Les autorités israéliennes ont établi lundi une nouvelle colonie illégale sur des terres situées dans le gouvernorat de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée, a rapporté l’agence de presse officielle palestinienne Wafa. Baptisée « Noa », cette colonie a été implantée au sud des colonies de « Ganim » et « Kadim », sur des terres palestiniennes au sud-est de Jénine, a précisé Wafa. « Une cérémonie marquant l’établissement de la colonie s’est tenue en présence de plusieurs ministres israéliens et membres de la Knesset », a indiqué l’agence.
La même source a ajouté que cette démarche traduit « le soutien officiel croissant d’Israël à l’expansion de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés ». Wafa a averti que cette nouvelle colonie a été créée « dans le contexte de l’escalade du projet de colonisation israélien dans le nord de la Cisjordanie, en particulier dans les zones d’où les colonies israéliennes avaient été évacuées en 2005 dans le cadre du plan de « désengagement » ».
En 2005, Israël avait évacué quatre colonies dans le nord de la Cisjordanie occupée, Ganim, Kadim, Homesh et Sa-Nur, dans le cadre de son plan dit de « désengagement », qui comprenait également le retrait des colonies israéliennes de la bande de Gaza. Ces dernières années, Israël a toutefois pris des mesures pour annuler les restrictions interdisant aux colons israéliens de retourner dans les zones évacuées.
À la mi-juillet, le Yedioth Ahronoth rapportait que le cabinet de sécurité israélien avait approuvé un budget de 370 millions de dollars destiné à établir de nouvelles colonies illégales en Cisjordanie occupée. Le journal précisait que cette décision n’avait pas été annoncée publiquement. L’actuel gouvernement israélien s’est lui-même qualifié de gouvernement le plus favorable à l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée.
Les activités de colonisation se sont considérablement étendues et accélérées à travers la Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est occupée, depuis la formation du gouvernement présidé par le Premier ministre fin 2022.
L’ONU reconnaît la Cisjordanie et Jérusalem-Est comme des territoires palestiniens occupés. Environ 750 000 colons israéliens vivent dans 141 colonies illégales et 224 avant-postes coloniaux à travers la Cisjordanie occupée, dont quelque 250 000 répartis dans 15 colonies à Jérusalem-Est occupée. L’ONU a réaffirmé à maintes reprises que les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés sont illégales au regard du droit international et a prévenu qu’elles compromettent les perspectives d’une solution à deux États.
Le nombre total d’attaques de colons est passé de 2. 524 attaques au cours des sept premiers mois de 2023 à 4 .113 attaques au cours de la même période cette année, soit une augmentation de 1. 589 attaques, selon la commission du mur et de la résistance. Elle a noté que cette escalade coïncidait avec l’expansion et la clôture des avant-postes coloniaux, la formation et l’armement des colons, la mise en place d’une protection militaire à leur égard et un déclin de la responsabilité internationale.
Le correspondant d’Al Jazeera a rendu compte d’un scénario d’attaques qui se répète dans différentes régions de la Cisjordanie : des attaques de colons suivies par celles des forces d’occupation qui, au lieu de traduire leurs auteurs en justice, arrêtent des Palestiniens.
Des colons dirigés par le député israélien d’extrême droite Zvi Soukot ont détruit mardi dernier un mémorial dédié aux martyrs palestiniens dans le village de Madma au sud de Naplouse. Le chef du conseil du village de Madma, Rami Nassar, a déclaré que des colons avaient pris d’assaut le centre du village sous la protection de l’armée d’occupation israélienne. Dans le nord de Jérusalem occupée, les forces d’occupation israéliennes ont pris d’assaut le camp de réfugiés de Qalandia et ont expulsé tous les employés de l’UNRWA de son centre de formation, à la demande du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir. Lundi, la police israélienne a interrompu une cérémonie de remise de diplômes destinée à des étudiants palestiniens dans l’université d’al-Qods, située dans le secteur de Khan Tankiz, près de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est occupée. Elle a arrêté quatre personnes, dont Youssef al-Natcheh, directeur du Centre d’études sur Jérusalem de l’université.
Dans le sud de la Cisjordanie occupée, des colons israéliens ont pulvérisé du gaz au visage des habitants de la localité d’As-Samu, au sud d’Hébron, a indiqué le militant des droits humains Osama Makhamra. L’agence Wafa a également fait état de raids menés par l’armée israélienne à Bethléem et dans le camp de réfugiés de Dheisheh.
Entre-temps, des colons israéliens illégaux sont entrés dans le secteur d’Abou Njeim, au sud de Bethléem, et ont bloqué avec des pierres une route non goudronnée menant à plusieurs habitations palestiniennes, a rapporté l’agence.
Dans le centre de la Cisjordanie occupée, des colons israéliens illégaux ont attaqué un véhicule palestinien près de la ville de Sinjil, selon la chaîne publique Voice of Palestine. Plus au nord, l’armée israélienne a arrêté un jeune Palestinien sur une route située près de l’Université arabo-américaine, au sud de Jénine, a rapporté Palestine TV. Des arrestations ont été signalées à Bartaa, Naplouse, Hébron, …
Selon les chiffres officiels palestiniens, les attaques menées par les forces israéliennes et les colons illégaux en Cisjordanie occupée depuis le début de la guerre menée par Israël à Gaza ont fait 1 182 martyrs et plus de 12 000 blessés parmi les Palestiniens, tandis qu’environ 24 000 personnes ont été arrêtées.
