vendredi, juin 12, 2026
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Guerre ouverte entre Iraniens et Américains : D. Trump tourne le dos au cessez-le-feu et multiplie les menaces

by Perspectives Med
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Guerre ouverte entre Iraniens et Américains : D. Trump tourne le dos au cessez-le-feu et multiplie les menaces

Le Président américain a juré jeudi de frapper « très fort » l’Iran dans la soirée et menacé d’une prise de contrôle de ses sites pétroliers, après de nouvelles frappes des deux camps dans la nuit, Téhéran jugeant désormais « pratiquement dénué de sens » le cessez-le-feu théoriquement en vigueur. « Leguerres Etats-Unis vont frapper l’Iran (…) TRES FORT ce soir », a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social, alors que les hostilités ont ouvertement repris ces derniers jours plus de trois mois après le début du conflit. « Dans un avenir assez proche, nous prendrons l’île de Kharg, ainsi que d’autres infrastructures pétrolières », a-t-il ajouté. Il avait fin mars menacé « d’anéantir » ce principal terminal pétrolier iranien, visé par des frappes début avril, mais sans évoquer une prise de contrôle.

Le cessez-le-feu au Moyen-Orient, entré en vigueur le 8 avril et globalement respecté jusqu’au week-end dernier, est désormais « pratiquement dénué de sens », avait estimé plus tôt la diplomatie iranienne. Il est « difficile de rester optimiste », a résumé le Pakistan, principal pays médiateur, appelant à la diplomatie et au dialogue, comme après lui Moscou, Pékin, Ankara et Ryad. Et si des négociateurs qataris étaient à Téhéran jusqu’à jeudi matin pour des discussions menées d’après une source diplomatique en coordination avec Washington, il n’est pour l’heure plus question d’accord.

Mardi, D. Trump avait promis un accord imminent avec l’Iran – pour la 38e fois depuis le début du conflit selon un décompte de CNN -, avant de faire volte-face le lendemain. « On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n’arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous », s’est-il emporté devant la presse.

La Russie a déclaré jeudi que la reprise des tensions au Moyen-Orient, à la suite des dernières frappes américaines et iraniennes, représente une menace pour l’économie mondiale dans son ensemble. Moscou a une nouvelle fois appelé les parties concernées à reprendre le chemin des négociations. « La dernière escalade des tensions est porteuse de nouvelles conséquences négatives pour la situation dans la région ainsi que pour l’économie internationale dans son ensemble », a déclaré Dmitri Peskov, lors d’un point de presse. Appelant toutes les parties à faire preuve de retenue, le porte-parole du Kremlin a insisté sur la nécessité d’un retour au dialogue et aux pourparlers.

Pour sa part, la Chine a renouvelé jeudi son appel aux États-Unis et à l’Iran afin qu’ils cessent les hostilités et reviennent à la table des négociations. Pékin est « profondément préoccupé » par l’évolution de la situation, a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, lors d’un point de presse. Selon lui, le recours à la force militaire ne fera qu’« aggraver la situation », tandis que la reprise des opérations militaires ne permettra pas de résoudre les problèmes fondamentaux à l’origine de la crise. « La souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale des pays de la région doivent être respectées et préservées », a souligné Lin Jian. Il a appelé les parties concernées à mettre un terme aux actions militaires, à reprendre le dialogue et les négociations, à soutenir les efforts de médiation en cours et à parvenir rapidement à un cessez-le-feu. Le porte-parole a également indiqué que la Chine maintenait des contacts avec les différentes parties, y compris l’Iran, depuis le début du conflit et qu’elle poursuivait ses efforts en faveur de la paix et des négociations.

La confrontation entre les États-Unis et l’Iran a franchi un cap d’escalade sans précédent aux premières heures de jeudi, après l’annonce par le Commandement central américain (CENTCOM) du lancement d’une offensive militaire contre le territoire iranien à l’aide de dizaines de missiles. Cette escalade a été suivie par des ripostes militaires iraniennes immédiates visant des bases et des positions américaines dans plusieurs pays de la région, sur fond de craintes croissantes de voir la crise basculer vers une confrontation régionale globale. Le Commandement central américain a annoncé le tir de 49 missiles de type « Tomahawk » vers des cibles à l’intérieur de l’Iran, tandis que des explosions simultanées ont été entendues dans les villes de Bandar Abbas, Qechm, Sirik et Minab, dans le sud du pays. Des rapports locaux ont fait état d’au moins trois explosions entendues dans les environs de Bandar Abbas vers 1h20 du matin, alors que les habitants de l’île de Qechm et de la ville de Sirik ont rapporté avoir entendu des déflagrations successives. La nature des cibles bombardées ou l’ampleur des dégâts n’étaient pas encore claires dans les premières heures.

