Le Comité des Nation Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (Cerd) se dit profondément préoccupé par la montée d’un « discours de haine raciste » ainsi que par l’usage d’un « langage déshumanisant » et de stéréotypes nuisibles visant les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile aux USA.
Dans un rapport, le Cerd indique que ces groupes ont été décrits « comme des criminels ou comme un fardeau par des responsables politiques et des personnalités publiques influentes au plus haut niveau de l’État, en particulier par son président ». Une situation qui « encourage l’intolérance et peut inciter à la discrimination raciale (et à) des crimes haineux », avertit le comité. Le Cerd appelle Washington à « prendre ses responsabilités, notamment en menant des enquêtes efficaces, approfondies et impartiales » sur toutes les violations présumées. Il appelle aussi Washington à condamner publiquement la discrimination raciale et ces discours de haine.
Composé de 18 experts indépendants chargés de surveiller la mise en œuvre par les États d’une convention internationale sur l’élimination du racisme, le comité pointe notamment du doigt les pratiques de la police de l’immigration américaine ICE et par les autres agents déployés dans le cadre de la répression de l’immigration ordonnée par D. Trump. Il dénonce le « recours systématique au profilage racial », mais aussi l’« usage excessif de la force lors des opérations de contrôle de l’immigration ».
Le rapport, qui rappelle qu’au moins huit personnes sont mortes depuis janvier lors d’opérations d’ICE ou alors qu’elles étaient sous la garde d’ICE, ajoute qu’au moins 675 000 personnes ont été expulsées depuis janvier 2025, date du retour au pouvoir du président milliardaire. Il fait suite à une requête urgente déposée début février par l’influente organisation de défense des droits civiques ACLU (American Civil Liberties Union). Cette dernière avait demandé « d’enquêter sur les graves violations par les États-Unis de leurs obligations en matière de droits humains » dans l’État du Minnesota, où deux manifestants ont été abattus par des policiers de l’immigration en janvier.
Le Cerd dénonce également l’« augmentation drastique » du nombre de personnes détenues dans les centres de rétention pour migrants, qui serait passé de 40 000 fin 2024 à environ 73 000 au début de cette année. Il s’inquiète d’informations faisant état de « conditions inhumaines et de soins médicaux inadéquats » dans ces centres, déplorant la mort en détention d’au moins 29 migrants en 2025, et de six en janvier.
