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60è session du Conseil des droits de l’homme : Les violations dans les camps de Tindouf en pointe

by Perspectives Med
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60è session du Conseil des droits de l’homme : Les violations dans les camps de Tindouf en pointe

Le représentant du CIRAC a rappelé le cas emblématique d’Ahmed El Khalil, défenseur des droits de l’homme victime d’une disparition forcée depuis 2009. Selon M. Maoulainine, ce dernier aurait été enlevé à Tindouf par les services algériens, en complicité avec le Polisario, en raison de ses dénonciations répétées des abus et de la corruption dans les camps. Quinze ans plus tard, son sort demeure entouré d’un silence inquiétant. Cette affaire illustre la brutale répression exercée contre les voix dissidentes dans ces camps et met en lumière la responsabilité directe de l’Algérie, en tant que pays hôte, de protéger les personnes présentes sur son territoire et de faire toute la lumière sur ce dossier, rappelle l’ONG.

« Le silence qui entoure ce cas témoigne d’une volonté claire de perpétuer l’impunité et d’intimider les autres qui subissent des menaces », a insisté M. Maoulainine. Le CIRAC a également souligné que ces pratiques constituent une violation flagrante de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, à laquelle l’Algérie est partie, ainsi que de la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits humains.

En conclusion, l’organisation a exhorté le Conseil à mobiliser ses mécanismes compétents afin de faire pression sur les autorités impliquées et de garantir aux familles des disparus leur droit à connaître la vérité et à obtenir justice.

À la faveur de la transformation des camps de Tindouf, situés sur le territoire algérien et administrés par la milice du Polisario, en véritables forteresses du silence où se mêlent souffrance et désespoir, des acteurs des droits humains ont profité de la 60e et dernière session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève pour tirer la sonnette d’alarme. Dans le cadre du débat sur le deuxième point de l’ordre du jour, ils ont lancé des appels pressants afin de sauver les milliers de Sahraouis retenus dans ces « camps de la honte », victimes de violations continues qui ne cessent d’aggraver une situation humanitaire déjà dramatique.

Ces militants ne se sont pas limités à exprimer leur inquiétude. Ils ont exigé de la communauté internationale qu’elle rompe le mur du silence entourant ces abus, en assumant pleinement ses responsabilités. Ils ont appelé à l’ouverture d’enquêtes indépendantes, destinées à établir la vérité, traduire les responsables en justice et garantir réparation aux victimes. Ils ont par ailleurs insisté sur le fait que la poursuite de ces pratiques, sur un territoire placé sous la juridiction algérienne, engage directement la responsabilité d’Alger. Celle-ci doit répondre, ont-ils rappelé, de son obligation juridique et morale de protéger les réfugiés sahraouis.

Mahmoud Zidane, militant des droits humains et ancien détenu du Polisario, a brossé un tableau sombre de la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, situés au sud de l’Algérie. Il a décrit le climat de siège militaire imposé par les milices séparatistes, soutenues par le palais d’El Mouradia, transformant les camps en « véritables prisons collectives », selon ses termes. Il a détaillé les conditions de vie dans ces camps, administrés depuis plus de cinq décennies par des milices armées. Il a condamné avec fermeté les violations systématiques commises contre les réfugiés : arrestations arbitraires, disparitions forcées, torture, et persécution des militants opposés aux choix et aux politiques de Brahim Ghali, chef du Polisario.

Il a en outre révélé que plus de 30 jeunes ont été tués par les forces algériennes alors qu’ils tentaient de franchir un poste militaire pour échapper à l’enfer des camps. Comme il a signalé la documentation de 131 cas de disparitions forcées dans des centres de détention secrets administrés par le Polisario, sans qu’aucune enquête ne soit menée par les autorités algériennes, pourtant juridiquement et légalement responsables des camps.

Aux yeux de M. Zidane, cette situation alarmante illustre les limites du système international des droits de l’homme en matière de protection des victimes. D’où l’appel urgent à la communauté internationale pour mettre fin à cette anomalie humanitaire, enquêter sur les violations, traduire les coupables en justice et indemniser les victimes, estimées par centaines.

L’ancien détenu a aussi interpellé la communauté internationale sur la nécessité de faire pression sur l’Algérie afin qu’elle assume pleinement ses responsabilités et mette fin à la délégation de sa juridiction sur une partie de son territoire au profit du Polisario. Il a salué, par ailleurs, l’engagement du Maroc en faveur de la protection des droits humains.

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