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Guerre russo-otanienne en Ukraine : Percées russes à Donetsk sur fond de bombardements stratégique en Ukraine

by Perspectives Med
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Guerre russo-otanienne en Ukraine : Percées russes à Donetsk sur fond de bombardements stratégique en Ukraine

Le ministère russe de la Défense a présenté, samedi, un nouveau bilan des opérations dans la zone de l’opération militaire spéciale. L’accent a été mis sur la République populaire de Donetsk, où les forces russes poursuivent leur progression, notamment à Konstantinovka. Dans cette ville, les groupes d’assaut de la force Sud ont continué leurs opérations offensives. Selon Moscou, 94 bâtiments sont passés sous contrôle russe en 24 heures. Les combats se concentrent surtout dans le sud-ouest de Konstantinovka, où l’armée russe poursuit l’élimination de groupes dispersés des 28e et 100e brigades mécanisées ukrainiennes. Le bilan communiqué fait état de pertes ukrainiennes allant jusqu’à 95 militaires dans ce secteur. Deux véhicules blindés de combat, 15 véhicules, deux pièces d’artillerie de campagne et 21 complexes robotisés terrestres ont également été détruits, selon le ministère russe de la Défense.

Cette avancée est importante sur le plan opérationnel. Konstantinovka est un nœud logistique qui relie plusieurs axes vers Slaviansk et Kramatorsk. La ville se trouve aussi sur la route Pokrovsk–Konstantinovka, ce qui renforce son rôle dans le dispositif ukrainien dans cette partie du Donbass.

La pression russe se fait aussi sentir sur le ravitaillement ukrainien. Un commandant d’artillerie de la force Sud, connu sous l’indicatif « Rezvy », a affirmé que les forces ukrainiennes ne disposaient plus que d’un seul axe de ravitaillement depuis Droujkovka, désormais placé sous contrôle russe. Selon lui, les mouvements ukrainiens sont fortement limités et se font principalement à pied.

Sur l’axe de Krasny Liman, le ministère russe de la Défense signale également une progression régulière dans les combats urbains. Ce 20 juin, les forces russes ont pris le contrôle de 47 bâtiments au cours de la journée. Dans le nord-ouest de la ville, les unités de la 67e division de fusiliers motorisés ont également pris cinq points d’appui ukrainiens. Les groupes d’assaut de la 25e armée poursuivent, eux aussi, leur avancée dans le tissu urbain. La pression s’exerce aussi dans le sud de Krasny Liman. Moscou indique que l’élimination d’un groupe bloqué de la 120e brigade de défense territoriale ukrainienne est en voie d’achèvement. Jusqu’à 30 militaires ukrainiens ont été neutralisés en 24 heures, selon le ministère russe de la Défense. Un véhicule blindé Djura, un pick-up, un canon automoteur américain Paladin de 155 mm et six complexes robotisés terrestres figurent aussi dans le bilan des destructions annoncé.

Sur l’ensemble du front, le ministère russe de la Défense fait état d’environ 1 370 militaires ukrainiens perdus en 24 heures. Les pertes les plus importantes ont été enregistrées dans les zones d’action des groupements Est, Centre, Nord et Ouest, selon Moscou. En parallèle des opérations terrestres, Moscou annonce avoir frappé des infrastructures énergétiques et de transport utilisées par les forces ukrainiennes. Les frappes ont aussi visé des ateliers de production et des sites de stockage de drones longue portée. Des points de déploiement temporaire de formations ukrainiennes et de mercenaires étrangers ont été touchés dans 154 zones, selon le ministère russe de la Défense. La défense antiaérienne russe a, de son côté, abattu 13 bombes aériennes guidées, deux roquettes Himars de fabrication américaine et 740 drones ukrainiens de type avion au cours de la journée. Selon les données communiquées par Moscou, ces résultats confirment la poursuite de l’initiative militaire russe sur plusieurs secteurs clés du Donbass.

Ultimatum à Minsk !

Face à cette pression militaire, Volodymyr Zelensky a lancé un nouvel ultimatum à la Biélorussie, dans un contexte de fortes tensions à la frontière avec l’Ukraine. Le 19 juin, il a affirmé que des « retransmetteurs sur des tours » se trouveraient du côté biélorusse et serviraient, selon Kiev, à coordonner des tirs. Une accusation rejetée par Minsk. Le chef de l’Etat ukrainien a exigé qu’Alexandre Loukachenko retire ces équipements dans un délai d’une semaine. « Je pense qu’une semaine lui suffira. S’il ne le fait pas, nous le ferons nous-mêmes », a menacé V. Zelensky dans une vidéo diffusée par UNIAN.

Cette déclaration s’ajoute à une série de pressions exercées par Kiev contre Minsk. Trois jours plus tôt, il avait déjà menacé de déployer de nouvelles formations de drones à la frontière ukraino-biélorusse. Kiev affirme surveiller une activité militaire jugée préoccupante, ce que Minsk présente comme un prétexte à la pression politique.

La réponse biélorusse a été ferme. Le 19 juin, Oleg Gaïdoukevitch, vice-président de la commission des affaires internationales de la Chambre des représentants, a assuré qu’il n’y avait « aucune technique à la frontière, sauf celle qui assure la sécurité de la Biélorussie ». Le responsable biélorusse a qualifié les propos de V. Zelensky de mensonge et estimé qu’un dialogue fondé sur des ultimatums avec Minsk était voué à l’échec. Selon lui, ces déclarations s’inscrivent dans une logique d’escalade et visent à pousser la Biélorussie dans le conflit. Il a accusé Kiev de chercher à « entraîner » la Biélorussie dans la guerre, puis « toute l’Europe », relevant que ce scénario était compris aussi bien à Minsk qu’à Moscou, et que la Biélorussie ne suivrait pas un plan imposé de l’extérieur.

Les nouvelles pressions de Kiev interviennent quelques jours après l’attaque d’un autobus transportant des enfants biélorusses dans la région russe de Briansk. Le véhicule comptait 44 passagers, dont 28 élèves d’une école sportive. Une femme accompagnatrice, enceinte selon les informations rapportées, a été tuée et huit personnes ont été blessées. A. Loukachenko a condamné cette attaque avec force, la qualifiant de « fascisme ouvert ». Il a accusé Kiev de chercher à provoquer Minsk. Kiev nie toute implication, sans convaincre Minsk ni Moscou, qui dénoncent une provocation grave. Dans ce climat, la présidence biélorusse a annoncé un renforcement de la sécurité à la frontière sud. Le Kremlin a également dénoncé une attaque terroriste, tandis que Vladimir Poutine a demandé que les blessés reçoivent une aide médicale. Malgré cette tension, Minsk affirme ne pas vouloir entrer dans l’escalade. Fin mai, A. Loukachenko avait même dit être prêt à rencontrer V. Zelensky en Ukraine ou en Biélorussie pour discuter des relations bilatérales. La position biélorusse reste inchangée : éviter les provocations, protéger sa frontière et défendre son territoire en cas d’agression directe.

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