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Les raids saoudiens au Yémen se poursuivent : Riyad échoue à mobiliser des combattants syriens contre Ansarullah

by Perspectives Med
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Les raids saoudiens au Yémen se poursuivent : Riyad échoue à mobiliser des combattants syriens contre Ansarullah

Le général de brigade Saree a déclaré que les frappes aériennes saoudiennes « ont décollé de la base aérienne de Khamis Mushait et ont ciblé le gouvernorat de Taïz », au sud de la capitale, Sanaa.

Il a expliqué que le nombre total de frappes aériennes lancées par l’Arabie saoudite cette semaine a atteint 300, menées par des F-15 et des Typhoon, qui ont décollé des bases aériennes de Khamis Mushait et de Taïf et ont ciblé les gouvernorats de Taïz, Hajjah, Marib, Al Jawf, Al Bayda, Amran, Hodeidah et Saada.

L’agence de presse yéménite Saba a rapporté que les forces saoudiennes ont mené des bombardements d’artillerie sur les districts frontaliers de Shada et d’Al-Dhaher, dans la province de Saada, à l’ouest du Yémen.

Plus tôt dans la journée, Y. Saree, a annoncé que Sanaa a pu déjouer des « tentatives criminelles dans la capitale, Sanaa, menées par l’ennemi saoudien et portant la marque de Daech », promettant qu’« elles ne resteraient pas impunies ».

Sanaa résiste à l’agression saoudienne. Les forces armées yéménites affrontent les forces soutenues par l’Arabie saoudite dans plusieurs provinces, suite à des frappes préventives contre leurs concentrations de troupes. Elles ciblent également des installations stratégiques en territoire saoudien.

A souligner aussi que les efforts déployés par l’Arabie saoudite ces derniers mois pour recruter du personnel militaire étranger n’ont pas abouti au déploiement organisé de forces syriennes au Yémen. Des sources syriennes qui se sont confiées au site web « Türkiye Today » ont indiqué que Ryad avait cherché ces derniers mois à recruter des combattants pour répondre à ses besoins militaires au Yémen, mais que le gouvernement syrien avait « poliment » refusé une demande visant à organiser une force syrienne et à l’envoyer affronter Ansarullah. « Cette affaire est close. La demande saoudienne remonte à plusieurs mois. La Syrie a poliment décliné, expliquant qu’elle se concentrait sur l’organisation de ses propres forces militaires et n’entendait pas intervenir dans un conflit en tant que tierce partie. » La même source a ajouté que le gouvernement syrien n’empêche pas les individus de quitter le pays pour participer au conflit, mais a souligné que Damas n’assumera aucune responsabilité quant à une telle participation individuelle.

Des sources turques ont également rejeté les allégations selon lesquelles la Turquie aurait joué un rôle dans le transport ou l’organisation de Syriens en vue de leur déploiement au Yémen. « Nous n’avons aucun lien avec cette affaire. La Syrie et l’Arabie saoudite sont des États souverains », assurent les sources.

Elles ont ajouté que la Turquie déterminera les mesures qu’elle prendra dans le cadre de l’« Accord de La Mecque » une fois que celui-ci aura établi une base juridique dans les pays participants.

Le site web turc a indiqué que l’Arabie saoudite continue d’explorer les possibilités de recruter du personnel militaire et des formateurs de différents pays, dans le cadre de ses efforts pour répondre à ses besoins militaires au Yémen, selon des sources proches du dossier. Selon ces sources, l’Arabie saoudite recherche des éléments dans plusieurs pays, notamment au Pakistan, où les efforts de recrutement s’étaient intensifiés, tandis que des informations non confirmées indiquaient que les autorités de sécurité saoudiennes continuaient de rechercher des éléments dans des pays d’Afrique du Nord, notamment en Égypte et en Libye.

Ces développements ont remis sur le devant de la scène l’« Accord de La Mecque », en vertu duquel la Turquie, le Pakistan et d’autres pays participants sont censés coordonner leurs efforts en matière de sécurité et de défense.  Des sources proches des discussions ont indiqué qu’une coopération efficace en matière de défense pourrait être envisagée une fois l’accord intégré aux mécanismes juridiques nationaux des pays participants.

Selon Türkiye Today, la Turquie et le Pakistan devraient se concentrer sur des missions défensives plutôt que de mener des opérations terrestres directes contre Ansarullah au Yémen. L’accent serait plutôt mis sur la protection des installations énergétiques, des services publics stratégiques et des centres administratifs et démographiques importants, ont affirmée ces sources.

Al-Akhbar a appris de sources bien informées que les contacts menés par l’Arabie saoudite ces derniers jours, notamment avec les États-Unis, l’Égypte, le Pakistan et Oman, ont abouti à une offre présentée par Riyad, par l’intermédiaire du médiateur omanais, au mouvement Ansarullah.

Cette offre prévoit un cessez-le-feu de deux semaines, suivi de discussions directes avec les dirigeants du mouvement afin de répondre aux besoins humanitaires et, à terme, de parvenir à un accord global.

Selon les informations d’Al-Akhbar, le Royaume s’est déclaré prêt à lever le blocus imposé au Yémen et à autoriser l’acheminement de l’aide humanitaire.

Cependant, Ansarullah ne semble pas enthousiaste car le mouvement souhaite une solution définitive et globale au conflit, partant du principe qu’il s’agit d’un conflit yéménite-saoudien sans lien avec les affaires intérieures du Yémen.

Les sources indiquent que les revendications du mouvement comprennent « la levée du blocus sous toutes ses formes : aérien, terrestre et maritime ; le retrait complet de l’Arabie saoudite, tant sur le plan militaire et sécuritaire que politique, de la scène yéménite ; et la création d’un fonds d’indemnisation pour la réparation des dommages causés par l’agression saoudienne aux villes et infrastructures yéménites ».

