Home MondeConflictualitéLes intérêts US visés en Irak : Bases et ambassade ne sont pas épargnées

Les intérêts US visés en Irak : Bases et ambassade ne sont pas épargnées

by Perspectives Med
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Les médias irakiens ont diffusé, dans la soirée de dimanche, des reportages et des vidéos indiquant que la base américaine Victoria, située près de l’aéroport international de Bagdad, avait été la cible de plusieurs attaques de roquettes et de drones. Des informations non confirmées font état de victimes parmi les soldats américains.

Selon la plateforme d’information irakienne « Naya », quatre drones ont d’abord visé la base, suivis d’une cinquième frappe, avant que plusieurs roquettes Katioucha ne s’abattent sur des installations militaires, vraisemblablement des zones de services pour les soldats. Ces mêmes médias ont rapporté que cinq roquettes avaient atterri près d’un restaurant fréquenté par des soldats étrangers à l’intérieur de la base, entraînant, d’après ces témoignages, la mort de ressortissants occidentaux et des blessures. D’autres reportages indiquent qu’une roquette a atterri près d’un magasin militaire appelé « PX », au moment même où des incendies se déclaraient dans certaines parties de la base et où l’on entendait des explosions successives.

Plus tard dans la nuit de dimanche à lundi, la faction nommée « Saraya Awliya al-Dam » (Brigades des Gardiens du Sang) a annoncé avoir mené une opération de haute précision, utilisant un barrage de missiles Qare’a contre la présence américaine dans le camp Victoria, près de l’aéroport de Bagdad. Dans son communiqué, le groupe a déclaré : « Par devoir religieux, en représailles au sang du Guide suprême martyr, l’Imam Khamenei, et en vengeance pour le martyre d’un groupe de jeunes résistants irakiens, nos courageux moudjahidines ont mené une opération de haute précision, utilisant un barrage de missiles Qare’a contre la présence américaine d’occupation au camp Victoria, près de l’aéroport de Bagdad. L’attaque a fait dix victimes confirmées parmi les forces d’occupation américaines, dont six morts et quatre blessés graves. »

Cette faction avait annoncé, dimanche, avoir mené cinq opérations d’envergure contre des cibles américaines en Irak et à l’étranger au cours des dernières 24 heures. Mercredi dernier, elle avait rendu compte de 76 opérations militaires depuis le début de l’agression de Washington et de Tel-Aviv contre l’Iran le 28 février.

Selon l’AFP, citant des services de sécurité irakiens, cinq roquettes ont visé l’aéroport international de Bagdad et ses abords, qui abrite aussi un centre diplomatique américain au sein d’un vaste complexe militaire, faisant quatre blessés parmi les employés et le personnel de sécurité, ainsi qu’un ingénieur ». La même source ajoute que les projectiles sont notamment tombés dans l’enceinte de l’aéroport civil, qui n’accueille actuellement pas de vols en raison de la guerre au Moyen-Orient, mais aussi sur une station d’épuration d’eau, près d’une base de l’aviation militaire irakienne –jouxtant un centre diplomatique américain– et d’une prison de haute sécurité, précise le communiqué. L’aéroport de Bagdad comprend un vaste complexe militaire qui est aujourd’hui divisé en plusieurs bases de l’armée et des services sécuritaires irakiens, et comprend aussi un centre diplomatique et logistique américain où sont stationnés des militaires américains, selon l’AFP.

Dimanche soir, les forces de sécurité ont retrouvé un lance-roquettes utilisé pour l’attaque sur l’aéroport dans la région d’al-Radwaniyah au sud-ouest de la capitale irakienne, d’après le communiqué des services de sécurité. Des responsables de sécurité ont également indiqué à l’AFP que trois drones avaient été abattus par la défense aérienne.

