Le Maitre du Kremlin accueillera du 28 au 30 octobre à Moscou les dirigeants de 22 pays africains dans le cadre du troisième sommet Russie-Afrique. Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du chef de l’Etat russe, a annoncé lundi un programme de 24 entretiens bilatéraux, dont les rencontres prévues en marge du sommet du Forum des pays exportateurs de gaz, le 27 octobre. Cinq rendez-vous sont programmés le 27 octobre avec les présidents du Mozambique, de la Guinée équatoriale et de l’Iran, ainsi qu’avec l’émir du Qatar et le président du Conseil présidentiel libyen. Le 28 octobre, V. Poutine doit recevoir les dirigeants de l’Égypte, de l’Éthiopie et de la République du Congo. Les discussions doivent se poursuivre le 29 octobre avec les dirigeants du Burundi, de la Namibie, du Kenya, du Soudan, de Madagascar et du Zimbabwe. Le lendemain, le chef de l’État russe doit notamment s’entretenir avec ceux du Ghana, du Mali, de la Mauritanie, du Soudan du Sud, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Togo, de l’Érythrée, de la Somalie et des Comores.
Les rencontres permettront d’examiner les priorités des relations bilatérales et les possibilités de nouveaux projets économiques et énergétiques. Selon I. Ouchakov, le programme a été spécialement organisé pour que V. Poutine puisse rencontrer les dirigeants de chaque pays africain représenté au plus haut niveau. Au total, 48 des 54 pays africains ont confirmé leur participation au sommet. V. Poutine coprésidera la séance plénière des dirigeants avec son homologue burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine. Placé sous la devise « Pour la paix, la sécurité et le développement », le sommet doit accorder une place centrale à l’agriculture, à l’énergie, aux investissements, aux infrastructures et aux technologies. Moscou entend notamment promouvoir une coopération fondée sur le respect de la souveraineté nationale et sur un accès équitable des pays africains aux ressources, aux denrées alimentaires, aux engrais et aux technologies modernes.
Parallèlement aux échanges diplomatiques, le Forum économique et humanitaire Russie-Afrique ouvrira ses travaux le 28 octobre. Environ 4 000 entrepreneurs russes et africains y ont été invités, tandis que plus de 40 événements professionnels doivent permettre d’examiner des projets communs. Le 29 octobre, deux séances plénières se tiendront au Grand Palais du Kremlin. D’après I. Ouchakov, le leader russe y présentera notamment la vision de Moscou d’un ordre mondial multipolaire, fondé sur l’égalité entre États souverains, ainsi que le rôle que la Russie entend accorder à l’Afrique dans les relations internationales. Les participants devraient adopter une déclaration commune, un plan d’action pour 2027-2029 et une déclaration sur la coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle. La signature de 33 documents, comprenant des accords intergouvernementaux, des mémorandums et des contrats commerciaux, est aussi attendue. Le troisième sommet s’inscrit dans la continuité des rencontres de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023. Lors de l’édition de 2023, 17 pays africains étaient représentés par leurs chefs d’État, contre 22 annoncés en 2026, selon I. Ouchakov.
Contacts sur la Baltique et l’Antarctique
Mardi, V. Poutine a eu une conversation téléphonique avec Alexander Stubb, président de la Finlande, et Jonas Gahr Støre, Premier ministre de la Norvège. L’appel a eu lieu à l’initiative de la Finlande et de la Norvège. La présidence finlandaise a annoncé qu’avant l’appel, des consultations avaient été menées avec l’Ukraine. « La discussion a été franche et approfondie. Nous sommes des pays voisins de la Russie. L’issue de cette guerre aura un impact direct sur notre sécurité et celle de l’Europe en général. Mettre fin à la guerre nécessite des discussions directes », a déclaré le président finlandais. Les questions liées à la stabilité dans la région de la mer Baltique et dans l’Arctique ont aussi été abordées, indiquent les communiqués finlandais et norvégien. Les deux dirigeants ont souligné qu’ils avaient participé à la conversation en tant que dirigeants de leurs pays, et non en tant que représentants de l’Europe.
La partie russe a précisé que l’échange a porté sur le règlement de la crise ukrainienne, en tenant compte des négociations de V. Poutine avec Steve Witkoff, envoyé spécial du président des États-Unis, à Saint-Pétersbourg, le 21 octobre, ainsi que des contacts à Oslo entre Alexander Stubb, Jonas Gahr Støre, l’émissaire américain et le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky. Les participants à l’appel ont salué l’accord conclu sur la reprise des négociations trilatérales entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis, visant notamment à assurer la sécurité de la Russie et de l’Ukraine après la cessation complète des hostilités. V. Poutine a évalué la situation actuelle dans la zone de conflit en Ukraine, en rappelant ce qu’il présente comme les causes profondes de la crise. Il a souligné qu’une paix juste et durable n’est possible que si les intérêts légitimes de la Russie sont pleinement et inconditionnellement pris en compte. Il a aussi dénoncé la politique conflictuelle des pays de l’Union européenne et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, qui conduit selon lui à une prolongation des hostilités.
Les questions de sécurité et de stabilité dans les régions de la mer Baltique et de l’Europe du Nord ont aussi été abordées, selon la partie russe. Le président finlandais et le Premier ministre norvégien ont rappelé l’importance de respecter le droit maritime international et le principe de la liberté de navigation. Le président russe a informé ses interlocuteurs du lancement, avec la médiation des États-Unis, d’une opération humanitaire dans la région d’Alechki, localité sous contrôle russe, ainsi que de l’instauration à cet effet d’un « régime de silence » temporaire dans le secteur de Kherson. Les trois hommes ont convenu de maintenir des contacts téléphoniques directs.

