Jeff Bartos, représentant américain chargé de la gestion et de la réforme de l’ONU, a accusé lundi F. Albanese de nourrir de la haine envers les États-Unis, l’Occident, Israël et le peuple juif. « [L’ONU] permet à une charlatane de souiller l’uniforme onusien — alors même qu’elle attise les conflits que cette organisation a été créée pour résoudre — et alors même que ses propos se retrouvent dans les slogans scandés par des terroristes », a-t-il déclaré.
Il a prétendu que des collègues au sein de l’ONU avaient exprimé, en privé, des points de vue similaires, qualifiant Mme Albanese et d’autres personnes comme elle de « poison institutionnel » et affirmant qu’elles ne « servent à rien ».
F. Albanese est une universitaire et juriste internationale italienne, spécialisée dans les droits de l’homme et l’Asie de l’Ouest. Depuis mai 2022, elle occupe le poste de rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967. La rapporteuse de l’ONU a publié plusieurs rapports sur la crise humanitaire en Palestine et a qualifié l’agression israélienne contre les Palestiniens de « génocide le plus cruel de l’histoire moderne ». Le 26 mars 2024, elle a présenté le rapport intitulé « Anatomie d’un génocide » devant la 55e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève. Elle y a affirmé qu’il existait des motifs raisonnables de croire qu’Israël commettait intentionnellement des actes de génocide à l’encontre des Palestiniens à Gaza. Le 23 mars 2026, elle a publié un rapport sur la situation des droits de l’homme en Palestine, intitulé « Torture et génocide ». Elle y a décrit les actes de torture qu’Israël inflige systématiquement aux Palestiniens depuis le 7 octobre 2023. Elle a précisé que, depuis octobre 2023, les Israéliens soumettent systématiquement les Palestiniens à la torture, une pratique devenue partie intégrante de ce qu’elle qualifie de « génocide colonial de peuplement».
Bref, autant de signes d’incontinence mentale, selon les Américains qui cherchent à museler tous ceux qui s’en prennent à l’entité sioniste et à ses dérives meurtrières en Palestine occupée, mais aussi au Liban, en Syrie et en Iran.
Enquête allemande
Suite aux révélations du documentaire israélien NASA, le magazine allemand Der Spiegel a réalisé une enquête auprès de 10 soldats israéliens qui ont révélé un schéma systématique d’extermination et de vengeance contre les civils pendant la guerre génocidaire à Gaza. Intitulée « La règle était : Tirez sur tous ceux que vous voyez », l’enquête publiée le 11 octobre s’est basée sur des témoignages recueillis par l’organisation israélienne Breaking the Silence après un examen approfondi et indépendant. Elle révèle les tactiques pour le meurtre délibéré de centaines de civils aux points de passage et aux frontières de la Ligne jaune, sans aucune raison militaire ni menace imminente pour la sécurité.
L’un des soldats de réserve, David, évoque des ordres explicites de détruire les immeubles de grande hauteur à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, et de tuer tous ceux qui seraient repérés. Un autre soldat Yuval, a rapporté une visite du plus ancien soldat de réserve, Ezra Yachin (90 ans), l’un des participants au massacre de Deir Yassin en 1948. Ce dernier a incité les soldats à ne faire preuve d’aucune pitié et de tuer chaque Palestinien en âge de combattre, même s’il était accompagné d’un enfant, soulignant que la plupart des pratiques visaient à satisfaire un pur désir de vengeance sans aucune justification militaire.
L’enquête a mis au jour la doctrine des opérations à travers le concept de « criminalisation rétroactive », selon les propos du soldat Tal, citant le double attentat à la bombe contre le complexe médical Nasser le 25 août 2025, qui a tué 22 civils, dont 5 journalistes et ambulanciers, en direct à la télévision, avant de requalifier faussement les victimes rétroactivement en « combattants » pour dissimuler le crime. De même, l’opérateur de drones Yaïr a révélé que la marge de mortalité autorisée passait de 5 à 20 civils par cible, les autorisations étant accordées en quelques secondes.
Ces déclarations concordent avec le témoignage de l’officier de renseignement Noam selon lequel le chef d’état-major avait autorisé de tuer 300 civils pour assassiner un chef du camp de Jabalia, dans le nord, autorisation qui était exprimée par le terme militaire hébreu NASA, signifiant « dommages collatéraux ».
Depuis octobre 2023, Israël a tué plus de 74.000 Palestiniens et en a blessé plus de 175.000 au cours de sa guerre génocidaire à Gaza. Ce conflit a également provoqué des destructions massives, touchant près de 90 % des infrastructures civiles du secteur et nécessitant des investissements en matière de redressement et de reconstruction estimés par les Nations Unies et l’Union européenne à environ 71,4 milliards de dollars. Lundi, la Commission internationale indépendante d’enquête des Nations unies a de nouveau accusé Israël de poursuivre le génocide à Gaza, même après le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, et de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans les territoires palestiniens occupés.

