Portées notamment par les recettes du tourisme et les exportations de phosphates, les réserves de changes marocaines ont enregistré ainsi la plus forte hausse annuelle depuis 2021 et consolident la position du Maroc parmi les économies africaines les plus solides en matière de devises.
Le rapport de la Banque africaine d’import-export indique que ces réserves couvrent des importations à 6,2 mois, bien au-dessus de la moyenne africaine de 4,9 mois. Par ailleurs ce niveau se voit supérieur au seuil de 3 mois généralement considéré comme un minimum de sécurité par les institutions internationales.
Avec ces indicateurs, le Maroc représente près de 9,4% du total des réserves de change détenues par le continent africain et signe une place de choix parmi les meilleures économies africaines en s’adjugeant la 5ème place au niveau continental malgré qu’il ne soit pas producteur et exportateur de pétrole.
Naturellement les premières places du classement africain sont détenues par les pays exportateurs de ressources naturelles. Elles sont signées par la Libye (87,9 milliards de dollars), l’Afrique du Sud (75,9 milliards) grâce au charbon et aux minerais, l’Algérie (52 milliards) et l’Égypte (51,4 milliards). Le Maroc devance toutefois le Nigeria, (46 milliards de dollars), première économie d’Afrique en termes de PIB et premier producteur de pétrole du continent.
Le rapport note qu’en 2025, le total des réserves de change détenues par l’ensemble des pays africains s’élevait à 515,2 milliards de dollars, enregistrant une amélioration de 9,8% par rapport à l’année précédente qui avait cumulé 469,2 milliards de dollars de réserves.
En prenant la 5ème place africaine sans être producteur de pétrole, le Maroc se pose en exemple en matière de politique macroéconomique, et cela s’est notamment reflété sur son nombre de mois d’importations couvertes, au-dessus des moyennes régionales, établi à 6,2 mois d’importations, contre 5,5 mois en 2024 et au-dessus des 3 mois recommandés.
Cette performance ne s’est pas faite facilement, elle a connu des périodes de recul notamment en 2022 où les réserves ont atteint 32,3 milliards de dollars contre 35,6 milliards de dollars en 2021, soit une baisse de 9,3%, dans le contexte de la guerre en Ukraine et la hausses des prix de l’énergie (gaz et pétrole).
Le Maroc a ensuite connu une embellie à partir de 2023 avant de prendre son élan en 2025. Ainsi les réserves ont atteint 36,3 milliards de dollars, soit une amélioration de 12,4% par rapport à l’année précédente, pour atteindre les 37,1 milliards de dollars en 2024.
Ces performances reviennent largement à la reprise de l’économie mondiale post pandémie du covid-19 en 2021, qui avait laissé une partie du monde dans le doute, en perturbant profondément les échanges internationaux et les flux financiers.
Le tourisme et les exportations de phosphates figurent parmi les principaux moteurs de cette progression, en générant d’importantes entrées de devises. À cela s’ajoutent la résilience des transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE), ainsi que le développement de plusieurs secteurs exportateurs, qui ont contribué à renforcer les entrées de devises et de porter les réserves de change du Royaume à ce niveau inédit en 2025.

