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Tension en Cisjordanie : Les Palestiniens en grève après le décès en prison de N. Abu Hamid

Dans les grandes villes palestiniennes de Cisjordanie, une grève générale a été observée mardi pour dénoncer le décès du célèbre prisonnier palestinien Nasser Abu Hamid, cofondateur de la Brigade des martyrs d'Al-Aqsa, branche armée du Fatah.
Les Palestiniens en grève après le décès en prison de N. Abu Hamid

N. Abu Hamid est mort mardi 20 décembre au matin en prison où il croupissait depuis 20 ans. L’état du prisonnier palestinien s’était gravement détérioré ces derniers jours. Lundi après-midi, le défunt avait été transféré de la clinique de la prison de Ramleh en Israël jusqu’à l’hôpital et une visite avait été organisé pour que sa famille puisse le voir, mais il était déjà dans le coma. À 50 ans, ce Palestinien du camp d’al-Amari près de Ramallah était derrière les barreaux israéliens depuis 2002 et condamné à perpétuité pour « meurtres et tentatives de meurtres »au cours de la seconde Intifada. En 2021, alors qu’il avait été diagnostiqué d’un cancer du poumon à un stade avancé, des officiels et des défenseurs des droits palestiniens avaient appelé à sa libération, en vain. Sa mère évoque un moment « extrêmement difficile », mais précise qu’elle a« eu la chance de pouvoir lui dire au revoir et de prier pour lui ». Mohammed Shtayyeh, Premier ministre palestinien, dénonce une « politique de négligence médicale délibérée de l’administration pénitentiaire » et tient Israël pour responsable de sa mort.

Selon des défenseurs des droits des prisonniers, les autorités carcérales israéliennes retardent régulièrement les examens médicaux et « les douleurs à la poitrine de Nasser Abu Hamid avaient été ignorés pendant des mois », affirme Abdullah al-Zaghari, chef de la Société des prisonniers palestiniens. « Les avocats d’Abou Hamid se battaient pour qu’il soit libéré pour qu’il reçoive un traitement approprié. Ils ont demandé cinq fois aux tribunaux israéliens de le libérer, cinq fois ils ont refusé », ajoute-t-il.

Une situation que dénonce Laila Ghannam gouverneure de Ramallah. « Certains disent que c’est une négligence médicale, mais ce n’est pas le cas, c’est un meurtre médical, un meurtre pour tous nos prisonniers. Le monde devrait prendre position, notamment ceux qui prétendent respecter la démocratie et les droits de l’homme », a-t-elle déclaré.

L’administration carcérale israélienne réfute ces affirmations et souligne que « le prisonnier a été traité consciencieusement et continuellement par le personnel médical pénitencier. »

En hommage au prisonnier, à Ramallah, Naplouse, Jénine, Bethléem, les rues étaient vides. Les commerces avaient fermé leurs portes, tout comme les restaurants, cafés, institutions culturelles et écoles. Et des dizaines de militants armés ont défilé dans les villes. Depuis 1967, plus de 70 Palestiniens sont décédés dans les prisons israéliennes par « négligence médicale », estiment la Société des Prisonniers Palestiniens.

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