Ce cadrage s’inscrit dans la logique de la réforme budgétaire fondée sur une vision pluriannuelle, visant à renforcer la lisibilité de l’action publique et à améliorer l’efficacité de la dépense. Au centre de cette feuille de route figure la poursuite des grands chantiers sociaux engagés ces dernières années. Le gouvernement entend notamment accélérer la généralisation de la protection sociale, considérée comme l’un des piliers du nouveau modèle de développement, tout en veillant à garantir la soutenabilité financière de ce dispositif.
La réforme du système de santé demeure également une priorité structurante, avec un accent mis sur la modernisation des infrastructures hospitalières, le renforcement des ressources humaines et la généralisation des groupements sanitaires territoriaux, dans une logique de proximité et d’efficacité.
Dans le secteur de l’éducation, la circulaire insiste sur la nécessité de poursuivre la transformation du système éducatif, notamment à travers l’élargissement du programme des « écoles pionnières », appelé à couvrir 80 % des écoles primaires dès la rentrée 2026-2027, avec pour objectif d’améliorer les apprentissages fondamentaux.
Au-delà des volets sociaux, l’exécutif place la question de l’emploi au cœur de ses préoccupations, en appelant à une approche globale fondée sur le soutien à l’investissement, l’accompagnement des entreprises et l’adéquation entre formation et marché du travail.
La dynamique d’investissement public devra, quant à elle, se poursuivre, notamment dans les infrastructures stratégiques liées à l’eau, aux transports et à la logistique, ainsi que dans le cadre des préparatifs liés à l’organisation de la Coupe du Monde de football 2030. La transformation numérique constitue également un axe majeur, avec l’accélération de la mise en œuvre de la stratégie « Maroc Digital 2030 », appelée à moderniser l’administration et à renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
Cette programmation intervient dans un environnement international marqué par des incertitudes persistantes, liées notamment aux tensions géopolitiques et au ralentissement de la croissance mondiale. Dans ce contexte, le gouvernement affiche une ambition mesurée, avec une croissance attendue autour de 4,2 % en moyenne sur la période 2027-2029, un taux d’inflation maîtrisé à environ 2 % et un déficit budgétaire contenu autour de 3 % du PIB.
Pour atteindre ces objectifs, la circulaire insiste sur la rationalisation des dépenses publiques, en particulier les dépenses de fonctionnement, et sur l’adoption de nouvelles pratiques de gestion fondées sur la rationalisation, la digitalisation et la mutualisation des ressources. Le gouvernement entend également améliorer l’efficacité de l’investissement public, en priorisant les projets stratégiques et en accélérant leur mise en œuvre, tout en renforçant l’approche territoriale et participative dans l’élaboration des programmes.
Dans le même esprit, la note met en avant la poursuite de la budgétisation sensible au genre, ainsi que l’introduction d’un marquage climatique des dépenses publiques, destiné à mieux mesurer leur impact environnemental.
Les propositions budgétaires des différents départements seront examinées entre le 13 avril et le 12 mai 2026, dans le cadre de commissions spécialisées pilotées par le ministère de l’Économie et des Finances. Les administrations sont appelées à soumettre leurs données via le système numérique « e-budget2 », en justifiant précisément leurs choix budgétaires.
Au final, cette programmation triennale se veut un outil structurant pour renforcer la cohérence de l’action publique et accompagner le Maroc dans ses ambitions économiques et sociales, dans un contexte où l’équilibre entre justice sociale et rigueur budgétaire s’impose comme un exercice d’équilibriste.
