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La guerre se poursuit dans le Machrek : « Les Iraniens nous supplient », assure D. Trump

by Perspectives Med
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La guerre se poursuit dans le Machrek : « Les Iraniens nous supplient », assure D. Trump

Pour l’heure, le président américain a affiché une certaine incertitude quant à la volonté des États-Unis de conclure un accord avec l’Iran, tout en affirmant que Téhéran était désireux de négocier. « Ce ne sont pas des idiots. Ils sont très intelligents, à leur manière. Et ce sont d’excellents négociateurs », a déclaré Donald Trump lors d’une réunion du cabinet à la Maison Blanche. Qualifié jeudi les négociateurs iraniens de « différents et étranges », il les a exhortés à se montrer sérieux au sujet du plan de paix américain. « Les négociateurs iraniens sont très différents et ‘étranges’. Ils nous ‘supplient’ de conclure un accord, ce qu’ils devraient faire après avoir été militairement anéantis, sans aucune chance de riposte, et pourtant ils déclarent publiquement qu’ils se contentent de ‘regarder notre proposition’ », a écrit D. Trump sur Truth Social. Il les a avertis de se ressaisir rapidement, prévenant qu’« il n’y aura aucun retour en arrière, et ça ne sera pas joli  ».

Les États-Unis ont envoyé à l’Iran un plan en 15 points, incluant des mesures sur les programmes nucléaire et balistique de Téhéran ainsi que sur la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a rejeté cette proposition, affirmant qu’un cessez-le-feu ne pourrait intervenir que selon ses propres conditions et son calendrier, et a énoncé cinq exigences pour mettre fin au conflit, dont l’arrêt complet des « agressions et assassinats ».

L’Iran « supplie » de parvenir à un accord, a cru bon d’ajouter le locataire de la Maison Blanche. « Ce sont de très bons négociateurs, et ils demandent à conclure un accord. Mais je ne sais pas si nous pourrons le faire. Je ne sais pas si nous sommes disposés le faire », a poursuivi D. Trump. Lors d’une réunion de son cabinet, ce jeudi matin, Donald Trump a reconnu que l’Iran avait fait un « cadeau » en laissant passer dix navires dans le détroit d’Ormuz. Il a par ailleurs estimé que prendre le contrôle du pétrole iranien est une « option » à sa disposition. En présence de la presse, il a estimé que l’opération militaire menée par les États-Unis en Iran est « extrêmement en avance » sur le programme initial et a déclaré qu’elle finirait « bientôt ».

« Nous estimons que cela prendrait environ quatre à six semaines pour accomplir notre mission », a dit le président américain pendant un Conseil des ministres à la Maison Blanche, en décrivant ensuite l’offensive, débutée le 28 février, comme un « petit détour » qui « finirait bientôt ».

« Après 26 jours », a-t-il déclaré, « nous sommes extrêmement, vraiment, très en avance sur le calendrier ».

Les tensions régionales se sont fortement accrues depuis le 28 février, date à laquelle les États-Unis et Israël ont lancé une attaque conjointe contre l’Iran. Depuis le début de l’opération, 13 militaires américains ont été tués et près de 290 autres blessés.

A signaler que dans la journée de jeudi, le Commandement central américain United States Central Command (CENTCOM) a confirmé, la mort du commandant de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, tué lors d’une frappe aérienne israélienne. L’amiral Brad Cooper, a déclaré dans un communiqué que le CGRI, sous le commandement de l’amiral Alireza Tangsiri pendant huit ans, « a harcelé des milliers de marins marchands innocents, attaqué des centaines de navires à l’aide de drones et de missiles à usage unique, et tué d’innombrables civils innocents ».

Par ailleurs, un responsable israélien a indiqué jeudi que A. Tangsiri avait été tué lors d’une frappe aérienne dans la ville portuaire de Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran, ajoutant que le commandant iranien était considéré comme responsable de la fermeture du stratégique détroit d’Ormuz.

Le détroit d’Ormuz est perturbé depuis début mars. Environ 20 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour, et cette perturbation a fait grimper les coûts de transport maritime tout en soutenant la hausse des prix du pétrole sur les marchés mondiaux.