Ansarullah avait précédemment informé le médiateur omanais que « la proposition de l’Arabie saoudite de parrainer un dialogue yéménite-yéménite est inacceptable, car elle constitue une ingérence, et que le dossier du dialogue yéménite relève des affaires intérieures du Yémen et que nul n’a le droit d’intervenir ».

Selon les informations disponibles, tout a commencé par le choc ressenti par les dirigeants saoudiens suite à la chute de la côte ouest et du détroit de Bab el-Mandeb aux mains d’Ansarullah (les Houthis), sans quasiment aucune résistance. Les Saoudiens ont ensuite été informés par le Commandement central américain (CENTCOM) d’une évaluation faisant état d’une désintégration soudaine au sein des forces militaires dirigées par Tariq Saleh, et que les forces de Sanaa semblaient être parfaitement au courant de toutes les actions de Saleh et de ses troupes.

Une source proche du dossier a décrit la position américaine comme « un avertissement à l’Arabie saoudite concernant les actions de ses forces alliées, avec une insistance sur le fait que les États-Unis n’enverraient pas leurs troupes combattre pour le compte de qui que ce soit ».

Face à l’abandon apparent des Saoudiens par les États-Unis et à l’absence de réponse aux appels de l’Arabie saoudite à la communauté internationale pour qu’elle affronte Ansarullah, le prince héritier Mohammed ben Salmane s’est trouvé confronté à une réalité difficile, d’autant plus que l’idée de faire appel à des mercenaires syriens, libyens et soudanais pour combattre au Yémen n’a pas non plus trouvé d’écho.

Lors de sa visite en Égypte, alias MBS fut également surpris par une présentation historique de la réalité du Yémen donnée par des responsables égyptiens, avant qu’ils ne lui conseillent d’entamer un dialogue direct avec Ansarullah. Pendant ce temps, l’homme fort de Ryad suivait avec inquiétude les informations selon lesquelles l’administration américaine avait informé les autorités omanaises que les États-Unis souhaitaient dialoguer avec Ansarullah afin de parvenir à un accord qui ne compromette pas la navigation en mer Rouge et qui garantisse la fermeture du détroit de Bab el-Mandeb.

D’après une source omanaise, les contacts entre les responsables à Mascate et le porte-parole d’Ansarullah et chef de sa délégation de négociation, Mohammed Abdel Salam, basé dans la capitale omanaise, ont permis de conclure que le mouvement avait mené une « opération militaire propre » pour reprendre les zones contrôlées par les forces opérant hors du Yémen, et que le gouvernement de Sanaa « n’a aucune intention de prendre des mesures susceptibles de compromettre la navigation en mer Rouge ».

Après que les Américains ont fait état d’une rencontre ultérieure à Mascate entre Abdel Salam et un haut diplomate américain, sous l’égide du ministère omanais des Affaires étrangères, les sources d’Ansarullah ont refusé de commenter l’information. Ils ont toutefois réaffirmé que les déclarations des forces de Sanaa, pendant et après l’opération de prise de contrôle de la côte ouest, affirmaient clairement qu’« il n’est actuellement pas prévu de fermer le détroit de Bab el-Mandeb ni de mettre en péril la navigation en mer Rouge ».

Néanmoins, le médiateur omanais a informé les parties américaine et saoudienne qu’Ansarullah avait clairement indiqué que les nouvelles mesures à Bab el-Mandeb et en mer Rouge garantiraient la sécurité de tous, à l’exception de l’Arabie saoudite et de son trafic maritime. Aucun navire commercial ni pétrolier appartenant au Royaume ne serait autorisé à transiter ou à naviguer le long des côtes yéménites, et le blocus resterait en vigueur jusqu’à ce que Riyad annonce officiellement la levée du blocus aérien, maritime et terrestre du Yémen et mette en application cette annonce.

Selon des informations, les dirigeants et les responsables gouvernementaux à Sanaa reçoivent depuis une semaine des appels de nombreux pays et acteurs étrangers.

Des acteurs importants comme le Pakistan, la Turquie et l’Égypte sont intervenues pour tenter de contenir la situation et de mettre fin aux opérations militaires. Parallèlement, les efforts déployés par l’ONU et le Royaume-Uni visent à désamorcer les tensions. Dans ce contexte, une source à Mascate indique que Riyad a informé les alliés de l’Arabie saoudite de renseignements suggérant que les forces de Sanaa envisagent d’attaquer Marib, de prendre le contrôle de la province et, à terme, de contrôler l’ensemble de la province d’Al-Jawf, avant de se déployer le long de la frontière saoudienne.

Cette source explique que ce qui a renforcé les efforts diplomatiques pour persuader l’Arabie saoudite de faire marche arrière, c’est la prise de conscience, par toutes les parties médiatrices, que la décision du mouvement de régler la situation sur le terrain est définitive et que les tentatives de chantage du Royaume – prétendant que les attaques yéménites visent La Mecque – sont sans effet sur la réalité du terrain et ignorées par Sanaa.

Alors que les forces de Sanaa continuent de consolider leurs positions dans la région côtière ouest et le long des lignes de front à Taïz, elles prennent des mesures supplémentaires pour contrer toute tentative de redressement des forces soutenues par l’Arabie saoudite. Parallèlement, les dirigeants d’Ansarullah ont informé les médiateurs que la poursuite des frappes aériennes saoudiennes contre le Yémen entraînerait une escalade significative, notamment des attaques plus graves contre les infrastructures vitales dans tout le Royaume, et pas seulement dans ses régions méridionales.

 

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