Home MondeRusses et Ukrainiens à Istanbul : Du grain à moudre pour la diplomatie turque

Russes et Ukrainiens à Istanbul : Du grain à moudre pour la diplomatie turque

by Perspectives Med
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« Il a été convenu que les délégations de la Russie et de l’Ukraine se rencontreraient de nouveau en Turquie la semaine prochaine », a déclaré dans un communiqué de Hulusi Akar, ministre turc de la Défense, après une première session sur le sujet mercredi à Istanbul entre ces deux délégations depuis leur précédente rencontre en mars.

H. Akar a souligné que les délégations composées d’experts de la défense des deux pays belligérants s’étaient entendues sur des« contrôles communs »dans les ports et sur les moyens de « garantir la sécurité des voies de transfert » des marchandises à travers la mer Noire. Selon le ministre, un accord final sur le déblocage d’environ 20 à 25 millions de tonnes de céréales actuellement immobilisées dans les ports ukrainiens pourrait être annoncé la semaine prochaine.

« Au cours de cette réunion, que nous aurons la semaine prochaine, tous les détails seront revus une fois de plus et (un document sur) le travail que nous avons fait sera signé », a encore dit H. Akar.

L’Ukraine est l’un des principaux exportateurs mondiaux de blé et d’autres produits agricoles, et le temps presse, face à la hausse mondiale des prix des denrées alimentaires qui fait peser des risques de famine, en particulier en Afrique.

La Russie a réitéré mardi son exigence de voir le chargement des navires inspecté. « Nos conditions compréhensibles comprennent la possibilité de contrôler et fouiller le navire pour éviter la contrebande d’armes et un engagement de Kiev à ne pas organiser de provocations », a prévenu un responsable du ministère des Affaires étrangères.

Selon le site d’information po russe Kompromatmedia, Kiev est aussi en passe de perdre la bataille du blé, consistant à utiliser la nourriture comme arme en sabotant l’approvisionnement mondial. La Russie pourrait à terme contrôler l’«Ukraine utile» au sud et à l’est, où 50% du blé ukrainien est produit.

Dans un entretien au quotidien espagnol El Pais publié mercredi, Dmytro Kouleba, chef de la diplomatie ukrainienne, est apparu relativement confiant sur l’issue de ce nouveau rendez-vous. « Nous sommes à deux doigts d’un accord », estime-t-il. « Maintenant tout dépend de la Russie ». Mais le même responsable a dit soupçonner Moscou de bloquer les discussions pour priver Kiev de revenus. « Ils savent que si nous exportons, nous recevrons des fonds des marchés internationaux et cela nous renforcera ».

La Turquie, membre de l’Otan et alliée des deux parties en conflit, multiplie les efforts diplomatiques pour faciliter la reprise des livraisons. Des responsables turcs ont assuré disposer de 20 navires marchands qui attendent actuellement en mer Noire et pourraient être rapidement chargés de céréales ukrainiennes. Jusqu’à présent les efforts turcs, conduits à la demande de l’ONU, n’ont pas permis de débloquer la situation.

La venue début juin à Ankara du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov n’avait permis aucune avancée, en l’absence de toute représentation ukrainienne.

Le président turc se pose en médiateur entre les deux pays depuis le début du conflit, prenant soin cependant, tout en fournissant des drones de combat à l’Ukraine, de ne pas froisser Moscou. La Turquie et son économie en difficulté, avec une inflation record de 79% sur un an, dépendent étroitement des échanges avec la Russie et du gaz russe. L’Ukraine a dénoncé plusieurs fois les navettes de cargos turcs à travers la mer Noire, depuis et vers les ports ukrainiens sous contrôle russe.

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