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Guerre otano-russe en Ukraine : Sous l’attrition de Moscou, Kiev assure récupérer du terrain

by Perspectives Med
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Guerre otano-russe en Ukraine : Sous l’attrition de Moscou, Kiev assure récupérer du terrain

« Au cours des deux premières semaines de mars, les unités et les unités militaires du Groupement conjoint des forces ont libéré 12 localités », a déclaré ce 16 mars le chef d’état-major des forces armées russes, le général d’armée, Valéry Guérassimov. Les forces du groupement de troupes Nord ont pris le contrôle de cinq localités dans les régions de Soumy et de Kharkov afin d’y établir une « zone de sécurité ». Même dynamique, du côté du groupement de troupes Centre, V. Guérassimov évoquant des « opérations de combat en cours pour s’emparer de Novopavlovka et de Novopodgorodoïe » dans la région de Dnipropetrovsk.

Le chef d’état-major a également fait part de progression des forces groupement de troupes Est « dans la partie orientale de la région de Zaporojié ». Dans le Donbass, « la ligne de front a été repoussée à plus de 12 kilomètres à l’ouest de la ville de Seversk », a déclaré Guérassimov, précisant que les localités de Reznikovka, Goloubovka et Kalenki « ont été libérées » et que « des combats sont en cours » à Krivaïa Louka.

« Le groupement de troupes Sud mène des opérations offensives dans sa zone de responsabilité. L’ennemi prend toutes les mesures possibles pour arrêter l’offensive et empêcher une percée des unités d’assaut russes à travers les lignes de défense des forces armées ukrainiennes dans la zone fortifiée de Slaviansk–Kramatorsk–Konstantinovka », a déclaré le général d’armée russe. À une vingtaine de kilomètres au nord-est de cette zone, à Krasny Liman, les éléments du groupement de troupes Ouest « contrôlent plus de la moitié de la ville » et dans la région voisine de Karkhov, la localité de Novoosinovo, située près de l’Oskol, serait passée à « plus de 85% » sous contrôle russe.

Dans la soirée, Volodymyr Zelensky a réagi en assurant que l’armée ukrainienne avait réussi à déjouer des plans russes d’offensive en ce mois de mars. Les assauts quotidiens n’ont pas atteint, selon lui, l’intensité voulue par les Russes. Déclarations corroborées, assure-t-on, par des observateurs externes comme l’Institut pour l’étude de la guerre, un groupe de recherche basé à Washington, qui note des avancées ukrainiennes dans le secteur de Dnipropetrovsk  où Kiev dit avoir libéré plus de 400 km2 en direction d’Oleksandrivka et de Hulyaipole.

Ne baissant pas la garde, Sergueï Choïgou, secrétaire du Conseil de sécurité russe, a fait valoir de son côté que « tout un système impliquant 56 pays opère en ce moment contre notre pays ». Une mise en garde faite lors d’une réunion en visioconférence mardi 17 mars. S. Choïgou a souligné l’« expérience accumulée » par les services occidentaux « en matière de sabotage et d’attentats visant des infrastructures critiques ».

Aux États-Unis, un dossier embarrassant a été dévoilé lundi par Fox News. La chaîne conservatrice américaine a en effet mis en lumière un rapport d’enquête de l’inspecteur général du Pentagone (DoD OIG), datant du 12 mars, concernant des « allégations de mauvaise conduite » visant le général de division Antonio Aguto à l’occasion de plusieurs déplacements en Ukraine au cours de l’année 2024. Une enquête elle-même diligentée après des « signalements anonymes » auprès du Bureau de l’inspecteur général.

Lesdites « allégations » font notamment état qu’Aguto aurait « perdu des documents classifiés dans un train en Europe », « était en état d’ivresse lors de réunions » et aurait fait preuve d’un « leadership contre-productif », ayant créé un « climat toxique » au sein du Security Assistance Group – Ukraine (SAG-U). Les documents en question sont des « cartes classifiées », que le haut gradé aurait décidé d’emmener à Kiev depuis l’Allemagne, alors que ni lui ni ses hommes n’étaient habilités au transport de tels documents à travers des frontières. Une mission réservée au personnel diplomatique, rappelle le rapport d’enquête.

