Selon un communiqué officiel du ministère égyptien, B. Abdelatty a eu des entretiens téléphoniques avec les ministres des Affaires étrangères du Qatar (Mohammed ben Abdelrahman), de Jordanie (Ayman Safadi), de Bahreïn (Abdullatif al-Zayani), d’Algérie (Ahmed Attaf), d’Oman (Badr ben Hamad al-Busaidi), du Koweït (Abdullah al-Yahya) et du Maroc (Nasser Bourita). Ces échanges s’inscrivent dans le cadre de la coordination et de la concertation entre l’Égypte et les pays frères du monde arabe.
B. Abdelatty a abordé avec ses pairs les derniers développements à Gaza, soulignant les efforts conjoints déployés par l’Égypte, le Qatar et les États-Unis pour rétablir un cessez-le-feu, libérer un grand nombre d’otages, mettre fin à l’effusion de sang palestinienne et faciliter l’acheminement urgent de l’aide humanitaire dans l’enclave.
Enfin, le chef de la diplomatie égyptienne a évoqué les préparatifs d’une conférence internationale pour la reconstruction de Gaza, que l’Égypte prévoit d’accueillir en coopération avec le gouvernement palestinien et les Nations Unies, dès qu’un cessez-le-feu sera conclu.
Le président américain avait annoncé qu’Israël avait accepté les conditions nécessaires à un cessez-le-feu de 60 jours dans la bande de Gaza. Donald Trump avait également indiqué que le Qatar et l’Égypte, qui jouent le rôle de médiateurs, allaient soumettre au Hamas une « offre finale » pour conclure l’accord.
De son côté, le mouvement Hamas a déclaré avoir transmis une « réponse positive » à cette proposition, se disant prêt à entamer les négociations nécessaires à sa mise en œuvre.
Cependant, Tel Aviv a jugé « inacceptable » l’amendement apporté par le Hamas à l’offre formulée par le Qatar. Malgré cette position, une délégation israélienne s’est rendue à Doha pour poursuivre les pourparlers.
Les négociations en cours dans la capitale qatarie auraient permis de surmonter une grande partie des divergences, selon des sources. Toutefois, un point d’achoppement majeur subsiste : l’insistance d’Israël à maintenir son occupation dans le couloir de Morag, qui sépare les villes de Rafah et Khan Younes, au sud de la bande de Gaza.
Levée d’embargo ?
Depuis vienne, Gideon Sa’ar, ministre israélien des Affaires étrangères, a affirmé jeudi que Tel-Aviv avait pris des mesures pour améliorer la situation humanitaire dans la bande de Gaza assiégée. « À l’issue de notre dialogue avec l’Union européenne, le cabinet de sécurité a adopté de nouvelles décisions visant à améliorer la situation humanitaire à Gaza », a déclaré à la presse ce responsable israélien aux côtés de ses homologues allemand et autrichien, Johann Wadephul et Beate Meinl-Reisinger.
Selon lui, « ces décisions incluent davantage de camions, plus de points de passage et de nouvelles voies pour l’acheminement de l’aide humanitaire ».
L’Union européenne a trouvé un accord avec Israël pour étendre l’aide humanitaire à Gaza, a annoncé jeudi la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. « Cet accord signifie que davantage de points de passage seront ouverts, que plus de camions d’aide et de nourriture entreront dans la bande de Gaza », a assuré K. Kallas sur X. L’accord prévoit notamment une « augmentation substantielle du nombre de camions transportant quotidiennement des produits alimentaires et non alimentaires entrant à Gaza », ainsi que l’ouverture de « nouveaux points de passage » au nord et au sud de l’enclave palestinienne.
La réouverture des voies d’acheminement de l’aide jordanienne et égyptienne et la « possibilité de distribuer des produits alimentaires par l’intermédiaire des boulangeries et des cuisines publiques dans toute la bande de Gaza » figurent dans ce texte, selon le communiqué diffusé par K. Kallas. La reprise des livraisons de pétrole au profit des organisations humanitaires et la reprise de la fourniture d’électricité à l’usine de désalinisation de l’eau sont également prévues.
Il est entendu, ajoute la cheffe de la diplomatie européenne, que l’aide à grande échelle doit être distribuée directement à la population et par ailleurs des mesures seront prises pour empêcher le détournement par le Hamas.
Cet accord survient après plusieurs semaines de tensions au moment où l’Union européenne étudie la suspension de l’accord d’association avec Israël. La suspension est réclamée à cor et à cri par plusieurs pays dont la Belgique, l’Espagne et l’Irlande.
Depuis le 2 mars, Israël maintient les points de passage vers Gaza fermés à l’acheminement de nourriture, de médicaments et d’aide humanitaire, aggravant une crise déjà dramatique pour les 2,4 millions d’habitants de l’enclave palestinienne. Le blocus a plongé la région dans une situation proche de la famine, avec de nombreux décès signalés en raison de la faim et autres maladies.