À Minab, des sources locales ont rapporté la chute de débris de projectiles dans la zone de Korghan, blessant deux personnes qui ont été transportées à l’hôpital pour y recevoir des soins. Des rapports ont également mentionné l’interception d’un missile de croisière hostile dans la zone d’Assalouyeh, mais les autorités locales de la province de Bouchehr ont affirmé que les complexes gaziers et pétroliers n’avaient subi aucun dommage, soulignant que la situation dans la région restait stable.

En plein cœur des développements militaires, le président américain a prétendu, lors d’un entretien avec le réseau « Fox News », que des responsables iraniens l’avaient contacté directement pour demander l’arrêt des opérations militaires, annonçant une suspension temporaire des attaques, tout en menaçant de reprendre les bombardements si Téhéran ne répondait pas aux exigences américaines. D. Trump a également prétendu que le cessez-le-feu avec l’Iran était devenu l’un des accords de trêve les plus violés de l’histoire. Cependant, un haut responsable iranien a catégoriquement démenti ces déclarations, affirmant que parler de tout contact direct ou de négociations avec le président américain pour arrêter les attaques était un « pur mensonge » et dénué de tout fondement.

La réponse de Téhéran à l’agression américaine ne s’est pas fait attendre. Des sources irakiennes ont rapporté que la base d’Al-Harir, qui abrite des forces américaines à Erbil, dans le nord de l’Irak, a été la cible d’une attaque de missiles, tandis que des médias irakiens ont indiqué qu’un système de radar américain dans la région du Kurdistan avait été ciblé et détruit. Au Bahreïn, l’armée iranienne a annoncé avoir mené une attaque de drones contre la Cinquième flotteguerre américaine, précisant que l’opération avait ciblé les antennes de communication, les installations radar et les systèmes Patriot des forces américaiguerrenes. Des rapports ont également fait état du ciblage de bâtiments navals américains dans le détroit d’Ormuz, avec des informations faisant état de dommages subis par l’un des navires de guerre, des informations également relayées par des médias israéliens.

« Dans le cadre d’une riposte militaire plus large, la Force aérospatiale et la Force navale du Corps des Gardiens de la révolution (CGRI) ont annoncé avoir mené deux vagues de frappes ciblant 18 objectifs militaires américains sur les bases d’Ali Al-Salem et d’Ahmad Al-Jaber au Koweït, ainsi que sur la base de Cheikh Isa au Bahreïn ». Les Gardiens de la révolution ont précisé que « ces opérations intervenaient en réponse aux agressions américaines qui avaient ciblé des sites de services et des postes de garde côtiers appartenant aux Gardiens de la révolution et aux forces de sécurité intérieure, en plus des environs de l’aérguerreetoport de Bandar Abbas, affirmant que les cibles désignées avaient été affectées ».

Dans une escalade supplémentaire, la Force aérospatiale des Gardiens de la révolution a annoncé le tir de 12 missiles balistiques sur la base aérienne d’Al-Azraq et son centre de commandement et de contrôle, affirmant avoir ciblé les zones de déploiement des chasseurs américains de type F-35, F-15 et F-16, ainsi que des installations militaires qualifiées d’importantes. Ils ont déclaré que la frappe avait entraîné la destruction de parties de la base militaire, d’équipements et de matériels militaires, ainsi que de plusieurs avions américains, affirmant que les opérations se poursuivraient tant que les agressions américaines persisteraient.

Sur le plan défensif, les Gardiens de la révolution ont annoncé que les défenses aériennes iraniennes avaient contraint un chasseur américain F-16 à se retirer de l’espace aérien du Golfe après le tir d’un missile de défense dans sa direction. Les systèmes de défense aérienne ont également été activés dans plusieurs régions iraniennes, dont la zone de Robat Karim près de Téhéran, dans le cadre de la lutte contre les menaces aériennes potentielles.