A signaler aussi que sous couvert d’une phase de négociation de 5 jours, les États-Unis ont procédé à un déploiement massif de forces d’élite, signalant ainsi la préparation d’un assaut terrestre majeur ou d’une opération spéciale (visant potentiellement les îles iraniennes ou les installations nucléaires). Un pont aérien massif a été constaté et les données de suivi des vols (AMC) font état de 716 vols de transport militaire à destination du Moyen-Orient. Des forces provenant de bases américaines (Hunter, Gray, Pope, Campbell) sont arrivées à la base aérienne du roi Abdallah II en Jordanie et aux bases de Nevatim et d’Ovda en Israël. Elles comprennent les 82e et 101e divisions aéroportées, la Delta Force, les Navy SEALs et le 75e régiment de Rangers. Ces unités sont spécialement formées pour des opérations spéciales rapides, des assassinats et la sécurisation de têtes de pont…

Alors que Washington envisage de s’emparer de l’île de Kharg, dans le golfe Persique, Téhéran renforce ses défenses en y déployant des troupes et de la défense aérienne, selon les médias.  Selon plusieurs sources citées par le média américain Axios, les États-Unis et Israël auraient discuté de la possibilité d’envoyer des forces spéciales en Iran afin de récupérer un stock de plus de 400 kilos d’uranium hautement enrichi qui aurait disparu depuis la guerre de juin dernier. Parmi les options évoquées figure également une opération visant l’île de Kharg, un site iranien hautement stratégique, non pas pour son programme nucléaire mais pour son rôle central dans l’exportation de pétrole. Située dans le golfe Persique, à une cinquantaine de kilomètres du port de Bouchehr, l’île de Kharg constitue depuis les années 1960 le principal terminal pétrolier de l’Iran. Ce territoire d’une vingtaine de kilomètres carrés concentre l’essentiel des infrastructures d’exportation du brut iranien. Environ 90 % des exportations pétrolières du pays transitent par ce hub énergétique, ce qui en fait un levier économique majeur pour Téhéran. Les revenus tirés du pétrole représentent en effet une part essentielle du financement de l’État iranien. Plusieurs scénarios sur la table Depuis plusieurs années, les autorités iraniennes renforcent l’activité sur l’île en anticipation d’éventuelles tensions régionales. Des stocks de brut y sont régulièrement constitués afin de maintenir les flux en cas de perturbation du trafic maritime. Selon des données d’analystes du secteur, plus de trois millions de barils par jour ont récemment quitté le terminal, un volume particulièrement élevé par rapport à celui des semaines précédentes. Le principal acheteur de ce pétrole demeure la Chine, qui absorbe l’essentiel des exportations iraniennes sous sanctions occidentales, souvent à prix réduit. Ces cargaisons transitent en grande partie par le détroit d’Ormuz, une artère maritime cruciale pour le commerce énergétique mondial.

Malgré les tensions militaires, plusieurs pétroliers auraient continué à quitter l’Iran depuis le début du conflit. Pour Washington, la question est délicate : des frappes directes sur les installations pétrolières ou la prise de contrôle de l’île pourraient provoquer des représailles iraniennes contre ses bases militaires situées dans les pays du Golfe et accentuer les perturbations du marché énergétique. Certains responsables américains plaident plutôt pour des mesures de pression maritime, comme l’interception de pétroliers ou un blocus des exportations depuis Kharg. Malgré ces scénarios, l’hypothèse d’une opération terrestre reste incertaine. Le pouvoir iranien semble déterminé à se défendre.

De son côté, Téhéran a activement devancé le renforcement américain avec une démonstration dévastatrice du niveau de ses services du renseignement et de sa maîtrise militaire, prouvant que les défenses aériennes occidentales peinent à protéger les sites vitaux. Ainsi, des missiles iraniens équipés d’ogives à sous-munitions (3 à 4 bombes pesant chacune 100 kg) ont frappé, par vagues, le centre de Tel-Aviv, Rishon LeZion et Petah Tikva. En sus, une percée dans le périmètre de sécurité a été réalisée en Palestine occupée avec la frappe contre le bâtiment 11 de la rue Louis Marshall – situé à seulement 1,7 km du quartier général du Shin Bet (Shabak) et de la Kirya (ministère de la Défense), et à 500 mètres de la Soldier’s House –, ce qui équivaut à un émise en garde indiquant clairement que l’Iran détient les coordonnées exactes des dirigeants israéliens.

