Selon cette étude, menée auprès de plus de 20.000 ménages, au niveau national, le taux de handicap sévère atteint 2,3 %, avec de fortes disparités régionales et liées à l’âge. Il ressort que « le handicap augmente avec l’âge » avec un taux atteignant environ 26 % chez les personnes âgées et les femmes sont les plus touchées. Sur le plan géographique, le taux de prévalence varie de 14,2 % dans la région de Béni Mellal-Khénifra à 2,4 % dans la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab. Les maladies non héréditaires et l’état de santé constituent les principales causes du handicap, avec une proportion dépassant 56 %.
Ces chiffres ont été annoncés lors d’une conférence de presse tenue par Abdeljabbar Rachidi, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, chargé de l’Insertion sociale. La rencontre s’est déroulée en présence de représentants des agences des Nations unies et de la coopération espagnole, ainsi que de parlementaires, de cadres du ministère et de représentants d’institutions publiques ayant contribué à la réalisation de l’enquête. Il a indiqué que l’opération avait connu une évolution qualitative et de terrain sans précédent, avec un échantillon de 20.412 ménages et la mobilisation de 236 enquêteurs répartis en 47 équipes. Le taux de refus n’a pas dépassé 2 % parmi les ménages, ce qui, selon lui, témoigne de la fiabilité et de la représentativité des résultats.
Les nouvelles données statistiques, recueillies dans le cadre d’un travail lancé en janvier dernier, montrent qu’entre 2014 et 2026, le taux des personnes en situation d’handicap a augmenté de 1,9%. Mais l’impact réel apparait lorsque les chiffres correspondent à une réalité palpable, puisque ces chiffres démontrent qu’environ un ménage sur trois est désormais concerné par une situation de handicap, contre environ un ménage sur quatre lors du précédent recensement.
L’enquête souligne également d’importantes difficultés en matière de prise en charge et d’inclusion. Ainsi, seuls 29,7 % des personnes handicapées disposent d’un diagnostic médical et 65,6 % déclarent que leurs dépenses de médicaments restent à la charge de leurs familles.
Parallèlement, l’accès à l’éducation et à l’emploi reste très limité avec un taux d’emploi des personnes en situation de handicap qui ne va pas au delà de 12,7 %, avec un écart très important entre les hommes (23 %) et les femmes (4 %).
« Sans le soutien technique et méthodologique ainsi que la mobilisation sur le terrain de ces institutions, notamment du Haut-Commissariat au Plan, les résultats de cette enquête n’auraient pas vu le jour », a indiqué le responsable. Il a souligné que la hausse de l’indicateur traduit nécessairement une amélioration de la capacité statistique à identifier et mesurer le handicap, grâce à l’adoption d’une méthodologie élargie et d’outils de mesure plus précis permettant de recenser les difficultés fonctionnelles et les situations moins visibles.
Le responsable a indiqué que cette enquête s’appuyait sur plusieurs références fondamentales, notamment les orientations du Roi Mohammed VI, qui a constamment insisté sur la nécessité de promouvoir les droits des personnes en situation de handicap, ainsi que sur l’article 34 de la Constitution, l’article 31 de la Convention internationale et la loi-cadre n° 13.97.
Selon les conclusions présentées par A.Rachidi, les attentes des personnes en situation de handicap traduisent « une volonté urgente de passer des droits théoriques à leur mise en pratique ». La gratuité des soins, réclamée par plus de 77 % des personnes concernées, arrive en tête des revendications, suivie par l’octroi de bourses scolaires et la mise à disposition d’accompagnateurs pour faciliter la scolarisation, ainsi que l’application du quota d’emploi prévu par la loi afin de favoriser l’insertion professionnelle.

