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Pivot atlantique maroco-sahélien : Alger fait dans le parasitage…

by Perspectives Med
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Pivot atlantique maroco-sahélien : Alger fait dans le parasitage…

Le Polisario a répondu à la réunion organisée le 23 décembre à Marrakech, entre le Maroc et les pays du Sahel. « Ce qu’entreprend le Maroc au Sahel est une sorte de manœuvre destinée à tromper certains pays africains et créer davantage d’instabilité et de tensions dans la région (…) Une manœuvre qui vise à faire de l’ombre aux succès de l’approche algérienne au Sahel », a affirmé un haut cadre séparatiste à « Aures » média algérien. « L’Atlantique est une région en guerre qui ne peut être exploitée qu’après l’indépendance du Sahara occidental », a-t-il ajouté.

Le Polisario avait déjà dénoncé, en mai 2022, le lancement des études techniques pour la réalisation du gazoduc Nigéria-Maroc. Le mouvement séparatiste avait alors mis en garde « l’Union africaine contre les dangers de telles activités qui se déroulent dans les territoires d’Etats membres de l’UA ».

Le Front avait aussi appelé l’organisation panafricaine « à assumer ses responsabilités dans la défense de la souveraineté et des richesses de ses Etats membres, conformément aux dispositions de la charte fondatrice de l’Union africaine et de sa loi fondamentale ». Un avertissement qui n’a pas empêché de nombreux pays africains à se joindre au projet.

L’agitation des séparatistes trouve son écho dans la fébrilité dont fait preuve Alger pour lier les mains du Maroc à l’échelle régionale. La preuve, Abdelmadjid Tebboune a présidé, dimanche 24 décembre, un conseil des ministres au cours duquel il a ordonné à Nadir Larbaoui, Premier ministre, « le lancement immédiat d’une étude approfondie, en prévision de la création d’une zone de libre-échange contribuant à la diversification des activités économiques et la création d’une dynamique dans la région, notamment le long des frontières entre l’Algérie et la Mauritanie », indique un communiqué de la présidence relayé par la presse.

Ce point n’était pas inscrit à l’ordre du jour du conseil des ministres du 24 décembre, comme indiqué deux jours plutôt par les médias algériens.  L’annonce du projet de création d’une zone de libre-échange avec la Mauritanie intervient au lendemain de l’absence de la Mauritanie de la rencontre, organisée samedi 23 décembre à Marrakech, entre le Maroc et les pays du Sahel. Une politique de la chaise vide du voisin du sud qui a soulevé des interrogations chez certains médias à Nouakchott.

Semer le doute…

Autre fait notable, le ministre algérien des Affaires étrangères a annoncé tout de go que son pays est déterminé à normaliser ses relations avec le Maroc. « On peut considérer l’Algérie comme étant plus portée sur la recherche d’une solution rapide » à la crise avec le royaume, a déclaré Ahmed Attaf dans une interview accordée à la plateforme Atheer de la chaine qatarie Al Jazeera, en marge de sa participation, les 10 et 11 décembre, au forum de Doha.

Des propos qui détonent alors que l’Algérie a ignoré tous les appels du roi Mohammed VI à la reprise des relations, rompues en août 2021, dont le dernier date de quelques mois seulement. « Nous prions le Très-Haut pour un retour à la normale et une réouverture des frontières entre nos deux pays voisins et nos deux peuples frères », avait annoncé le 29 juillet le souverain dans un discours prononcé à l’occasion de la commémoration du 24e anniversaire de son accession au trône. Vœu royal immédiatement qualifié, par les médias algériens, de « fausse main tendue », alors que le royaume « multiplie les actes hostiles, agressifs et belliqueux à l’égard de l’Algérie et des Algériens ».

Outre les relations avec le Maroc, le chef de la diplomatie algérienne s’est même fait un fervent défenseur du projet du Grand Maghreb. « Nous sommes conscients, ainsi que les autres Etats de l’édification du Maghreb arabe et de la fraternité », a-t-il assuré. « Ce rêve demeure toujours. Il ne pourra jamais être anéanti. J’attends avec impatience le jour où nous tenterons à nouveau de relancer cette édification. Notre rôle et notre responsabilité est de préparer le terrain, c’est la chose réaliste qui peut nous être demandée, et nous sommes prêts à le faire », a-t-il annoncé.

Or sur ce sujet, A. Attaf avait accusé le Maroc , en août dernier, d’avoir « paralysé l’Union du Maghreb Arabe (UMA) », et ce depuis les années 90. « L’Algérie n’a aucune responsabilité dans le blocage que connait cette union. Depuis, les circonstances n’ont pas évolué. Pire, elles se sont aggravées. Actuellement, il est difficile de parler d’une redynamisation ou de redonner vie à l’Union du Maghreb dans le contexte que nous connaissons tous », avait précisé aux médias le chef de la diplomatie algérienne.

Pour rappel, l’Algérie avait ignoré l’appel du roi Mohammed VI, du 6 novembre 2018, à réactiver l’UMA. Ses médias sont tombés à bras raccourcis sur Taïeb Baccouche, actuel secrétaire général de l’UMA, parce qu’il avait affirmé, en septembre 2022, qu’une « réconciliation » entre le Maroc et l’Algérie est essentielle pour relancer la construction maghrébine.

Les deux sorties d’A. Attaf sur le Maroc et l’UMA interviennent alors que les relations de l’Algérie avec son entourage sahélien, notamment le Mali et le Niger, sont tendues. L’Algérie avait énormément investi dans cet entourage comme alternative aux relations gelées avec le royaume et la paralysie de l’UMA.

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