Pour le 12e vendredi consécutif, la police d’occupation israélienne restreint les prières à la mosquée Al-Aqsa. Plus, Les forces d’occupation ont procédé le jour même à l’arrestation de plus de 37 citoyens lors d’une campagne dans la localité de Deir Abu Mishal, au nord-ouest de Ramallah. Une déclaration conjointe publiée par la Commission pour les affaires des prisonniers et ex-prisonniers de l’Organisation de libération de la Palestine et le Club des prisonniers palestiniens assure que les autorités d’occupation israéliennes « ont arrêté jeudi à l’aube 25 citoyens, ce qui porte le nombre de détenus en Cisjordanie, y compris à Al-Quds occupée, à environ 4 820 Palestiniens depuis le 7 octobre dernier ». Selon le communiqué, les nouvelles arrestations se répartissent sur les gouvernorats de Naplouse, Tulkarem, Jénine, Toubas et Qalqilya (nord), Ramallah (centre) et AlKhalil Hébron (sud).
Ce décompte n’inclut pas les arrestations effectuées par les forces d’occupation israéliennes à l’intérieur de la bande de Gaza, selon la même source.
Selon les données du ministère palestinien de la Santé, « le nombre de martyrs en Cisjordanie occupée depuis le 7 octobre s’élève à 311 ». Depuis le déclenchement de la guerre dévastatrice israélienne contre la bande de Gaza le 7 octobre, l’armée d’occupation a intensifié ses agressions contre la Cisjordanie occupée et accéléré le rythme des incursions et des raids dans les villes et les villages, faisant des dizaines de martyrs et de détenus.
L’agence de presse palestinienne Wafa a rapporté que l’armée israélienne avait effectué des tirs sur le camp d’Al-Far’a, près de la ville de Tubas en Cisjordanie. Au moins un Palestinien aurait été blessé, selon l’agence. Reuters a publié également des images de tirs sur le camp d’Al-Far’a.
En réaction, les Palestiniens tentent de résister par tous les moyens disponibles. Ainsi, quatre personnes ont été blessées vendredi dans une attaque à la voiture-bélier, dont l’auteur a été « neutralisé », près d’un poste militaire israélien en Cisjordanie occupée, ont indiqué l’armée israélienne et les services de secours. « Il y a peu de temps, une attaque au véhicule-bélier a été perpétrée à proximité d’un poste militaire près de la jonction d’Adorayim. Les soldats de l’armée israélienne opérant dans la zone ont neutralisé le terroriste », a indiqué dans un communiqué l’armée, sans préciser si l’assaillant était vivant ou mort. La jonction d’Adorayim se trouve dans le sud de la Cisjordanie, entre la grande ville palestinienne de Hébron et la colonie israélienne d’Oteniel. Les services d’urgence israéliens ont annoncé avoir prodigué sur place des soins à trois personnes légèrement blessées et une quatrième atteinte de blessures « modérées ».
Colère à Al-Qods
Dans la Vieille Ville de Jérusalem, occupée par Israël, le quartier arménien est sur le qui-vive, redoutant qu’un projet immobilier d’un homme d’affaires australo-israélien proche de colons israéliens n’entraîne sa disparation, rapporte l’AFP. En 2021, un accord a été conclu entre le patriarcat arménien de Jérusalem sous la houlette de son gestionnaire immobilier, père Baret Yeretzian, et la société Xana Gardens Ltd, portant sur la construction d’un hôtel de luxe sur une parcelle appartenant à l’église, explique à l’AFP Daniel Seidemann, avocat israélien et spécialiste de la ville sainte.
Mais « l’accord a été conclu par le patriarcat à l’insu et sans le consentement des habitants du quartier arménien ou de leurs institutions », assure l’avocat. Depuis plusieurs semaines, des membres de la communauté arménienne se relaient nuit et jour sur le terrain menacé par le projet controversé. Un quart de la superficie du quartier arménien est menacé, selon ses habitants, la Vielle Ville étant divisée en quatre quartiers historiques: chrétien, musulman, juif, arménien.
Jeudi, le patriarcat a affirmé que « plus de 30 provocateurs masqués » avaient attaqué et blessé des membres du clergé arménien et de la communauté rassemblés sur le terrain disputé. Il a accusé des dirigeants de la société de construction d’avoir orchestré cet « assaut », peu après que le patriarche arménien de Jérusalem, Nourhan Manougian, a déposé une plainte en justice pour obtenir l’annulation de la transaction, selon un communiqué.
Après plus de deux ans d’accalmie entre les deux parties, la plainte a précipité la confrontation.
Début novembre, « des bulldozers, des colons armés accompagnés de chiens et des habitants du quartier juif » ont investi la parcelle et « profité du chaos du 7 octobre », explique Setrag Balian, faisant référence à l’attaque sanglante du Hamas. Ils avaient réussi « à démolir une partie du mur ceinturant le parking », se rappelle l’artisan de 27 ans. C’est alors le branle-bas de combat parmi la communauté arménienne, qui ne compte plus que quelque 2.000 personnes en raison d’une émigration massive de ses membres dans les années 1960 vers les Etats-Unis ou l’Europe.
Sur l’emplacement où doit être érigé l’hôtel de luxe, la communauté arménienne a installé un campement. Réchaud, fauteuil, TV, matelas… Chaque membre apporte son écot à la mobilisation. A l’intérieur du chapiteau, des planches de bois colmatent les trous laissés par les engins de chantier. « Chaque jour des familles passent nous voir et nous apportent de quoi manger », se réjouit Kegham Balian. Et à tour de rôle, des jeunes et anciens dorment sur place de peur d’être dépossédés.