Ormuz condamné

Parmi les développements stratégiques majeurs, le quartier général central Khatam al-Anbiya et la Force navale des Gardiens de la révolution ont annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz à tous les navires commerciaux et pétroliers jusqu’à nouvel ordre, tenant les États-Unis pour responsables de la détérioration de la situation sécuritaire dans la région. Le communiqué a averti que toute « tentative de traverser le détroit pourrait être considérée comme une coopération avec l’ennemi et exposerait les navires à être ciblés, tandis que des rapports ultérieurs ont fait état de l’arrêt du mouvement de plusieurs navires dans ce passage maritime vital ».

Cette mesure a provoqué des répercussions immédiates sur les marchés mondiaux, où les prix du pétrole ont enregistré une hausse notable en raison des craintes d’une perturbation de l’une des plus importantes artères de transport d’énergie au monde.

Parallèlement à l’escalade militaire, des rapports médiatiques ont indiqué que la délégation qatarie, arrivée à Téhéran dans le cadre des efforts de médiation, poursuit ses consultations avec les responsables iraniens pour tenter de contenir la crise et d’empêcher son extension. Cependant, les menaces américaines de reprendre les attaques d’une part, et la poursuite des opérations militaires iraniennes d’autre part, traduisent l’entrée de la région dans une phase extrêmement dangereuse et complexe, au milieu d’un état d’attente international quant à l’évolution de l’affrontement entre Washington et Téhéran et ses larges répercussions politiques, sécuritaires et économiques.

Le chef du pouvoir judiciaire iranien affirme que le peuple iranien, inébranlable et ferme », est fermement résolu à défendre l’intégrité du pays et ne craint ni le président américain ni ses menaces. Dans un message publié ce jeudi 11 juin sur son compte X, Gholamhossein Mohseni Eje’i a déclaré que le peuple iranien se tient « inébranlable et ferme comme des montagnes » et s’est engagé avec détermination à défendre l’essence même de la République islamique d’Iran. « Notre peuple ne craint pas les menaces de [Donald] Trump ou d’autres individus corrompus de cette même espèce », a-t-il ajouté. Il a souligné que la nation iranienne perçoit le véritable sens de la dignité et du salut dans le sacrifice de soi pour sa religion et sa patrie, assurant que les États-Unis et leur président « malfaisant » devaient comprendre que « les équations stratégiques et les arrangements de sécurité dans la région de l’Asie de l’Ouest ne reviendront jamais au statu quo ante ».

« L’Iran musulman, avec l’aide de Dieu, portera le coup de grâce aux États-Unis dans la région de l’Asie de l’Ouest », a relevé le même responsable tout en signalant que l’agresseur, les États-Unis, avait mené des attaques contre plusieurs cibles en Iran mercredi soir et avait reçu une riposte rapide des forces armées iraniennes.

Le responsable a critiqué les dirigeants américains, en particulier leur président « vil et misérable », rappelant que leur problème fondamental est qu’ils n’ont toujours pas compris la signification de l’honneur iranien. « Chacun doit savoir que pour un Iranien musulman, défendre la patrie ne consiste pas seulement à protéger son territoire, mais bien à sauvegarder son honneur, son identité et un grand héritage civilisationnel », a-t-il souligné.

Il a déclaré que les rassemblements de rue de la nation iranienne, qui se poursuivent depuis plus de 100 nuits, témoignent de la « ferme détermination de notre peuple et de nos forces armées à apporter une réponse écrasante et anéantissante à toute agression ennemie ». Il a ajouté que 47 ans se sont écoulés depuis la victoire de la Révolution islamique d’Iran, qui a été instaurée sur la base de la volonté du peuple et a prospéré grâce à l’unité nationale. Malgré les hauts et les bas politiques, économiques et internationaux, la Révolution islamique d’Iran continue d’avancer sur sa voie, [tracée par son fondateur] », a souligné le chef du pouvoir judiciaire.

A rappeler que les États-Unis et Israël ont lancé leur guerre d’agression non provoquée contre l’Iran le 28 février. Les forces armées iraniennes ont riposté par 100 vagues de frappes de représailles dans le cadre de l’opération Vraie Promesse 4, en lançant des centaines de missiles balistiques et hypersoniques, ainsi que des drones, contre des bases militaires américaines et des positions israéliennes dans toute la région. Le 8 avril, quarante jours après le début du conflit, un cessez-le-feu négocié par Islamabad est entré en vigueur. Des négociations ont été ensuite débutées entre Téhéran et Washington sans aboutir à un quelconque accord en raison des exigences maximalistes américaines. Depuis lors, Israël et les États-Unis ont tous deux violé la trêve, provoquant de lourdes frappes de représailles de la part de l’Iran.

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