Le ministère de la Santé a assuré les personnes concernées ont été suspendues à titre préventif, jusqu’à la fin des investigations judiciaires et administratives en cours. Dans le même contexte, le ministère affirme suivre de près ce dossier, en vue de garantir la transparence de la procédure et de préserver les droits de toutes les parties.
Le département souligne aussi qu’il continue son action pour améliorer la qualité des services de santé dans les différents établissements hospitaliers publics, dans le cadre du chantier de la Réforme globale du système national de santé. Il a conclu que l’opinion publique sera informée, au fur et à mesure, des détails du dossier.
L’hôpital régional Hassan II à Agadir avait enregistré une série de décès parmi les femmes enceintes, au début du mois de septembre dernier. Cet épisode dramatique qui dévoile l’état calamiteux des services de soins a poussé les gadiris à organiser une manifestation massive devant l’établissement. Les protestations se sont répandues via le mouvement GenZ 212 à travers diverses villes et régions marocaines, à partir du 27 septembre, pour une meilleure qualité des services de santé et d’éducation, ainsi que la lutte contre la corruption.
« Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, M. Amine Tahraoui, a annoncé la nomination de 543 médecins spécialistes qui intégreront prochainement les hôpitaux du pays », lit-on dans la déclaration du gouvernement à l’issue de sa réunion du 5 octobre présidée par Aziz Akhannouch. « Ces médecins exerceront dans diverses spécialités, telles que la cardiologie, la pédiatrie, l’orthopédie et l’ophtalmologie. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer les ressources humaines, à améliorer la qualité des services de santé et à les rendre plus accessibles aux citoyens à travers le Royaume. »
Lors de son intervention le 1er octobre devant la Commission des secteurs productifs de la Chambre des représentants, A. Tahraoui, membre du RNI, s’est félicité de « la nomination de 1 200 médecins spécialistes en 2025. Ce chiffre représente un saut qualitatif par rapport aux années précédentes ». Il a rappelé que « le nombre de médecins spécialistes recrutés dans le secteur public n’avait pas dépassé 179 en 2020, 175 en 2021, 347 en 2022, 314 en 2023 et 223 en 2024 ».
Le privé tacle le public
A signaler aussi que la diabolisation du secteur privé dont l’expansion se fait à la mesure de l’étiolement du système sanitaire public a fait réagir les concernés. Ainsi, l’Association nationale des cliniques privée du Maroc (ANCP) a adressé une lettre ouverte au ministre de la Santé et de la protection sociale, concernant ses remarques sur « l’arrêt du soutien » accordé aux établissements payants. L’instance a exprimé, ce lundi, sa surprise face à ces déclarations, notant qu’à sa connaissance, aucune clinique privée affiliée n’a bénéficié d’un soutien public, que ce soit pour la gestion ou pour l’équipement.
L’ANCP, qui regroupe la majorité des cliniques privées à travers les régions du Maroc, a ainsi demandé au ministre de préciser les textes de loi ou les dispositions réglementaires faisant référence à ces ‘subventions’, avec une publication de la liste complète y afférente, par souci de « transparence » envers les citoyens. Par la même occasion, l’instance a estimé que de telles déclarations pourraient créer la confusion.
Dans le même sens, le groupe Akdital a publié un communiqué, affirmant n’avoir jamais bénéficié d’un soutien public à l’investissement. A ce titre, il rappelle qu’en tant que société cotée à la Bourse de Casablanca, il est soumis, comme toutes les sociétés cotées, à une obligation de transparence financière édictée par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). « En vertu de cette obligation, les comptes ainsi que les rapports financiers trimestriels et annuels du groupe sont accessibles au public sur les sites internet de l’AMMC, de la Bourse de Casablanca et du Groupe Akdital », indique la société.
Cette passe d’arme contribue, cela va de soi, à lever le voile sur la fatuité du discours nourri par le gouvernement autour de la promotion de l’Etat social. Les slogans exprimés par les jeunes lors des incessantes manifestations sont à même d’éclairer ceux qui ne veulent rien voir…
