Intitulée « L’intégrité des élections, une responsabilité partagée, et la participation intègre, fondement de la confiance dans le choix démocratique », cette vision défend une participation électorale libre, consciente et responsable. Le vote, souligne l’INPPLC, doit rester l’expression d’une volonté libre et éclairée, tandis que la compétition politique doit reposer sur les programmes et la confiance, plutôt que sur les contreparties.
L’Instance invite ainsi les différents acteurs à contribuer à la prévention des pratiques susceptibles de porter atteinte à l’intégrité du scrutin et à utiliser les mécanismes juridiques et institutionnels disponibles pour signaler les irrégularités, dès lors que des informations fiables sont réunies.
Pour l’INPPLC, l’intégrité électorale ne se résume pas au respect des règles le jour du vote. Elle constitue une condition de la légitimité et de l’efficacité des institutions représentatives et doit être garantie à chacune des étapes du processus. Le Maroc dispose déjà d’un cadre constitutionnel, législatif et institutionnel important dans ce domaine. Mais l’enjeu réside désormais dans son application effective et dans la capacité du dispositif à prévenir et à combattre les risques de corruption électorale.
L’Instance appelle notamment à mieux lutter contre l’influence de l’argent, des réseaux et des intérêts locaux susceptibles de peser sur le choix des électeurs. Elle insiste également sur la nécessité de protéger les deniers publics contre toute instrumentalisation à des fins électorales. Sa démarche privilégie ainsi une logique préventive : identifier les risques suffisamment tôt, renforcer les mécanismes de contrôle et faciliter l’accès à une information fiable plutôt que de se limiter à intervenir une fois les infractions constatées.
L’INPPLC rappelle que la protection de l’intégrité du scrutin ne peut être confiée à une seule institution. L’architecture nationale repose sur plusieurs acteurs aux compétences complémentaires : administration, justice, organes de contrôle financier, institutions de gouvernance, partis politiques, société civile et médias.
Cette complémentarité doit, selon l’Instance, être renforcée afin de garantir la neutralité des institutions, le bon déroulement du processus électoral et la confiance des citoyens comme des acteurs politiques. Dans ce dispositif, l’INPPLC entend jouer son rôle à travers l’identification et l’analyse des risques de corruption liés aux élections, la promotion de la culture de probité et de transparence dans la vie politique, mais aussi la coordination avec les institutions compétentes. Elle rappelle également être habilitée à recevoir et traiter les plaintes, signalements et informations relatives aux actes de corruption électorale, conformément aux dispositions légales.
La transformation numérique occupe une place particulière dans cette vision. Les technologies et les médias offrent de nouvelles possibilités en matière de communication politique, de participation citoyenne et d’accès à l’information. Mais cet espace fait également apparaître de nouveaux risques. L’INPPLC estime nécessaire de développer des outils adaptés de prévention, de veille et d’accompagnement pour répondre aux mutations des pratiques électorales dans l’environnement numérique. L’objectif est de renforcer la protection du processus sans porter atteinte aux droits et libertés qui garantissent l’exercice du choix démocratique.
Pour donner une traduction concrète à cette démarche, l’Instance a élaboré un « Guide de l’électeur pour des élections intègres ». Présenté comme un outil de sensibilisation et d’accompagnement, ce guide vise à donner aux électeurs les moyens de mieux comprendre leurs droits et leurs obligations, mais aussi d’identifier les pratiques susceptibles de porter atteinte à leur liberté de choix. Il explique également les mécanismes permettant de signaler d’éventuelles infractions. L’objectif affiché est de faire du citoyen un véritable acteur de la protection de l’intégrité électorale.
Le message de l’INPPLC est ainsi autant institutionnel que citoyen : la probité du scrutin ne dépend pas uniquement des règles, des contrôles et des sanctions. Elle repose aussi sur le comportement des électeurs et leur capacité à refuser que leur voix devienne l’objet d’une transaction.

