Motawassim L., 22 ans, a comparu lors de l’audience de vendredi dernier au cours de laquelle la procureure l’a condamné à cinq mois de prison avec sursis, assortis d’un stage de citoyenneté au Mémorial de la Shoah. Si le chef d’accusation initial porte sur une « modification frauduleuse de données », les parties civiles, dont la LICRA et l’Union des étudiants juifs de France, ont demandé que soit retenue la circonstance aggravante d’antisémitisme. Selon elles, le choix des victimes et la date de l’acte démontrent une volonté de cibler des personnes en raison de leur appartenance religieuse.
Le prévenu conteste toute intention haineuse. Il évoque une action politique « commise sous le coup de l’émotion (…) en réaction à la crise humanitaire à Gaza », et nie avoir agi par antisémitisme. « C’était plutôt politique, dans le contexte de la contestation étudiante », a-t-il ajouté tout en rappelant avoir sélectionné les profils en se basant sur les interactions visibles sur le compte Instagram de l’UEJF.
La défense dénonce un contexte émotionnel lourd qui, selon elle, ne doit pas influer sur la qualification juridique. Me Vincent Brengarth, avocat du prévenu, a mis en garde contre une lecture symbolique excessive. « Ce n’est pas votre juridiction qui va compenser les pertes du 7 octobre », a-t-il fait valoir à l’audience, selon Le Parisien.
