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L’armée déclare l’état d’urgence au Soudan : Et tire sur les manifestants !

La junte soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan a annoncé la dissolution des autorités de transition et décrété l’état d’urgence dans le pays. Tôt dans la matinée de lundi, des hommes armés ont arrêté plusieurs dirigeants dont le Premier ministre, après des semaines de tensions entre les autorités militaires et civiles de transition. Deux morts et des dizaines de blessés par balles ont été signalés à Khartoum.

Les États-Unis se déclarent « inquiets » à la suite d’annonces de prise de pouvoir par des militaires. L’émissaire Jeffrey Feltman, toujours à Khartoum où il a eu des entretiens avec le général A. al-Burhan, prévient que « tout changement du gouvernement de transition mettait en danger l’aide américaine ».
Depuis l’aube, de nombreux manifestants sont dans les rues de Khartoum alors que les syndicats appellent à la désobéissance civile. En fin de matinée, l’armée a tiré « à balles réelles » sur des protestataires devant les quartiers généraux de l’armée en fin de matinée. Des sources sanitaires ont confirmé avoir traité des dizaines de blessés par balles. L’armée a tiré « à balles réelles » sur des protestataires devant les quartiers généraux de l’armée, dans le centre de Khartoum, dont l’accès est bloqué par des blocs de béton et des soldats depuis plusieurs jours, a ajouté le ministère sur Facebook.
Face à cette accélération des événements au Soudan, la communauté internationale se dit inquiète suite au « coup d’État » mené par la junte. Coup d’état qui aurait bénéficié, selon des observateurs locaux, de l’assentiment de Washington, du Caire, de Riyad et d’Abou Dhabi, les Emiratis ayant été invités à lâcher leurs soutiens politiques au Soudan.
Paris et Berlin condamnent ce coup de force de la junte soudanaise et la Commission européenne a appelé à la « libération rapide » des dirigeants civils du gouvernement du Soudan, dont le Premier ministre, arrêtés par les forces de sécurité, et réclamé un rétablissement « urgent » des communications dans le pays. « Nous appelons urgemment à ce que les moyens de communications ne soient pas entravés pour permettre de joindre ceux qui en ont besoin », a déclaré Nabila Massrali, porte-parole de l’exécutif européen, ajoutant que « toute violence et bain de sang devaient être évités à tout prix ». De son côté, l’Union africaine appelle à une « reprise immédiate » du dialogue entre civils et militaires. « Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, a appris avec une profonde consternation la grave évolution de la situation au Soudan », affirme un communiqué de l’organisation panafricaine, en appelant à « la reprise immédiate des consultations entre civils et militaires » qui se partagent le pouvoir depuis 2019. Les arrestations des dirigeants civils au Soudan sont « inacceptables », a estimé l’émissaire de l’ONU au Soudan Volker Perthes, se disant « très inquiet des informations sur un coup d’État ». Ahmed Aboul Gheit, secrétaire général de l’organisation panarabe, a fait part dans un communiqué de sa « profonde préoccupation face aux développements » au Soudan et appelé « toutes les parties à respecter » l’accord de partage du pouvoir de transition établi en 2019. La ligue arabe n’a pas dénoncé ce coup de force dramatique qui s’opère au Soudan en proie à une crise socio-économique inédite.
Le bureau du Premier ministre soudanais Adballa Hamdok, aux mains de l’armée lundi matin, a appelé dans un communiqué diffusé par le ministère de l’Information à « manifester » contre « un coup d’État ». « Nous appelons la population soudanaise à protester par tous les moyens pacifiques possibles », indique le bureau. Les syndicats des médecins et des banques ont appelé les Soudanais à la « désobéissance ». L’Association des professionnels, l’un des fers de lance de la révolte qui a mis fin en 2019 à la dictature du président Omar el-Béchir, avait déjà appelé à la désobéissance civile à Khartoum alors que la capitale était plongée dans le chaos.
Les civils avaient multiplié les mises en garde depuis plusieurs semaines « contre un coup d’État » fomenté par les militaires. Ces derniers jours, la tension était montée entre les camps des civils et des militaires. Le 16 octobre, indique l’AFP, des pro-armée ont planté leurs tentes devant le palais présidentiel où siègent les autorités de transition, partagées entre civils et militaires selon la transition qui devait s’achever en 2023. En réponse, le 21 octobre, une contre-manifestation réunissant des dizaines de milliers a dominé les rues des différentes villes du pays pour « sauver » leur « révolution ». Depuis, le sit-in des pro-armée a débordé ailleurs dans Khartoum.
Le bloc civil, les Forces pour la liberté et le changement, qui a conduit les manifestations contre el-Béchir, s’est désormais scindé en deux factions qui s’opposent. L’armée et les forces sécuritaires, dirigées par d’anciens proches du dictateur déchu ont multiplié les déclarations pour dire qu’ils ne peuvent pas remettre le pouvoir à des civils divisés entre eux. Jusqu’à présent, ce sont les militaires qui dirigeaient le Conseil souverain dont la présidence devait passer aux civils le 17 novembre.

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