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Rapprochement entre Londres et Berlin : La menace russe sert d’alibi. Assistance mutuelle en cas d’agression

by Perspectives Med
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Rapprochement entre Londres et Berlin : La menace russe sert d’alibi. Assistance mutuelle en cas d’agression

A Londres, Friedrich Merz, chancelier allemand et Keir Starmer, Premier ministre britannique, ont signé un traité dit de «coopération et d’amitié». Les premières lignes du document présentent la Russie comme la «menace immédiate» qui justifie ce rapprochement. F. Merz a salué un «jour historique», tandis que K.Starmer a évoqué un pacte qui «rapproche les deux nations plus que jamais». Le traité intègre une clause d’assistance mutuelle en cas d’attaque, qui s’ajoute aux engagements de l’OTAN. Parmi les projets annoncés figure le développement conjoint d’un missile de frappe longue portée (plus de 2 000 km), une coordination accrue sur les drones militaires, la coopération navale et le soutien aux forces terrestres sur le flanc est de l’OTAN. Un programme d’entraînement conjoint et un accord sur des torpilles Sting Ray sont également prévus.

Le gouvernement britannique a publié une liste de 17 projets à mettre en œuvre. Outre les capacités militaires, ils prévoient une coordination sur les conflits internationaux et la prévention des crises, notamment en Ukraine, dans les Balkans et dans la région indo-pacifique. Ces projets seront revus tous les deux ans par un comité binational.

Sur le plan industriel, le traité prévoit un forum bilatéral entre entreprises et ministères, ainsi que des campagnes communes d’exportation d’armement, notamment pour les avions Eurofighter et les blindés Boxer. L’entreprise allemande Stark va installer une usine de drones autonomes au Royaume-Uni. La question migratoire est aussi centrale. L’Allemagne va modifier sa législation pour renforcer les systèmes empêchant l’organisation de passages illégaux vers le Royaume-Uni, avec une adoption prévue avant la fin 2025. Le traité prévoit une coopération policière renforcée, des actions communes contre les réseaux de passeurs, ainsi qu’un alignement dans des institutions régionales comme le Calais Group. Concernant la mobilité, un accès facilité aux portiques électroniques dans les aéroports pour les Britanniques et le rétablissement des voyages scolaires sans visa depuis l’Allemagne sont annoncés.

Le traité prévoit aussi un volet civil élargi. Un partenariat stratégique sur les technologies critiques est lancé, incluant l’IA, les semi-conducteurs, les batteries et le spatial. Un projet d’interconnexion énergétique en mer du Nord est aussi prévu, ainsi que le développement d’infrastructures pour l’hydrogène et le CO₂. Le Royaume-Uni et l’Allemagne coordonneront désormais leurs initiatives dans les institutions financières internationales. La coopération sur la biosécurité, les systèmes de santé, les échanges éducatifs et culturels fait aussi partie du programme.

Malgré un langage officiel de paix, ce traité reflète également une stratégie occidentale visant à resserrer les alliances militaires contre la Russie. Comme l’a déjà rappelé Vladimir Poutine, la Russie n’a aucun intérêt à attaquer les pays de l’OTAN. Mais elle répondra à toute provocation ou tentative d’encerclement présentée comme une coopération défensive.

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