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Confrontation russo-otanienne en Ukraine : Moscou suit de près le branle-bas de combat européen. Et met en garde contre la ruine programmée des pays de l’OTAN

by Perspectives Med
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Confrontation russo-otanienne en Ukraine : Moscou suit de près le branle-bas de combat européen. Et met en garde contre la ruine programmée des pays de l’OTAN

En l’espace de 24 heures, les forces armées ukrainiennes ont lancé une nouvelle attaque d’envergure contre le territoire russe à l’aide de drones. La Défense de russe a annoncé, dimanche, que 364 drones ukrainiens avaient été détruits au cours de la journée par les systèmes de défense aérienne russes. L’attaque a concerné plusieurs régions, dont Moscou, Kalouga, Briansk, Koursk, Belgorod, Toula, Orel, la Crimée et même l’espace aérien au-dessus de la mer Noire. Rien que dans la matinée du 20 juillet, 34 drones ont été abattus entre 8h10 et 12h, notamment 16 dans la région de Kalouga et sept dans celle de Moscou, selon les déclarations du ministère de la Défense.

Plus tôt, 93 drones avaient été neutralisés dans la nuit, dont 19 au-dessus de la région de Moscou. Zelenograd touché, les aéroports de Moscou paralysés À Moscou, la situation est restée tendue pendant la nuit. Selon le maire de la ville Sergueï Sobianine, trois drones ukrainiens ont été interceptés par les systèmes de défense aérienne alors qu’ils s’approchaient de la ville. Les débris de ces appareils sont tombés dans différents quartiers, notamment dans la ville de Zelenograd près de Moscou, où un incendie a éclaté, provoquant la destruction de plusieurs voitures et des dégâts matériels dans des immeubles résidentiels. Aucun blessé n’est à déplorer, d’après les déclarations officielles.

Les habitants de Zelenograd ont témoigné de violentes explosions dans la nuit, des vitres brisées et des incendies localisés, confirmés par le préfet du district Anatoli Smirnov. Il a précisé que des fenêtres avaient été soufflées et plusieurs quartiers touchés.

Cette vague d’attaques a également paralysé les transports aériens dans la capitale, 134 vols ayant dû être redirigés vers d’autres aéroports. Chérémétiévo a accueilli à lui seul 78 de ces vols, tandis que 45 ont été déviés de Vnoukovo et huit de Domodédovo. Des restrictions temporaires sur les décollages et les atterrissages ont été appliquées à tous les grands aéroports de Moscou dans la nuit du 19 au 20 juillet. Les passagers ont été contraints de patienter pendant plus de 10 heures, certains dormant au sol dans les terminaux. Les perturbations ne se sont pas limitées à l’aviation : 132 trains ont connu des retards allant jusqu’à 15 heures après qu’un drone ukrainien a provoqué un dégât sur une ligne électrique près de la gare de Likhaïa, dans la région de Rostov, dans le sud de la Russie. Une employée des chemins de fer a été blessée et hospitalisée. Dans cette escalade, les systèmes de défense russes démontrent une nouvelle fois leur efficacité face à des menaces aériennes en grand nombre. Comme l’a Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, la Russie utilise une défense aérienne en plusieurs couches pour réduire au maximum les risques pour la population civile. En réponse, les forces russes continueront de mener des frappes ciblées uniquement contre les infrastructures militaires ukrainiennes.

Les British remontés à bloc

Face aux avancées russes taillant en pièces l’armée ukrainienne,  John Healey, ministre britannique de la Défense, appellerait à une « campagne de 50 jours » pour armer l’Ukraine lors de la prochaine réunion du Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine (UDCG), dans le cadre d’une augmentation de l’aide militaire à Kiev, a rapporté le Telegraph. Le Royaume-Uni entend ainsi soutenir la proposition du président américain Donald Trump, qui a menacé le 14 juillet d’imposer de nouvelles sanctions à la Russie et ses partenaires commerciaux si Moscou et Washington ne parviennent pas à un accord sur un règlement du conflit en Ukraine dans les 50 jours.

« Les États-Unis ont fixé un délai de 50 jours pour inciter Poutine à accepter la paix, au risque de subir des sanctions économiques paralysantes. […] En tant que membres du Groupe de contact sur la défense de l’Ukraine, nous devons, nous aussi, lancer une « campagne de 50 jours » pour armer l’Ukraine sur le champ de bataille et forcer Poutine à négocier », a indiqué le quotidien britannique, citant une déclaration de J. Healey, qui pourrait être faite lors de la réunion de l’UDCG lundi. En outre, d’après le Telegraph, le Royaume-Uni et l’Allemagne pourraient également convenir, toujours lors de la réunion, d’acheter des missiles supplémentaires pour les systèmes de défense antiaérienne, en utilisant le financement de 170 millions d’euros de Berlin.

 Le 14 juillet, D. Trump a annoncé un nouveau programme de livraison d’armes à l’Ukraine : Washington a l’intention d’envoyer aux pays européens, qui « vont les payer », des « milliards de dollars » d’équipements militaires américains à destination de Kiev. Cependant, le Military Watch Magazine a indiqué que ce plan avait peu de chances d’être mis en œuvre, car les États-Unis ne disposent actuellement ni du matériel ni des munitions nécessaires pour honorer la promesse de D. Trump dans un délai raisonnable.

