Itamar Ben Gvir, ministre ultra-sioniste de la Sécurité nationale, avait demandé un vote sur une proposition contre cet accord. B. Netanyahu a indiqué qu’un tel vote n’était pas nécessaire et que l’accord avec le Hamas « n’était pas à l’ordre du jour ». Lors de cette réunion, présidée par B. Netanyahu, l’accent a été mis sur l’occupation de la ville de Gaza et sur les démarches de certains pays, dont la France, visant à reconnaître la Palestine.
L’armée d’occupation israélienne a présenté au cabinet ses plans concernant l’occupation de Gaza. Le cabinet a également examiné diverses options face aux initiatives internationales, notamment l’annexion de la Cisjordanie occupée par Israël et l’imposition de sanctions contre l’Autorité palestinienne. La guerre actuelle ne fait pas l’unanimité dans la société sioniste. Ainsi, les associations estudiantines de 70 lycées israéliens exigent que le gouvernement israélien conclue un accord d’échange de prisonniers avec le Hamas. Plus, d’après le journal Maariv, pas moins de 600 hauts responsables israéliens ont exhorté Donald Trump, allié de B. Netanyahu, à mettre fin à la guerre à Gaza. Mais c’est trop demander, Washington ayant décidé de suspendre la délivrance de visas à la plupart des détenteurs de passeports palestiniens. Cela sans parler du véto opposé au déplacement de Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne de Ramallah, pourtant très coulant avec Tel-Aviv, à New-York pour prendre part aux travaux de l’ONU. Aux USA, l’administration actuelle peine à convaincre l’opinion de la justesse de son appui inconditionnel à Tel-Aviv. Un sondage mené par l’Université de Harvard en coopération avec la Fondation Harris, confirme que 60 % des jeunes Américains préfèrent le Hamas à Israël.
A noter que 63.000 Palestiniens, dont une majorité de femmes et d’enfants, sont tombés en martyre depuis le début de la guerre génocidaire israélienne en cours contre Gaza, lancée en octobre 2023. Les forces d’occupation ont par ailleurs bombardé l’hôpital des martyrs d’Al-Aqsa à Deir al-Balah. Le bilan des victimes du génocide mené par l’armée sioniste, dans un silence arabo-usulman des plus assourdissants, ira s’alourdissant au fil des jours. D’autant que l’occupation empêche l’entrée de 430 types d’aliments de base nécessaires aux enfants, aux malades et aux affamés. Le Bureau des médias du gouvernement à Gaza a relevé que 534 camions d’aide sont entrés dans la bande de Gaza en cinq jours, sur un total prévu de 3 000. Plus grave, Israël va bientôt ralentir ou arrêter son aide au nord de Gaza, rapporte Associated Press. Par ailleurs, une nouvelle souche d’un virus aux symptômes similaires au COVID-19 se propage parmi la population, notamment les enfants, mais il est plus mortel en raison de la malnutrition et de la famine.
Dans ce triste panorama, le président du Conseil européen qualifie la situation dans la bande de Gaza de catastrophe humanitaire, réclame un cessez-le-feu immédiat, l’entrée de l’aide et l’arrêt des activités de colonisation, tout en soutenant la solution à deux États. Si la Slovénie envisage de se joindre au procès intenté par l’Afrique du Sud contre Israël, depuis la Chine, l’Organisation de Shanghai (OCS) s’est contentée, elle, de « condamner fermement » les dommages civils à Gaza.
Les Chariots calent
En cette période de veillée d’armes, les médias israéliens se sont penchés sur les raisons de l’échec de l’opération sioniste Chariots de Gédéon dans la bande de Gaza et les plans préconisés après l’occupation de Gaza-ville. Ainsi, Channel 12 a rapporté qu’un document militaire interne secret a reconnu l’échec de l’opération qui avait pour objectif de soumettre le Hamas et de récupérer les captifs israéliens. La même source a indiqué que le document révélait que, parmi les raisons de l’échec de l’opération, figuraient une planification hasardeuse et l’inadéquation de ce type d’opération au style de combat du Hamas.
Selon cette chaîne, le document confirme qu’Israël a commis toutes les erreurs possibles, notamment en ne précisant pas le calendrier de l’opération.
Début mai 2025, le Cabinet de sécurité israélien a approuvé Chariots de Gédéon qui visait à remporter une victoire militaire et politique dans la bande de Gaza grâce à une opération organisée en trois étapes. Ce plan prévoyait l’utilisation de cinq points de pression contre le Hamas afin de le contraindre à accepter un accord d’échange de prisonniers et à démanteler son infrastructure militaire. L’armée israélienne a mobilisé des dizaines de milliers de soldats de réserve pour l’opération.
