L’armée d’occupation israélienne a lancé une attaque sur des secteurs de la bande de Gaza, sur fond de rapports palestiniens faisant état d’une intervention en soutien à des factions loyales à Israël qui s’étaient infiltrées afin d’exécuter une opération d’enlèvement d’une personnalité aux abords d’Al-Katiba. Des sources palestiniennes ont indiqué que des forces spéciales ont été encerclées dans la zone située à l’ouest de la ville de Gaza, tandis que les forces d’occupation ont ciblé tout ce qui bougeait aux abords du secteur d’infiltration, en parallèle avec un survol massif de drones.
Des sources locales ont rapporté que les drones de l’occupation ont largué des bombes de manière continue aux alentours de la zone d’Al-Katiba, au sud-ouest de la ville de Gaza, tandis que la série de frappes sur les zones de l’ouest de la ville a atteint au moins 12 raids.
Des drones israéliens de type « quadricoptère » ont également largué des bombes fumigènes aux abords des zones ciblées, parallèlement à la poursuite du bombardement aérien.
Des médias israéliens, dont la chaîne « Kan », ont rapporté qu’un échange de tirs intenses a eu lieu à Gaza à la suite de l’infiltration d’une force spéciale israélienne dans la zone de l’hôpital américain, à l’ouest de la ville, précisant que des avions de combat effectuent des frappes pour fournir une couverture aérienne à cette force. L’armée d’occupation israélienne n’a pas encore réagi officiellement à ces frappes ni aux informations concernant l’infiltration de la force spéciale.
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a appelé mardi à la fin des frappes israéliennes dans la bande de Gaza et des violences commises par les colons en Cisjordanie occupée. « À Gaza, le cessez-le-feu doit être respecté », a déclaré A. Guterres lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Il a également appelé à la levée immédiate des obstacles à l’acheminement de l’aide humanitaire.
Concernant la Cisjordanie occupée, le chef de l’ONU a affirmé que « les attaques des colons et l’expansion des colonies doivent cesser ». A. Guterres a souligné qu’une paix durable nécessitait une solution à deux États, avec Israël et la Palestine vivant côte à côte en tant qu’États indépendants et souverains. « J’appelle à la plus grande retenue ainsi qu’au respect des accords et du droit international », a-t-il ajouté.
De son côté, Breaking the Silence accuse l’armée israélienne d’avoir cherché, après la mort de Palestiniens à Gaza, des éléments permettant de présenter les victimes comme liées au Hamas afin de justifier les frappes. Dans une interview accordée à France 24, Nadav Weiman, directeur exécutif de l’organisation fondée par d’anciens soldats israéliens, décrit un mécanisme d’« incrimination rétroactive ». Selon lui, après certaines attaques ayant causé de nombreuses victimes civiles, les services de renseignement chercheraient à établir l’identité des personnes tuées puis à identifier d’éventuels liens avec le Hamas ou d’autres groupes armés.
« D’abord, on tire, on tue, et ensuite on réfléchit », affirme Weiman. Il cite notamment les opérations autour de l’hôpital Nasser, la mort de 15 secouristes à Rafah et plusieurs frappes aériennes. Les éléments invoqués a posteriori peuvent, selon lui, être très larges : proximité d’un bâtiment associé au Hamas, lien familial avec un membre du mouvement ou apparition ancienne sur une liste de paie. Breaking the Silence affirme que les soldats ayant ouvert le feu ne disposaient pas nécessairement de ces informations au moment de l’attaque. L’organisation estime ainsi que les explications fournies ensuite servent aussi à préserver la légitimité internationale de l’armée. L’ONG dit avoir retrouvé le même schéma dans plusieurs témoignages de militaires, y compris concernant des Palestiniens désarmés ou mineurs ensuite qualifiés de « terroristes ». Elle dénonce plus largement des règles d’engagement jugées très permissives depuis le 7 octobre 2023. Breaking the Silence estime enfin que ces règles ont contribué au nombre élevé de journalistes tués à Gaza, les caméras pouvant être considérées comme une menace potentielle par les forces israéliennes. Ces accusations reposent sur des témoignages recueillis auprès de soldats et réservistes israéliens.
De son côté, Sara Netanyahu, épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu’un chef de l’opposition avait eu connaissance du projet d’attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s’annoncent particulièrement serrées. Lors d’une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, elle s’en est prise à Yaïr Golan, général de l’armée qui dirige le parti « les Démocrates », formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari. Y. Golan était « déjà habillé et prêt » à l’aube du 7 octobre 2023, « alors que d’autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre », a-t-elle déclaré.
Y. Golan, ancien chef d’état-major adjoint, s’est rendu sur le site du festival de musique Nova le 7 octobre, lieu de l’attaque, et a participé au sauvetage de plusieurs festivaliers, ce qui lui a valu de nombreux éloges. Cependant, Sara Netanyahu a déclaré lors de l’interview que « la présence d’un officier supérieur de l’armée sur les lieux à une heure aussi matinale » soulève des questions, ignorant le fait que Golan avait affirmé s’y être rendu vers 8 h, soit une heure et demie après le début de l’attaque.
Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l’opposition. Le parti de Y. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos « vils et mensongers ».
« La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie », a ajouté le mouvement.
Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X « la théorie folle et mensongère du complot de trahison » propagée selon lui par l’entourage de Netanyahu pour « attiser la haine et perpétuer » son pouvoir. Ces accusations font écho à des thèses récurrentes au sein d’une partie de la classe politique.
Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, « 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu’une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023 ». Des informations de presse révèlent que c’est B. Netanyahu qui est ciblé par ces thèses, en se fondant sur des révélations qu’il avait été averti quelques semaines auparavant que le Hamas préparait une attaque mais a ignoré ces avertissements. Le Premier ministre refuse depuis la formation d’une commission nationale pour enquêter sur ce jour.