La Russie, quant à elle, condamne l’aide militaire à l’Ukraine. Ainsi, Piotr Tolstoï, vice-président de la Douma (chambre basse du Parlement russe), a souligné dans une interview au quotidien italien La Repubblica que le soutien européen à Kiev précipiterait la chute de l’UE et serait « la ruine des pays de l’Alliance atlantique ». De plus, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a accusé Bruxelles de financer « la mort de l’Ukraine » en sponsorisant les livraisons d’armes à Kiev.

Résonance à Berlin

Lors d’un entretien sur la chaîne officielle de la Bundeswehr (armée allemande), le 19 juillet, un haut général allemand a suggéré que l’Ukraine devrait envisager de frapper les aérodromes et les usines d’armement russes au cœur du pays, et ce, afin d’alléger la pression sur le front. Dans le podcast de la Bundeswehr, le major-général Christian Freuding, qui supervise l’assistance militaire allemande à l’Ukraine, a prodigué des conseils à l’attention de Kiev sur l’affaiblissement de la puissance offensive russe.

« On peut également affecter indirectement le potentiel offensif des forces de frappe russes avant leur déploiement », a déclaré le militaire allemand. « Utiliser des moyens de combat aérien à longue portée pour frapper les avions et les aérodromes avant leur utilisation. Il faut également cibler les installations de production d’armes », a-t-il ajouté. C. Freuding a par ailleurs déploré que la Russie réussisse à augmenter sa production de drones, de missiles de croisière et de systèmes balistiques, malgré les sanctions occidentales. « Nous devons nous demander si nos mesures économiques ont été suffisantes et à quel niveau nous pouvons exercer une pression supplémentaire, notamment pour limiter les capacités de production russes », a-t-il indiqué.

Le général a aussi souligné les limites des missiles américains de défense aérienne Patriot face aux vagues de drones russes. « Un drone coûte environ 30 000 à 50 000 euros (34 000 à 58 000 dollars) selon le modèle. C’est du gaspillage que de l’abattre avec un missile Patriot coûtant plus de 5 millions d’euros. Nous avons besoin de contre-mesures coûtant entre 2 000 et 4 000 euros, d’autant plus que la Russie souhaite accroître sa capacité de production », a-t-il expliqué.

En 2024, l’administration de l’ancien président américain Joe Biden a autorisé l’Ukraine à utiliser des armes à longue portée américaines pour frapper le territoire russe, mais avec d’importantes restrictions sur la portée et le choix des cibles. Les médias de l’époque indiquaient que Kiev n’était pas autorisé à frapper les principaux aérodromes russes.

Par ailleurs, C. Freuding a confirmé plus tôt ce mois-ci que l’Ukraine recevrait le premier lot de missiles à longue portée financé par Berlin avant fin juillet. L’Allemagne, cependant, s’est montrée réticente à envoyer des missiles à longue portée Taurus en raison des risques d’escalade.

Plus tôt en ce mois de juillet, D. Peskov a déclaré que l’Allemagne « redevenait dangereuse », après les propos de Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense, qui a déclaré que les troupes de la Bundeswehr devaient être prêtes à « tuer » des soldats russes si nécessaire. Moscou a également accusé les dirigeants allemands de favoriser la « confrontation » et de mener une « mobilisation agressive de l’Europe contre la Russie ».

Colère chinoise

Loin du front européen, la Chine s’est déclarée profondément mécontente de l’inclusion d’entreprises et d’institutions financières chinoises au 18e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie, déclare le ministère chinois du Commerce, commentant la décision prise par Bruxelles le 18 juillet. Selon Pékin, ces sanctions ont été imposées sous de faux prétextes, malgré les objections répétées de la Chine. L’inclusion d’entreprises chinoises à la liste des sanctions européennes n’a aucun fondement dans le droit international et n’est pas autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies, souligne également le ministère chinois du Commerce.

Selon le communiqué, les actions de Bruxelles contredisent le consensus des dirigeants chinois et européens, auront un impact négatif sur leurs relations commerciales et économiques et sapent les accords entre la Chine et l’UE. Pékin appelle Bruxelles à cesser immédiatement d’inscrire des entreprises chinoises sur les listes de sanctions, promettant des mesures pour protéger les droits et les intérêts chinois légitimes.

Bruxelles a adopté un nouveau paquet de sanctions dans la matinée du 18 juillet. Kaja Kallas, Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, l’a qualifié de « l’un des plus sévères », déclarant que les nouvelles mesures augmenteraient la pression sur l’industrie militaire russe et les banques chinoises. Ainsi, dans le cadre de ce 18e paquet, les entreprises chinoises Zhu Jiang Shipmanagement, ACE Electronic HK, Wuhan Global Sensor Technology et Shandong ODES Industry tombent sous le coup des sanctions européennes contre la Russie. Moscou a également protesté. D. Peskov, porte-parole du président russe, a souligné le 18 juillet que de telles restrictions unilatérales étaient illégales. Il a cependant tempéré en précisant que la Russie était déjà immunisée et s’était adaptée à ces conditions de restriction. Chaque nouveau paquet de sanctions, a-t-il remarqué, aggrave les difficultés de ses auteurs. De plus, les sanctions occidentales contribuent à l’accélération de la formation d’un monde multipolaire, estime Alexandre Grouchko, vice-ministre russe des Affaires étrangères.

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