Le mouvement Hamas a affirmé que « la poursuite du terrorisme des colons et l’escalade de leurs attaques structurées contre notre peuple palestinien, ses biens et ses terres en Cisjordanie occupée, s’effectuent sous le soutien et la couverture directe du gouvernement d’occupation et de son chef, le criminel de guerre Benjamin Netanyahu. Cela s’inscrit dans le cadre d’un plan méthodique visant à imposer de nouvelles réalités coloniales sur le terrain, à accélérer les projets d’annexion et de déplacement forcé, et à tenter de briser la volonté de notre peuple pour le contraindre à quitter sa terre. » Il a ajouté : que « le criminel de guerre Netanyahu, qui a mené la guerre d’extermination contre notre peuple dans la bande de Gaza, poursuit la même approche criminelle en Cisjordanie en laissant le champ libre aux colons et en intensifiant leur terrorisme organisé, dans le prolongement des politiques de meurtre, de déplacement et de nettoyage ethnique. Il instrumentalise également ce terrorisme au service de ses calculs politiques et électoraux, et pour flatter les forces de l’extrême droite coloniale. »
Le Hamas a estimé que « les positions et déclarations publiques de Netanyahu et de son gouvernement concernant les attaques des colons ne sont que de la poudre aux yeux, une tentative de contenir les condamnations internationales croissantes, d’atténuer les pressions extérieures et d’échapper, aux yeux du monde, à leur responsabilité directe dans ce terrorisme organisé ; tandis que le gouvernement d’occupation continue d’assurer la protection et la couverture aux colons, leur donnant carte blanche pour commettre davantage de crimes et d’agressions contre notre peuple. » Imputant « la pleine responsabilité de ce terrorisme organisé et de ses répercussions au gouvernement d’occupation », le mouvement a appelé « la communauté internationale à dépasser les déclarations de condamnation pour prendre des mesures concrètes et dissuasives. Celles-ci doivent inclure l’imposition de sanctions aux dirigeants de l’occupation et aux colons terroristes, la traque de leurs réseaux de financement et de soutien, l’action pour assurer la protection des villages et rassemblements palestiniens cibles, ainsi que l’activation des mécanismes de responsabilité et de poursuites internationales pour les crimes de guerre et de nettoyage ethnique commis contre notre peuple. »
Etat génocidaire
Naftali Bennett, ancien Premier ministre israélien et dirigeant du parti Yachad, a déclaré qu’Israël était devenu une marque négative dans l’opinion publique américaine, affirmant que le mot « Israël » évoquait désormais le « génocide » et les « tueurs de bébés ». Invité dans le podcast du journaliste israélien Itay Segal, il a déclaré qu’Israël traversait actuellement la période la plus difficile de son histoire en termes d’image auprès de l’opinion publique américaine depuis sa création.
N. Bennett a déclaré : « Si vous demandez à un étudiant américain : “À quoi pensez-vous lorsque vous entendez Israël ?”, il répond “génocide”. Voilà où nous en sommes. Si vous dites Italie, ils pensent “pâtes, spaghetti”. Si vous dites Israël, ils pensent “tueurs de bébés”. Voilà où nous en sommes. » Le responsable israélien a également déclaré qu’il soutenait l’octroi d’une grâce au Premier ministre israélien Naftali Bennett, dans les affaires de corruption en cours, en échange de son retrait de la vie politique. À propos de Netanyahu, il a déclaré : « Ce n’est plus un jeune Juif, et je ne veux pas le voir en uniforme orange. »
A Gaza, la situation reste tragique. Lundi, 2 martyrs et 10 blessés dans des raids israéliens durant les 24 dernières heures, a rapporté le ministère de la Santé. Plus tôt, le bilan des victimes de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza est passé à 73 449 morts après que neuf Palestiniens ont été tués au cours des dernières 48 heures, a fermé samedi le même ministère. Dans son rapport statistique quotidien, le ministère a indiqué que les hôpitaux avaient reçu neuf corps ainsi que celui d’un autre Palestinien retrouvé, tandis que 18 personnes avaient été blessées au cours de la même période.
Le ministère a précisé que plusieurs victimes se trouvaient toujours sous les décombres et sur les routes, les ambulances et les équipes de la défense civile étant dans l’incapacité de les atteindre. Il n’a pas fourni de détails sur les circonstances dans lesquelles les Palestiniens ont été tués ou blessés, tandis que l’armée israélienne continue de violer l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre 2025.
Le ministère a indiqué que le bilan des victimes des violations israéliennes depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu s’élevait désormais à 1 313 morts et 4 361 blessés.
Le bilan total de la guerre menée par Israël à Gaza depuis le 8 octobre 2023 s’élève à 73 449 morts et 174 472 blessés, a ajouté le ministère. Outre les victimes, dont la majorité sont des femmes et des enfants, Israël a détruit environ 90 % des infrastructures civiles de la bande de Gaza, tandis que l’ONU estime le coût de la reconstruction à environ 70 milliards de dollars.

