Le 9 octobre, Alexander Sergeevitch Alimov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a rencontré Toufik Djouama, ambassadeur d’Algérie à Moscou. Lors de cette rencontre, « une attention particulière a été portée au règlement du dossier du Sahara occidental, en prévision de l’examen du renouvellement du mandat de la MINURSO par le Conseil de sécurité de l’ONU ce mois-ci », précise un communiqué de la diplomatie russe. Lequel ajoute qu’« Alimov a souligné la constance de la position russe pour une solution juste, durable et mutuellement acceptable au problème du Sahara occidental, basée sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU et conforme aux objectifs et principes de la Charte des Nations unies. »
Le ministère russe des Affaires étrangères souligne également « l’importance de maintenir la présence de l’ONU sous sa forme actuelle sur ce territoire non autonome, afin de préserver la stabilité sur le terrain tant que le processus de règlement n’est pas achevé ».
Pour rappel, l’année dernière, l’Algérie avait sollicité l’appui de Moscou pour lever son veto contre la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Élaborée par l’administration Trump, cette résolution a établi l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine comme cadre de référence des négociations, en présence du Maroc, de l’Algérie, du Polisario et de la Mauritanie.
En tout cas, force est de rappeler, fait savoir Africa Intelligence, qu’à trois semaines de l’échéance du 31 octobre pour le renouvellement du mandat de la MINURSO, l’administration Trump examine l’avenir de la mission de l’ONU au Sahara occidental en consultant universitaires et experts spécialisés dans la région. « Une réunion discrète a eu lieu le 9 octobre entre les équipes du secrétaire d’État américain Marco Rubio et des spécialistes du dossier épineux du Sahara occidental ». L’objectif étant d’ « alimenter la réflexion sur le renouvellement de la MINURSO soumis à un vote du Conseil de sécurité des Nations unies, le 31 octobre », précise la même source.
La diplomatie US a mobilisé des experts académiques et spécialistes, incluant des représentants de l’International Crisis Group (ICG), du Washington Institute for Near East Policy (Winep) et de l’université Colgate. Le contexte de cette consultation précède la présentation d’une version préliminaire du projet de résolution sur le mandat de la MINURSO aux membres du Conseil de sécurité. Le département d’État justifie cette démarche par les nombreuses interrogations soulevées par les principaux responsables américains directement impliqués dans les discussions sur le Sahara, à savoir Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines, et Michael Waltz, ambassadeur auprès des Nations unies.
L’administration US hésite entre une suppression de la MINURSO ou une révision de son mandat. Cette dernière option suit la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui invite le secrétaire général de l’ONU à « présenter, dans les six mois suivant la prorogation du mandat, un examen stratégique du futur mandat de la MINURSO, en tenant compte de l’issue des négociations ».
La première étape de ce projet s’est tenue lors de deux réunions à huis clos en avril, entre les membres de l’instance exécutive de l’ONU, Staffan de Mistura, émissaire onusien, Alexander Ivanko, chef de la MINURSO, et Antonio Guterres.
En septembre, l’administration Trump a réclamé une refonte significative des opérations de maintien de la paix de l’ONU. « Il faut être prêts à mettre fin aux missions qui échouent à s’adapter. Les mandats doivent se concentrer sur les fonctions de sécurité au service d’un plan politique, conformément aux recommandations du Secrétaire général dans l’examen de fin août », a exigé Jeffrey Bartos, ambassadeur chargé de la réforme de l’ONU à la mission américaine.
Le SG de l’ONU a plaidé pour des opérations de maintien de la paix plus agiles, avec de meilleures capacités technologiques et de planification, dans un contexte de réduction des budgets et de déploiement de personnels militaires et policiers.« Les opérations de maintien de la paix ne devraient être déployées que lorsqu’il existe un accord de paix ou au moins un cessez-le-feu solide. Nous ne pouvons pas maintenir la paix lorsqu’il n’y a pas de paix à maintenir », avait précisé A. Guterres.
Le Conseil de sécurité a déjà mis fin au mandat de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), active depuis 1978.

