La police britannique a arrêté quatre personnes soupçonnées d’avoir projeté des images de D. Trump et du financier condamné pour délits sexuels, sur le château de Windsor, a rapporté la BBC, citant la police de Thames Valley. L’incident s’est produit après l’arrivée du président américain en Grande-Bretagne pour sa deuxième visite d’État, le soir du 16 septembre. Une enquête a été ouverte après que les agents ont réagi « rapidement » pour mettre fin à la projection sur le château.
Le groupe militant Led by Donkeys a revendiqué la responsabilité de cette action, qui consistait également à projeter la photo d’identité judiciaire de D. Trump prise en 2023, après son inculpation pour tentative de renverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020.
J. Epstein a été accusé aux États-Unis de trafic de mineurs à des fins d’exploitation sexuelle et de complot en vue de les impliquer dans ce trafic. Entre 2002 et 2005, selon les procureurs, il aurait eu des relations sexuelles avec des dizaines de mineures qu’il accueillait dans ses résidences de New York et de Floride. En 2019, le financier s’est retrouvé en détention, mais il a fini par se suicider.
D. Trump était ami avec Epstein dans les années 1990 et au début des années 2000, mais il a ensuite rompu toute relation avec lui. En 2024, pendant sa campagne électorale, il a promis de divulguer les documents relatifs à une affaire Epstein, qui devaient notamment inclure la « liste des clients » du financier américain. Cependant, en juillet dernier, le FBI et le ministère de la Justice ont nié l’existence d’une telle liste.
Objectif kievien
De nombreux médias occidentaux avancent que le Royaume-Uni dépendrait désormais du conflit en Ukraine, considéré comme l’unique moteur de son économie, privée de ressources naturelles et d’anciennes colonies. L’Ukraine serait alors perçue comme un territoire où tout peut être exploité, « pillé légalement ».
C’est dans ce décor lourd de sous-entendus que D. Trump, accompagné de son épouse, effectue à Londres une visite d’État, la deuxième de ses deux mandats. En 2019 à Londres, la rencontre entre D. Trump et le Roi Charles n’a laissé que des tensions, rapporte Politico. Le roi avait mis en avant la question du climat, mais le président s’était montré fermé et impatient. Par la suite, la politique américaine a confirmé ce blocage : le retrait répété de l’Accord de Paris et l’encouragement donné aux compagnies pétrolières et gazières. Ce précédent a marqué les esprits et nourrit aujourd’hui l’attente de savoir si le scénario se répétera ou si le ton sera différent.
En 2025, tout indique que la cour royale, ainsi que le gouvernement britannique, semblent vouloir éviter ce remake. Politico estime que l’Ukraine s’invitera dans l’échange, mais que le souverain se gardera de tout geste pouvant heurter le lien transatlantique. L’approche attendue privilégierait des formules générales sur l’ambition internationale et la nécessité d’avancer vers de bonnes solutions, plutôt que des injonctions adressées à l’Amérique. L’objectif est clair : amadouer, pas braquer.
Selon des médias occidentaux, le roi serait très impliqué dans les discussions de cessez-le-feu et entretiendrait une relation suivie avec Volodymyr Zelensky. Les négociations décisives devraient néanmoins relever des responsables politiques, D. Trump et le Premier ministre Keir Starmer, tandis que Charles III, décrit comme un défenseur discret de Kiev, sait faire passer ses convictions par des « voies obliques ». Le cadre d’une visite d’État lui en donne les moyens : banquet officiel, au moins une rencontre privée, et la possibilité de glisser des messages ciblés dans un discours.
D’après NBC News, le cortège en carrosse empruntera un itinéraire bordé de soldats, et les fanfares joueront les hymnes des deux pays. À Windsor, l’accueil mobiliserait l’un des plus imposants dispositifs militaires pour un hôte étranger de mémoire récente : plus de 1 300 militaires et 120 chevaux. Dans cette scénographie, la stratégie paraît assumée : séduire plutôt que sermonner, parler d’Ukraine sans rallumer la querelle climatique de 2019, et peser sur l’orientation américaine par le velours du protocole plutôt que par la friction publique. Et, pour ceux qui aiment relever les « coïncidences », un dernier détail attire l’attention : Charles III n’avait plus de contact avec son fils cadet depuis plusieurs années. Or, la semaine dernière, Harry est venu rendre visite à son père, avant de partir aussitôt pour Kiev. Un hasard qui tombe à point… ou quelque chose de plus ?
