Mardi, un hôpital de Gaza avait affirmé que 21 enfants étaient morts de malnutrition ou de faim en 72 heures dans l’enclave palestinienne assiégée. « Alors qu’une famine de masse se propage dans la bande de Gaza, nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent », indiquent dans un communiqué des ONG, dont Médecins sans frontières, plusieurs branches de Médecins du monde et Caritas, Amnesty international, ou encore Oxfam international. Elles appellent à un cessez-le-feu immédiat, à l’ouverture de tous les points de passage terrestres et à la libre circulation de l’aide humanitaire.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a révélé que l’armée d’occupation israélienne a tué à Gaza depuis fin mai plus de 1.000 personnes qui cherchaient à obtenir de l’aide humanitaire, dont la grande majorité près de centres de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation soutenue par les Etats-Unis et Israël au financement opaque.
« Il suffit de regarder l’horreur qui se déroule à Gaza, avec un niveau de mort et de destruction sans équivalent dans l’histoire récente. La malnutrition explose. La famine frappe à toutes les portes », a déclaré mardi Antonio Guterres, patron de l’ONU.
A Gaza-ville (nord), Mohammed Abou Salmiya, directeur de l’hôpital al-Chifa, avait annoncé le même jour que « 21 enfants (étaient) morts de malnutrition ou de faim » en 72 heures dans plusieurs hôpitaux, y compris le sien. « A chaque moment, de nouveaux cas arrivent aux hôpitaux. » A l’hôpital Nasser (sud), des images ont montré des parents pleurant sur la dépouille de leur fils de 14 ans, Abdel Jawad al-Ghalban, mort de faim, dont le corps squelettique venait d’être enveloppé dans un sac mortuaire blanc.
Mercredi aux aurores, les forces d’occupation israéliennes ont commis un nouveau massacre dans la ville de Gaza, coïncidant avec la poursuite de leur incursion terrestre commencée deux jours plus tôt. Elles ont étendu leurs bombardements à plusieurs zones du centre-ville et du sud. Selon des sources médicales à Gaza, sept civils sont tombés en martyre et plus de 15 autres blessés lors d’une frappe aérienne visant une maison dans le quartier de Tal al-Hawa, au sud-ouest de la ville. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des enfants blessés évacués vers les hôpitaux.
Par ailleurs, des images diffusées par des soldats israéliens montrent l’exécution par des drones suicides d’un enfant et d’une femme en quête de nourriture et d’eau dans la ville de Gaza. Plus tôt dans la nuit, les forces d’occupation israéliennes ont bombardé une tente abritant des personnes déplacées dans le camp de réfugiés de Shati, à l’ouest de Gaza, tuant une Palestinienne et en blessant plusieurs autres. Cet incident survient moins de 24 heures après un massacre similaire dans le même camp, qui a fait des dizaines de martyrs et de blessés.
Des sources médicales palestiniennes ont également signalé que l’occupation avait pris pour cible, dans la matinée, une ambulance transportant une équipe médicale, près de l’hôpital Hamad, au nord-ouest de Gaza, blessant plusieurs ambulanciers. Au même moment, l’armée d’occupation a poursuivi les bombardements des quartiers est de la ville de Gaza, notamment celui de Touffah, dans le cadre de son escalade militaire.
La veille, 85 citoyens palestiniens, dont au moins 31 demandeurs d’aide, sont tombés en martyrs et des dizaines d’autres blessés par les tirs israéliens et les frappes aériennes contre la bande de Gaza.
Depuis le 7 octobre 2023, Israël mène une guerre génocidaire contre Gaza, marquée par des meurtres, la famine, des destructions et des déplacements forcés, ignorant tous les appels internationaux et les injonctions de la Cour internationale de Justice exigeant l’arrêt de la guerre. Le génocide israélien en cours a fait plus de 201 000 morts et blessés parmi les gazaouis, la plupart des enfants et des femmes, outre plus de 9 000 disparus, et plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées…
Les Arabes tenus pour responsables
Cheikh Naïm Qassem, secrétaire général du Hezbollah, a affirmé que « ce que subit le peuple palestinien dans la bande de Gaza est une agression américano-israélienne et un excès de brutalité, de génocide, de famine et de meurtres ». Il a ajouté que cela « transgresse toutes les normes humanitaires et morales ».
Dans un communiqué publié mardi soir, le leader de la résiitance libanaise a souligné que « le silence international concernant ce qui se passe à Gaza constitue une condamnation des régimes et des responsables », considérant que « ce silence porte atteinte au prétendu droit international public ». Il a estimé « qu’ il ne suffit pas que 25 pays appellent à la fin de la guerre contre Gaza, et cela ne les absout pas de leur responsabilité dans ce qui se passe ».
Lundi, 25 pays, dont le Royaume-Uni, la France, le Canada et le Japon, ont appelé à mettre fin « immédiatement » à la guerre dans la bande de Gaza assiégée par Israël, dans une déclaration commune. « Nous (…) nous rassemblons autour d’un message simple et urgent : la guerre à Gaza doit cesser immédiatement », écrivent les ministres des Affaires étrangères de ces pays, pour qui « la souffrance des civils à Gaza a atteint de nouveaux sommets ».
Pour le chef de file du Hezbollah, « ces propos ne disculpent en rien leur témoignage sur ce qui se passe, ni le soutien apporté par certains grands pays depuis le début de l’agression ». « Leurs prises de position et leurs condamnations n’exonèrent pas leurs auteurs. Il est nécessaire que ces prises de position se traduisent par des mesures concrètes pour mettre fin à ces massacres et à ces crimes, en imposant des sanctions à l’entité israélienne, en l’isolant, en la poursuivant en justice et en cessant toute forme de relations avec elle. », a-t-il insisté.
Le 15 juillet dernier, la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, qui s’est tenue à Bruxelles, s’est conclue sans qu’aucune mesure contraignante ne soit adoptée à l’encontre d’Israël qui poursuit sa guerre génocidaires contre Gaza.
Cheikh N. Qassem a toutefois noté que « la principale responsabilité de ce qui se passe à Gaza en incombe aux Etats arabes et islamiques, dirigeants et peuples ». « Choisissez les positions que vous souhaitez, dans les limites qui vous conviennent, mais ne restez pas les bras croisés. Arrêtez la normalisation, fermez les ambassades de l’ennemi, empêchez les échanges commerciaux et unissez-vous pour soutenir la Palestine et Gaza, même avec le strict minimum de ressources vitales », a-t-il ajouté.
Selon lui, « lorsque les Etats-Unis verront que vous êtes unis comme d’une seule main et d’une seule voix avec le peuple palestinien, ils se soumettront et reculeront ». Il a averti que l’injustice se retournera contre ceux qui gardent le silence. « L’histoire retiendra cette honte sur les dirigeants et les régimes de l’humanité, à une époque de famine haineuse et de massacres de masse. L’injustice de l’Amérique et d’Israël s’étendra à ceux qui gardent le silence et s’abstiennent de soutenir les opprimés. Sachez que “Les malfaiteurs ne réussiront pas” (verset coranique, ndlr) , et que la brutalité et l’arrogance exagérées d’Israël seront la cause de sa terrible chute, si Dieu le veut », a-t-il relevé.
