en territoire libanais et 269 autres en territoire palestinien, avec une profondeur de ciblage atteignant 150 km et une moyenne quotidienne de 70 opérations.

Les médias israéliens ont fait état d’une frustration généralisée dans les localités du nord des territoires occupés, affirmant « qu’il s’agit du sentiment dominant, fruit du profond fossé entre les promesses faites aux habitants au début de la guerre et la réalité actuelle ». La chaîne israélienne Kan a noté que « les tirs de roquettes du Hezbollah se poursuivent, malgré les informations suggérant un possible cessez-le-feu dans les prochaines heures ». Kan a également reconnu que, « malgré les assurances données aux habitants du Nord que le Hezbollah sera éliminé et la menace disparaîtra, la réalité est que cela ne se concrétisera pas pleinement ». La chaîne a indiqué « qu’il n’existe toujours aucune visibilité claire quant au maintien ou au retrait des forces israéliennes du Sud-Liban », admettant que « la situation actuelle ne correspond pas aux promesses faites aux habitants il y a environ 40 jours, au début de la guerre ».

Les médias israéliens ont ajouté que « le rythme des tirs de roquettes pourrait s’intensifier à mesure que l’affrontement approche de sa fin ou pendant les négociations, chaque camp cherchant à imposer sa propre vision de la victoire ». Et d’ajouter que « toute opération militaire doit se conclure par un processus politique, mais le sentiment général dans le nord est que le prix à payer a été élevé, tandis que les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes. »

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