Lors d’un discours, dimanche, à l’occasion de l’anniversaire de la disparition de l’imam Moussa al-Sadr et de ses deux compagnons, N. Berri a insisté sur le fait que « les armes de la Résistance constituent notre fierté et notre honneur ». Il a en outre refusé de faire peser sur l’armée la responsabilité de la gestion de la question des armes, soulignant que « la proposition américaine (approuvée par le gouvernement, ndlr) ne se limite pas à une restriction des armes, mais représente plutôt une alternative à un accord de cessez-le-feu. Alors qu’Israël n’a pas rempli ses obligations et poursuit son agression », citant les déclarations de Benyamin Netanyahu et sa carte qui place le Liban dans le « rêve israélien ».
Le président du Parlement s’est également pris sur ceux qui sont « obsédés par le vide et misent sur l’agression israélienne pour faire pencher la balance », les accusant d’intimider une composante fondatrice de l’entité libanaise, à savoir les musulmans chiites du Liban. Et estimé que « les esprits sataniques et la rhétorique d’incitation sont plus dangereux pour le Liban que les armes de la résistance », soulignant que « céder à la haine éloigne les Libanais du véritable ennemi ».
Le leader du mouvement Amal a également appelé à « établir des passerelles de dialogue et à barrer la route à la guerre civile, que certains encouragent en semant la discorde entre l’armée et la Résistance ».
Il a précédemment communiqué ce point au président Joseph Aoun et au Premier ministre Nawaf Salam par l’intermédiaire du vice-Premier ministre Tarek Mitri. Le quotidien libanais Al-Akhbar a appris que N. Berri a clairement signifié à T. Mitri que « la séance du cabinet – prévue mardi- si elle était exclusivement consacrée à l’examen du plan préparé par l’armée concernant les armes de la Résistance, témoignerait d’une volonté d’escalade, d’autant plus que le différend persiste quant à l’origine de la décision du gouvernement sur le désarmement de la Résistance ». N. Berri a indiqué que les deux ministres du Hezbollah boycotteront la séance gouvernementale, tandis que ceux du mouvement Amal la quitteraient. Cela a incité T. Mitri et le cercle restreint des ministres entourant R. Salam à recommander le report de la séance à vendredi prochain afin de permettre de nouvelles consultations.