Les cartes — disposées dans « un tube en plastique noir, non sécurisé », là encore en violation des directives en vigueur — ont été oubliées à bord d’un train lors du voyage de retour vers Wiesbaden, en Allemagne.

Cette perte n’a été constatée qu’après coup par A. Aguto, « dans la soirée du 4, voire le matin du 5 avril », soit bien après son retour à Wiesbaden. Le commandant en second du haut gradé a alors contacté le SAG-U à Kiev, « demandant d’aider à localiser les documents classifiés ». Celui-ci s’est tourné vers l’officier de sécurité de l’ambassade américaine, qui a lui-même contacté le chef de la sécurité du train. Ce dernier lui aurait appris que les fameux documents avaient été retrouvés. Le 5 avril, « un agent de sécurité ferroviaire, de nationalité ukrainienne, remet les documents classifiés à l’ambassade », peut-on lire dans ce rapport de 56 pages. Heureusement pour les Américains, ces cartes avaient été oubliées dans un train opéré entre Kiev et Przemysl, en Pologne, exclusivement réservé au personnel de l’ambassade des États-Unis et du Pentagone.

Quant à l’état d’ivresse dont il aurait fait preuve, l’affaire remonte à la mi-mai 2024. Là encore à l’occasion d’un voyage d’A. Aguto à Kiev. Le 13 mai, une semaine après son arrivée en Ukraine, l’officier général dîne avec un individu dont l’identité a été caviardée et consomme de l’alcool. Dans la soirée, il retourne à son hôtel où il chute « et se cogne l’arrière de la tête contre le mur ». Le rapport mentionne également deux autres chutes : une tôt dans la matinée, au cours de laquelle l’officier « se cogne le front », et une autre « près de l’entrée de l’ambassade des États-Unis à Kiev ». Une dizaine de minutes plus tard, selon la chronologie du Bureau de l’inspecteur général, A. Aguto « semble être en état d’ivresse lors d’une réunion avec le secrétaire d’État et l’ambassadrice Brink ». Une heure plus tard, il est également signalé comme « apparaissant alcoolisé » lors d’une visioconférence avec le SAG-U. À midi, il est examiné par un médecin de l’ambassade qui écarte « une crise cardiaque ou d’autres blessures nécessitant des soins médicaux immédiats ». En début d’après-midi, il assiste à une réunion avec des officiers ukrainiens ; « son comportement laisse penser à ces derniers qu’il est sous l’influence de l’alcool ». Une commotion cérébrale lui sera finalement diagnostiquée après plusieurs examens médicaux.

Auprès des enquêteurs, A. Aguto a reconnu avoir bu de la tchatcha, une eau-de-vie du Caucase titrant entre 40 et 50 degrés, sans préciser la quantité consommée. Un témoin a toutefois affirmé que le général aurait « bu environ deux bouteilles » de 500 ml durant la soirée. En annexe, l’inspecteur général évoque également « deux autres violations de sécurité potentielles », soulignant que le général aurait eu tendance à consulter ou évoquer des informations classifiées dans des « environnements non sécurisés ». Le rapport mentionne aussi un incident lors duquel l’officier aurait « giflé » un membre du SAG-U lors d’une fête d’anniversaire dans un restaurant. Si des violations des règlements sont confirmées concernant la perte des documents et la consommation d’alcool, A. Aguto s’en tire toutefois à bon compte sur les accusations de leadership toxique. Sur ce point, l’inspecteur général indique ne pas avoir « corroboré » les allégations de « leadership contre-productif ». Certains témoins décrivent l’officier comme « exigeant », « bourreau de travail » ou encore « très passionné ».

 

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