Avec la guerre, lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran et qui a embrasé le Moyen-Orient, des factions armées irakiennes qui avaient combattu Daech avec l’assistance de conseillers iraniens annoncent presque quotidiennement des attaques de drones et de missiles contre des bases américaines, notamment la base aéroportuaire d’Erbil dans le Kurditsan irakien, et des cibles américaines à l’intérieur et à l’extérieur de l’Irak. Une faction irakienne nommée la Résistance islamique en Irak a pour sa part revendiqué samedi 27 opérations contre des bases américaines en Irak et dans la région en une seule journée, à l’aide de missiles et de drones. C’est elle qui avait revendiqué tôt vendredi matin, la responsabilité du crash de l’avion ravitailleur américain qui a coûté la vie à six soldats américains.

Samedi à l’aube, l’ambassade américaine à Bagdad avait été prise pour cible avec une attaque de drone, quelques heures après la mort de trois combattants des factions irakiennes, dans une frappe à Bagdad imputée aux Etats-Unis.

Ce dimanche, le mouvement irakien Al-Nujaba a annoncé « le martyre du commandant des Brigades (Kataeb) Hezbollah, Abou Ali Al-Amiri, et un groupe de ses frères héroïques, tués à la suite d’une lâche trahison sioniste-américaine ». Le mouvement a ajouté que « les illusions de stabilité de l’occupant sur notre terre se transformeront en cauchemars qui hanteront ses soldats dans leurs bases, et dans chaque pouce de terre souillé par leurs pieds tremblants. »

Les positions de ces factions armées sont régulièrement visées par des frappes imputées à Washington ou Israël.

Lundi matin, la chaine libanaise d’information al-Mayadeen a rapporté qu’une offensive américano-israélienne a visé des groupements du Hachd al-Chaabi à Jarf al-Sakher au nord de Babel au sud de Bagdad. Il y a eu trois blessés dont un policier et deux combattants du Hachd. Par la suite, le correspondant de la chaine a indiqué que les défenses aériennes ont intercepté un drone à proximité de l’ambassade américaine à l’ouest de Bagdad.

Le gouvernement fédéral irakien a adressé un avertissement ferme au Gouvernement régional du Kurdistan (GRK), lui demandant d’empêcher toute participation de groupes kurdes à la guerre contre l’Iran. Selon plusieurs responsables irakiens, kurdes et turcs, Bagdad a indiqué que l’armée fédérale pourrait intervenir pour sécuriser les zones frontalières si les autorités kurdes ne parvenaient pas à empêcher ces groupes de lancer des opérations transfrontalières. Cette mise en garde intervient alors que les spéculations se multiplient autour d’un possible rôle des mouvements kurdes dans le conflit opposant Washington et Tel Aviv à Téhéran. Les inquiétudes portent notamment sur la présence, au Kurdistan irakien, de plusieurs organisations d’opposition kurdes iraniennes disposant de milliers de combattants.

Parmi elles, figurent le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), le Parti pour la liberté au Kurdistan (PAK), l’Organisation Khabat du Kurdistan iranien et le Parti Komala. Leur implication dans la guerre pourrait déclencher des représailles directes de la part de l’Iran et entraîner l’Irak plus profondément dans l’escalade régionale. Téhéran a déjà averti qu’il n’hésiterait pas à frapper les bases de ces groupes en territoire irakien, si elles servaient à lancer des attaques. Face à ces risques, les autorités kurdes tentent publiquement de prendre leurs distances avec le conflit. Le vice-Premier ministre du GRK, Qubad Talabani, a affirmé que les forces kurdes n’avaient aucune intention d’intervenir en Iran, estimant qu’une telle décision pourrait provoquer une déstabilisation majeure dans toute la région. « Ce n’est pas notre guerre », a-t-il déclaré, soulignant les conséquences imprévisibles qu’une implication militaire pourrait entraîner.

La situation est toutefois compliquée par les signaux contradictoires provenant de Washington. Le président américain Donald Trump aurait initialement encouragé les dirigeants kurdes à « choisir un camp » dans la confrontation avec l’Iran avant de nuancer ses propos en affirmant ne pas vouloir voir les Kurdes s’engager directement dans le conflit. Malgré ces déclarations, certains groupes d’opposition kurdes en exil refusent d’exclure une participation future. Le PJAK a notamment appelé les Kurdes de l’ouest iranien à s’organiser localement dans les zones où l’État pourrait perdre le contrôle.

 

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