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Tout en fanfaronnades : D. Trump confiant quant au succès des négociations avec l’Iran

by Perspectives Med
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Tout en fanfaronnades : D. Trump confiant quant au succès des négociations avec l’Iran

S’exprimant sur la plateforme X, Abbas Araghchi a souligné que « l’engagement irano-pakistanais commun en faveur du renforcement de la paix et de la stabilité dans la région demeure ferme et solide ».

La télévision iranienne a rapporté mercredi, citant des sources bien informées au Pakistan, « qu’une délégation politique et sécuritaire de haut niveau, conduite par le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, et comprenant d’éminentes personnalités, était arrivée à Téhéran en provenance d’Islamabad ». La délégation a transmis un message de Washington à Téhéran et s’est entretenue avec des responsables iraniens des négociations à venir, notamment des questions relatives au deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad dans les prochains jours.

Un correspondant de l’agence de presse Tasnim a rapporté que « malgré la volonté affichée par certains pays européens d’accueillir des négociations entre l’Iran et les États-Unis, si l’Iran décide de poursuivre les pourparlers, la prochaine session devrait se tenir à Islamabad, la capitale pakistanaise. » Il a également précisé qu’« aucune décision n’a été prise à ce jour quant au lieu des négociations, et les demandes formulées par certains pays européens à cet égard n’ont pas été acceptées. »

Les États-Unis et l’Iran restent disposés à poursuivre le dialogue, a indiqué jeudi le ministère pakistanais des Affaires étrangères, appelant à éviter toute spéculation concernant un éventuel deuxième cycle de négociations à Islamabad. Dans ce contexte, le porte-parole Tahir Andrabi a précisé que les détails relatifs aux éventuelles délégations américaine et iranienne constituent « une affaire interne aux parties concernées », selon la chaîne locale Geo TV.

Par ailleurs, s’exprimant lors d’une conférence de presse à Islamabad, T. Andrabi a affirmé que le programme nucléaire iranien figurait parmi les sujets abordés lors des négociations en cours, qu’il a qualifiées de « sérieuses et constructives ».

« Il n’y a eu ni percée ni rupture », a-t-il déclaré, ajoutant que les questions nucléaires demeurent au cœur des discussions.

Ces déclarations interviennent alors que le Pakistan intensifie ses efforts de médiation, après 16 heures de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran le week-end dernier, qui se sont achevés sans accord.

Dans le même temps, le Premier ministre Shehbaz Sharif effectue une tournée régionale en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie, tandis que le chef de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, se rend en Iran pour des entretiens avec les dirigeants iraniens.

A rappeler que le Pakistan a accueilli ces négociations après avoir facilité un cessez-le-feu de 14 jours entre les États-Unis et l’Iran le 8 avril. Enfin, T. Andrabi a également condamné les attaques israéliennes au Liban, estimant que la situation s’inscrit dans le cadre plus large des négociations et du processus de paix régional. Il a ainsi souligné que les « signes d’amélioration » sur le front Israël-Liban étaient encourageants. « Une désescalade contribuerait à créer un environnement propice au dialogue », a-t-il conclu.

Depuis Washington, Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a indiqué mercredi que le prochain cycle de négociations avec l’Iran, dans le cadre des discussions sur le cessez-le-feu, devrait se tenir dans la capitale pakistanaise. « Elles auront très probablement lieu au même endroit que la dernière fois », a-t-elle déclaré devant la presse. Elle a également démenti des informations de médias affirmant que Washington aurait formellement demandé une prolongation de la trêve, dénonçant des affirmations erronées. « J’ai vu certaines informations ce matin, encore une fois, de mauvais reportages, selon lesquelles nous aurions officiellement demandé une prolongation du cessez-le-feu. Ce n’est pas vrai. À ce stade, nous restons très engagés dans ces négociations », a-t-elle assuré.