En annonçant cette opération, B. Netanyahu avait alors expliqué qu’elle constitue « un tournant militaire ». L’armée va abandonner les opérations de raid pour une « occupation du territoire et une présence israélienne durable à Gaza » . « Une chose sera claire : il n’y aura pas d’entrée et de sorties », a confirmé B. Netanyahou dans une vidéo publiée sur X. « Nous appellerons des réservistes pour qu’ils viennent et qu’ils tiennent le territoire. Nous n’allons pas entrer puis sortir de la zone, pour ensuite effectuer des raids. »
Les Chariots de Gédéon font référence à un guerrier biblique qui, avec seulement 300 combattants, a anéanti les Madianites, une tribu nomade arabe. Le Premier ministre a qualifié à plusieurs reprises son plan de « phase finale » de la guerre.
Pour sa part, le Haaretz a révélé les derniers détails du plan d’occupation de la ville de Gaza, en application aux propositions de B. Netanyahu : les personnes déplacées de cette ville se verront attribuer un numéro plutôt qu’un nom pour leur identification à leur arrivée dans les camps « Sde Teiman 2 », situés sur l’axe Morag (Philadelphi 2), au sud de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.
De nombreuses tentes seront installées à l’intérieur des camps, et les forces de sécurité confisqueront les téléphones de tous les résidents et empêcheront toute communication ou photographie.
Outre toutes ces mesures, l’armée d’occupation, selon le journal, s’efforcera d’empêcher l’accès aux camps aux organisations humanitaires, de défense des droits humains et aux médias. Ces camps peuvent durer jusqu’à trois ans, et les observateurs les comparent aux camps de concentration nazis utilisés par Adolf Hitler contre les Juifs pendant le régime nazi en Allemagne.
A noter que le plan d’occupation de Gaza est divisé en quatre phases principales, selon les plans de l’armée israélienne :
Établissement de centres de rassemblement : Cela comprend la création de complexes d’hébergement temporaire dans le sud de la bande de Gaza, équipés de tentes, d’eau, de cliniques et d’aide alimentaire.
Évacuation massive : Une évacuation massive de la ville de Gaza, dont la population actuelle est estimée à plus de 800 000 civils, devrait commencer d’ici environ deux semaines.
Encerclement et siège : La ville sera entièrement encerclée et isolée des zones environnantes, notamment des camps de réfugiés centraux et du secteur d’al-Mawassi, par la réouverture de l’axe Netzarim et le lancement de manœuvres terrestres visant à isoler la ville du reste de la bande de Gaza, tout en poursuivant les opérations d’évacuation.
Incursion et occupation progressives : Les forces israéliennes entreront progressivement dans la ville, appuyées par des frappes aériennes intensives, afin de prendre le contrôle total de Gaza, en mettant l’accent sur la pression humanitaire exercée sur les personnes déplacées et en organisant des opérations de déplacement forcé.
Le Washington Post a rapporté que l’administration Trump envisage un plan global d’après-guerre pour Gaza. Il prévoit que les États-Unis administrent la bande de Gaza pendant au moins dix ans, transfèrent temporairement les résidents et la transforment à terme en station touristique et centre industriel. Selon le journal US, ce plan de 38 pages prévoit qu’environ deux millions de Palestiniens quitteraient « volontairement » Gaza pour d’autres pays ou des zones spécifiques de la bande de Gaza pendant la période de reconstruction.
Reuters a précédemment fait état d’un projet de construction de camps de grande envergure, appelés « zones de transit humanitaire », à l’intérieur et éventuellement à l’extérieur de Gaza pour héberger les résidents palestiniens.
Ce plan, baptisé Fonds pour la reconstruction, l’accélération économique et la transformation de Gaza, a été élaboré par la Fondation humanitaire pour Gaza, soutenue par Washington, qui coordonne ses activités avec l’armée israélienne et fait appel à des sociétés privées américaines de sécurité et de logistique pour acheminer l’aide alimentaire.
Le plan prévoit également que chaque propriétaire foncier recevra un « code numérique » représentant le droit de réaménager sa propriété, tandis que chaque Palestinien quittant Gaza recevra 5 000 dollars en espèces, en plus d’une aide financière pour couvrir quatre années de loyer, et de la nourriture sera fournie pendant une année entière.