En parallèle, le processus de neutralisation des radars occidentaux a été mené à son terme, ou presque, en dépit des affirmations du CENTCOM selon lesquelles 9000 cibles iraniennes auraient été détruites. Les images satellites et les rapports au sol confirment des dégâts importants sur les installations américaines, notamment la destruction d’un radar Patriot/TPS-75 à la base aérienne d’Isa (Bahreïn), d’un entrepôt de drones MQ-9 Reaper et des installations de communication par satellite à la base Ali Al Salem (Koweït), ainsi que d’un radar AN/FPS-117 à l’aéroport de Rafha (Arabie saoudite).

L’Iran a par ailleurs mené une brillante manœuvre géopolitique dans le détroit d’Ormuz, en faisant de l’énergie mondiale une arme tout en préservant ses liens avec les puissances orientales. Un blocus sélectif est ainsi mis en branle, la marine iranienne n’autorisant le passage exclusif que des navires chinois et indiens en toute sécurité (notamment deux méthaniers indiens et le navire chinois Bright Gold), tout en bloquant les navires occidentaux. A moins de négocier un droit de passage…

Pékin appelle à la désescalade

La Chine a appelé jeudi toutes les parties au conflit au Moyen-Orient à œuvrer pour la « fin de la guerre », avertissant que la poursuite des hostilités entraînerait davantage de victimes. « Si la guerre se poursuit, elle entraînera davantage de morts et de pertes, et aggravera les répercussions de la situation », a déclaré à Pékin le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian. « La guerre ne sert les intérêts de personne. »

« La priorité urgente est désormais de promouvoir activement les pourparlers de paix, de saisir les opportunités en faveur de la paix et de favoriser la fin de la guerre », a-t-il ajouté.

Lin Jian a souligné que la Chine « soutient tous les efforts favorables à une désescalade ». « Toutes les parties doivent aller dans la même direction et créer les conditions nécessaires à l’ouverture de véritables négociations de paix, sérieuses et sincères », a-t-il insisté. Il a ajouté que la Chine est prête à continuer de jouer un « rôle constructif » à cette fin.

Interrogé sur le report du déplacement du président américain Donald Trump en Chine, le porte-parole a estimé que la diplomatie entre chefs d’État joue un « rôle irremplaçable » dans les relations bilatérales entre les deux pays. Les deux parties « sont en communication concernant la visite du président Trump en Chine », a-t-il précisé.

Initialement prévue du 31 mars au 2 avril, la visite a été reportée après que Donald Trump a indiqué qu’il resterait à Washington en raison de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. La Maison-Blanche a annoncé mercredi de nouvelles dates pour ce déplacement, précisant que le chef de la Maison Blanche se rendra à Pékin les 14 et 15 mai pour un sommet avec le président Xi Jinping.

Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, a averti jeudi que le ciblage de sites nucléaires au Moyen-Orient entraînerait des « conséquences d’une gravité incommensurable ». Ces déclarations ont été faites lors d’une rencontre à Pékin avec le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi. « Les combats au Moyen-Orient s’étendent et s’intensifient, et leurs répercussions s’accélèrent », a déclaré Wang, mettant en garde contre les risques liés à d’éventuelles frappes sur des installations nucléaires, selon un communiqué de la diplomatie chinoise. « En particulier, si des installations nucléaires sont visées, les conséquences seront d’une gravité incommensurable et les populations de la région seront plongées dans une situation dramatique », a-t-il ajouté, appelant à la fin des hostilités. « Ce n’est qu’en cessant immédiatement les combats et en reprenant le dialogue et les négociations que les causes profondes du conflit pourront être véritablement éliminées », a-t-il poursuivi.

La visite de R. Grossi en Chine intervient après qu’il a indiqué que des pourparlers nucléaires entre les États-Unis et l’Iran pourraient se tenir au Pakistan ce week-end.

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