« L’OTAN doit corriger sa perception erronée de la Chine et cesser d’attiser la confrontation et de rejeter la responsabilité », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse à Pékin.
Interrogé sur les propos de Mark Rutte, Lin a estimé que l’OTAN devait reconsidérer son rôle dans le contexte international actuel. « En tant que relique de la guerre froide, elle doit réfléchir sérieusement au rôle qu’elle a joué et à son impact sur la paix et la stabilité dans le monde d’aujourd’hui », a-t-il affirmé.
M. Rutte avait déclaré mercredi que l’OTAN « tente constamment de suivre exactement ce que fait la Chine », évoquant notamment des rapports sur une formation de soldats russes par Pékin. « En ce qui concerne la Chine, nous savons bien sûr qu’il y a contournement des sanctions, des biens à double usage, etc. Nous ne sommes pas naïfs. Nous suivons tout très précisément », a-t-il indiqué.
Le diplomate chinois a de son côté affirmé que la Chine « a maintenu une position objective et juste, en s’efforçant activement de mettre fin aux hostilités et de promouvoir les pourparlers de paix » concernant la guerre en Ukraine. Il a ajouté que Pékin n’avait « fourni aucune arme létale à aucune des parties au conflit » et applique un contrôle strict sur les biens à double usage.
Par ailleurs, la 16e réunion des conseillers à la sécurité nationale et hauts responsables de la sécurité des pays des BRICS se tiendra lundi et mardi à New Delhi. Selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi participera à la réunion.
Au cours de cette rencontre, la Chine discutera avec les autres membres des BRICS de la situation sécuritaire internationale, des principales questions régionales et mondiales, ainsi que des réponses aux menaces de sécurité conventionnelles et non conventionnelles, a indiqué le ministère. Celui-ci a ajouté que les pays des BRICS sont « engagés à préserver la paix mondiale, promouvoir le développement commun, pratiquer le multilatéralisme et favoriser une gouvernance mondiale plus juste et plus équitable », dans un contexte international de plus en plus volatil.
Les États-Unis ont annoncé le même jour le lancement d’un examen approfondi de leur présence militaire en Europe afin de faciliter une transition vers un modèle dans lequel les pays européens assument la responsabilité principale de la sécurité du continent. « Nous redoublons d’efforts pour faire de l’OTAN ce qu’elle a toujours été censée être : une alliance équilibrée avec une Europe à la tête de sa propre défense », a déclaré Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles. Il a précisé que cet examen, baptisé « OTAN 3.0 », durerait jusqu’à six mois et porterait sur le déploiement des forces américaines ainsi que sur leurs bases militaires en Europe. Il a également relevé que cette étude intégrera les contributions du Commandement européen des États-Unis (EUCOM), du Congrès américain et des alliés internationaux. Il a souligné que cette initiative vise à garantir que l’Alliance évolue « rapidement et de manière irréversible » vers un modèle dans lequel les nations européennes renforcent leur rôle dans leur propre défense conventionnelle.
Le chef du Pentagone a ajouté que cet examen permettra également de s’assurer que les forces américaines sont positionnées de manière à répondre aux besoins stratégiques mondiaux de Washington. « Qu’il n’y ait aucun doute : il s’agira d’un véritable examen », a déclaré Hegseth.

