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Terres rares : Pékin durcit les règles d’exportation

by Perspectives Med
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Terres rares : Pékin durcit les règles d’exportation

Un nouveau règlement donne à Pékin davantage de moyens pour encadrer l’exploitation de ressources jugées essentielles à l’économie et à la sécurité nationale. Les autorités pourront notamment contrôler les volumes de production, surveiller les investissements étrangers dans le secteur et constituer des réserves stratégiques.

Officiellement, l’objectif est de protéger des ressources limitées et de garantir l’approvisionnement du pays. Mais cette réforme s’inscrit aussi dans un contexte de rivalité technologique croissante avec les États-Unis.

Les minerais critiques sont devenus indispensables à la fabrication des batteries, des semi-conducteurs, des éoliennes ou encore de certains équipements militaires. Or, la Chine occupe déjà une position dominante dans plusieurs chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment pour les terres rares et leur raffinage.

Le texte prévoit également des mécanismes permettant à l’État d’intervenir plus directement en cas de perturbation de l’approvisionnement ou de crise.

Pour Washington et Bruxelles, qui cherchent depuis plusieurs années à réduire leur dépendance aux matières premières chinoises, cette réforme confirme une tendance de fond : Pékin considère désormais les minerais stratégiques comme des actifs de sécurité nationale autant que comme des ressources économiques.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE)a constaté des progrès. Nickel, cobalt ou graphite… de nombreux projets ont été annoncés ces dernières années. « L’offre attendue est en bonne voie pour répondre aux besoins d’ici 2035 », rassure un expert de l’agence. Cependant, « des déséquilibres se profilent à l’horizon » pour d’autres minerais comme le cuivre et le lithium.

Le deuxième enjeu, c’est la concentration des régions de traitement et de raffinage de ces minerais. Dans ce domaine, pas de progrès. Un seul fournisseur dominant, toujours le même : l’Empire du Milieu.

L’AIE réalise le suivi de 20 minerais stratégiques utilisés dans le secteur de l’énergie, des technologies de pointe et de l’aérospatial. Son constat : la Chine domine le raffinage de 19 d’entre eux et représente 70 % des parts de marché. Ce qui est inquiétant, c’est que cette concentration augmente même d’année en année. 2025 a marqué par ailleurs un tournant. Des restrictions sur les exportations ont été annoncées par les fournisseurs dominants, qu’ils soient chinois ou non. Sur les 20 minerais scrutés, 11 font déjà l’objet de limitations.

L’exemple des aimants est très parlant. Présents dans certaines technologies de la transition écologique, comme les moteurs des éoliennes, ils sont également indispensables dans des produits du quotidien, comme les véhicules thermiques. Ils servent pour le contrôle de la direction assistée, du freinage, pour les vitres… Indispensables donc, mais tous sont produits en Chine.

En avril 2025, quand Pékin a annoncé des restrictions aux exportations, les constructeurs européens et américains se sont retrouvés en grande difficulté. Cette restriction a finalement été mise en pause jusqu’à novembre 2026. Mais si la Chine mettait à nouveau ces menaces à exécution, l’AIE a estimé que les conséquences pour les secteurs qui dépendent de ces aimants se chiffreraient de l’ordre de 6,5 trillions de dollars.

Pour faire face à cette dépendance, il faut donc identifier des filières et les contrôler de A à Z, de la mine au produit fini. Et ce n’est pas si simple. Il y a des limites à l’accès aux minerais mais aussi aux technologies. Les limites sont aussi financières : impossible même à l’échelle européenne d’industrialiser l’ensemble des filières. Dans un schéma où, quoi qu’il en soit, la Chine vend souvent en dessous du coût de production. Difficile donc de motiver les investissements quand on sait qu’on ne sera pas compétitif.

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