Elle a insisté sur le fait que les discussions restaient actives, renvoyant aux récentes déclarations du président Donald Trump et du vice-président JD Vance, qui ont qualifié les pourparlers de « productifs et en cours ».

Critiques acerbes à Washington

A signaler que les responsables iraniens ont multiplié les déclarations qui rendent compte de la soumission des Etats-Unis à Israël, politique devenue de plus en plus flagrante surtout durant les dernières négociations tenues dans la capitale pakistanaise.   Les États-Unis sont devenus « le septième district d’Israël », a déclaré jeudi Mohammad Reza Aref, premier vice-président iranien, lors d’une réunion avec des membres du gouvernement. Mardi dernier, il avait commenté les propos du chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, dans lesquelles il a affirmé recevoir des briefings quotidiens, précisant que « Vance l’avait informé, à son retour d’Islamabad, des détails des négociations, comme il le fait chaque jour ».

« Pour la première fois de l’histoire, un haut responsable d’un gouvernement fournit des briefings quotidiens au chef d’un autre régime », estime M. R. Aref, ajoutant que la question « n’est pas liée à l’Iran, mais reflète plutôt une humiliation structurelle ». Il s’est demandé si le peuple américain se rendait compte que « la Maison Blanche est en réalité devenue une branche qui présente des rapports pour un autre régime ».

Au lendemain du premier round des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, M.R. Aref avait assuré que ces négociations auraient pu réussir si les Etats-Unis étaient entrés avec pour objectif « les USA d’abord », slogan de la campagne électorale du président américain actuel. « Mais elles ont été entravées parce que la délégation américaine sont venus aux négociations avec comme slogan « Israël d’abord », a-t-il jugé.

Même constat de la part de Mohammad Marandi, membre de la délégation iranienne participant aux négociations avec les États-Unis à Islamabad. Observant que le vice-président américain J.D. Vance tenait constamment B. Netanyahu informé du déroulement des négociations « étape par étape », il a conclu dans une interview jeudi sur YouTube que « l’histoire de l’humanité n’a jamais connu une telle servilité ». Il a décrit Israël comme une « colonie qui contrôle les États-Unis », estimant que le compte rendu de J.D. Vance à B. Netanyahu est « une insulte au peuple américain ».

Aux États-Unis, des parlementaires démocrates cherchent à destituer Pete Hegseth. Des élus démocrates de la Chambre des représentants ont lancé une procédure de destitution contre le ministre de la Défense. Ils l’accusent notamment d’avoir fait preuve d’un mépris délibéré de la Constitution, d’abus de pouvoir, mais aussi de crimes de guerre. Pas moins de six chefs d’accusation ont ainsi été déposés par des élus démocrates contre le secrétaire d’Etat à la Guerre. Ils reprochent notamment au ministre d’avoir lancé une guerre non autorisée contre l’Iran, en n’ayant pas demandé au préalable l’approbation du Congrès. Ils l’accusent également d’avoir autorisé, ou du moins de ne pas avoir empêché, des opérations ayant causé de nombreuses pertes civiles. En particulier la frappe contre une école primaire le 28 février qui a fait 168 morts.

Les élus soutiennent aussi que P. Hegseth a fait preuve d’une grave négligence dans le traitement d’informations militaires classifiées. En cause, une conversation sur le groupe Signal, à laquelle un journaliste avait été accidentellement ajouté et où le ministre de la Guerre et d’autres hauts responsables avaient discuté de frappes au Yémen.

La Chambre des représentants va maintenant devoir se prononcer sur ces chefs d’accusation. Si elle les valide, le Sénat devra alors juger P. Hegseth pour décider s’il doit être démis de ses fonctions. Mais avec une Chambre actuellement dominée par les républicains, cette procédure de destitution risque de ne pas franchir la première étape. Les démocrates pourront toujours renouveler leur tentative s’ils obtiennent la majorité à l’issue des élections de novembre prochain.

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