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Marocanité de Sebta et Melilla : Pas de concession, rappelle N. Baraka depuis Rabat

by Perspectives Med
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Marocanité de Sebta et Melilla : Pas de concession, rappelle N. Baraka depuis Rabat

« Concernant notre voisin espagnol, et ce qui s’est passé à Sebta, que l’Espagne a considéré comme une question de sécurité nationale, nous disons aujourd’hui en toute franchise que l’Espagne est un partenaire essentiel pour nous, mais nous ne céderons pas un seul pouce de notre territoire national », a claironné N. Baraka lors d’une réunion du parti de l’Istiqlal, à Rabat,

La position de N. Baraka intervient après les déclarations du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, et du ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq, sur l’identité marocaine de Ceuta et Melilla, des propos qui ont suscité — et continuent d’alimenter — une vive controverse en Espagne. A. Ouahbi avait insisté sur ce qu’il a qualifié de « droits historiques » du Maroc sur les deux villes, tandis que A. Toufiq avait évoqué la « libération des deux villes occupées » — des déclarations jugées « inacceptables» par le gouvernement espagnol.

La veille jeudi, Pedro Sánchez, a indiqué jeudi devant le Congrès des députés que son gouvernement avait convoqué, le 21 août, Karima Benyaich, ambassadrice du Maroc à Madrid, afin de protester contre les propos tenus par les deux ministres marocains, affirmant que Madrid les rejetait « catégoriquement ». L’ambassadrice étant toutefois en congé, c’est Abderrahim Radi, chargé d’affaires, qui s’est rendu à la réunion en son nom. Le Chef du gouvernement espagnol lui a rappelé que l’intégrité territoriale de l’Espagne et sa souveraineté sur Sebta et Melilla constituaient une « ligne rouge », affirmant que les deux présides « resteront espagnoles pour toujours ». Il a dans le même temps réaffirmé l’importance de la coopération avec le Maroc, notamment dans la gestion des flux migratoires.

Durant cet échange, les autorités espagnoles ont exprimé au diplomate marocain leur désaccord avec les déclarations des ministres marocains concernant les Présides du Nord marocain. Madrid a fait part de son désaccord et exigé que le message soit transmis à Nasser Bourita, chef de la diplomatie marocaine.

Fin 2020 déjà, K. Benyaich avait été convoquée après des propos similaires de Saadeddine El Othmani, ex-chef du gouvernement, lors de la crise migratoire à Sebta en mai 2021. Ce qui avait poussé le Maroc à rappeler temporairement son ambassadrice. Elle n’était revenue à Madrid qu’en mars 2022, après le soutien espagnol au plan d’autonomie marocaine pour le Sahara.

Pegasus

A signaler aussi que le Parti populaire (PP) espagnol a de nouveau réclamé la « déclassification » des rapports liés à l’opération d’espionnage présumé, menée au moyen du logiciel Pegasus contre des membres du gouvernement espagnol. La formation affirme que « quelque chose » a conduit le Premier ministre à se montrer « soumis » au Maroc, et exhorte l’exécutif à faire preuve de « transparence ». Ester Muñoz, porte-parole du PP au Congrès des députés, a fait état de ces « soupçons » au regard de ce qu’elle décrit comme un « net changement de cap » du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à l’égard du Maroc, constant que le « tournant » est intervenu après le « piratage des téléphones portables », a-t-elle souligné. « Ce que le gouvernement doit faire, pour que nous n’ayons ni soupçon ni doute, c’est être transparent et déclassifier tous ces documents », a-t-elle déclaré à la radio RNE, comme l’a rapporté Europa Press.

E. Muñoz a critiqué le gouvernement pour avoir modifié sa politique étrangère sans débat au Parlement. Elle s’en est également prise à P. Sánchez, s’interrogeant sur le fait qu’il puisse « prendre tant de précautions pour ne pas offenser le Maroc », tout en ayant, dans le même temps, « offensé » le roi d’Espagne. Elle a parallèlement rejeté ce qu’elle a qualifié de « complot interplanétaire » établissant un lien entre Israël, les États-Unis et cette affaire, une thèse défendue notamment par Gabriel Rufián, porte-parole de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC).

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