Le ministre israélien a par ailleurs affirmé qu’Israël était « sérieux » quant à la conclusion d’un cessez-le-feu et d’un accord d’échange de prisonniers avec le Hamas. « Selon le cadre proposé, si une trêve temporaire est conclue, nous entamerons des négociations en vue d’un cessez-le-feu permanent », a-t-il indiqué.
Mercredi, le Hamas a annoncé être prêt à libérer 10 captifs vivants en signe de « flexibilité » dans le cadre des négociations pour parvenir à une trêve à Gaza.
De son côté, le président américain a déclaré que son administration était « très proche d’un accord » de cessez-le-feu à Gaza alors que les négociations indirectes entre le Hamas et Israël se poursuivent à Doha, au Qatar.
Depuis octobre 2023, l’armée israélienne a tué plus de 57 800 Gazaouis, en majorité des femmes et des enfants. Les bombardements incessants ont dévasté l’enclave, provoqué de graves pénuries alimentaires et favorisé la propagation de maladies.
A signaler que l’ONU a pu faire entrer mercredi environ 75 000 litres de carburant dans la bande de Gaza, « la première cargaison de ce type en 130 jours », a annoncé jeudi le porte-parole du secrétaire général, notant que cette quantité était largement insuffisante pour faire face aux pénuries. « Nos partenaires et nous avons besoin de centaines de milliers de litres de carburant chaque jour pour maintenir des opérations vitales et permettant de sauver des vies, ce qui veut dire que le volume entré hier n’est même pas suffisant pour couvrir un jour de besoin en énergie », a précisé Stéphane Dujarric, avertissant que des services cruciaux allaient devoir « fermer si des volumes plus importants n’entrent pas dans la bande de Gaza immédiatement ».
Tsahal trinque !
Le Yediot Ahronoth a révélé un scandale majeur qui a secoué l’armée d’occupation israélienne, impliquant des viols et des menaces sexuelles. Mercredi, le tribunal militaire israélien de la base de Beit Lid a prolongé la détention de sept soldats de l’unité de défense aérienne Arrow jusqu’à mardi prochain. Ils sont accusés de viols, de menaces et d’agressions physiques et psychologiques contre leurs collègues de l’unité, précise le journal israélien.
L’affaire porterait sur de graves abus commis contre une dizaine de jeunes soldats dans le cadre du programme de « cérémonie d’initiation ». Ces agressions comprenaient des actes sexuels, des menaces et des actes de torture psychologique, considérés comme une grave violation de l’« éthique militaire » et une violation flagrante des droits individuels.
Lors de l’audience, la juge a souligné que « l’enquête est complexe et contient de nombreux éléments de preuve constituant une base raisonnable de suspicion ». Elle a ajouté que « l’ampleur de l’affaire exige la poursuite des procédures d’enquête par crainte de les perturber », ce qui a nécessité la prolongation de la détention des soldats.
L’enquête a été ouverte suite à une plainte déposée par un soldat israélien le mois dernier, révélant l’ampleur des exactions subies par le groupe visé. La police militaire enquête également sur la possibilité que certains de ces actes se soient produits pendant l’agression contre l’Iran, au cours de laquelle l’unité Arrow était active dans des missions aériennes sensibles.
Cette affaire met une fois de plus en lumière le phénomène des « cérémonies d’initiation » forcées, qui suscite depuis longtemps la controverse au sein de l’armée israélienne, dans un contexte d’appels à la protection des nouveaux soldats.
Compte tenu du caractère sensible de l’affaire, le commandant de l’armée de l’air, le général de division Tomer Bar, suit personnellement l’affaire. L’armée israélienne a annoncé que des unités de soutien psychologique et d’escorte apportaient leur soutien aux soldats violés. Dans un communiqué officiel, le porte-parole de l’armée israélienne a déclaré : « Des soupçons de violences graves lors d’une cérémonie d’intronisation dans l’une des unités de l’armée de l’air font actuellement l’objet d’une enquête. Nous suivons de près l’affaire et appliquons une politique de tolérance zéro à l’égard de tels comportements. »
Ce scandale de plus à l’actif de l’armée sioniste n’occulte en rien ceux dont les médias israéliens se sont délectés puisqu’ils concernaient les prisonniers palestiniens. Tout au plus la presse israélienne s’est-elle contentée de crier au scandale des « fuites », sans pour autant exiger que les soldats israéliens incriminés soient poursuivis en justice.
Dans l’enclave palestinienne, au moins 47 martyrs, dont huit enfants, ont été signalés dans des frappes israéliennes. En parallèle, en Cisjordanie, les forces d’occupation israéliennes ont tué un palestinien sous prétexte d’avoir poignardé un soldat.
Les Brigades Al-Qassam, signale-t-on, assurent avoir ciblé deux chars israéliens Merkava avec des obus Al Yassin 105 et Tandom près du carrefour Cheikh Nasser, dans le centre de Khan Younes. L’armée d’occupation israélienne a annoncé la mort d’un soldat dans les combats avec la Résistance à Khan Younes, au sud de Gaza. Pour leur part, les médias israéliens ont évoqué la découverte du corps d’un soldat israélien dans le quartier Har Houma à Al-Qods occupée…
