Home MarocGuerre au Moyen-OrientM. Pezeshkian rencontre V. Poutine à Bichkek : La guerre dans le Golfe au menu des discussions

M. Pezeshkian rencontre V. Poutine à Bichkek : La guerre dans le Golfe au menu des discussions

by Perspectives Med
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« Nous (…) vous remercions pour vos prises de position à chaque étape, tant durant la période où les combats et les actes d’agression étaient en cours que dans les circonstances normales, lorsque les Etats-Unis nous imposaient des sanctions », a-t-il déclaré. « Cela montre que notre relation est une relation stratégique, pas une relation ordinaire », a ajouté M. Pezeshkian.

Selon un communiqué de la présidence iranienne, les deux hommes ont « fait un point sur l’état actuel des relations bilatérales et discuté des moyens de renforcer et d’élargir leur coopération dans divers domaines ». Cette rencontre s’est tenue à l’occasion du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), auquel ont également participé les présidents chinois Xi Jinping et turc Recep Tayyip Erdogan, membres de ce bloc eurasiatique voulant faire contrepoids à l’influence occidentale. V. Poutine a fait remarquer que « la Russie et l’Iran maintiennent le même rythme de relations commerciales et économiques que l’an dernier, malgré la situation militaire et politique actuelle ». Il a ajouté : « Nous constatons que le peuple iranien est confronté à des circonstances difficiles, mais il défend avec constance ses intérêts nationaux, et nous le comprenons et le soutenons. »

La guerre a éclaté fin février lorsqu’Israël et les Etats-Unis ont lancé une offensive contre Téhéran. Un cessez-le-feu en avril a mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses et un mémorandum d’entente visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin. Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités, et les négociations sont depuis dans l’impasse. Téhéran accuse Washington de s’être dérobé de l’exécution de ce protocole.

Pezeshkian a fait remarquer que les États-Unis « ont respecté leurs engagements, inscrits dans le document signé par leur président, pendant moins de deux semaines avant de formuler des exigences excessives et de violer leurs engagements, une attitude qui perdure encore aujourd’hui ». « La violation par les États-Unis de leurs engagements a suscité une réponse appropriée de la part de l’Iran », a-t-il ajouté, soulignant que si les États-Unis revenaient à leurs engagements au titre du mémorandum d’Islamabad, la République islamique d’Iran ferait immédiatement de même. « Contrairement aux États-Unis, mon pays a toujours respecté ses engagements et accords internationaux et a toujours agi conformément aux principes du droit international », a déclaré le responsable iranien.

Après un mois d’accalmie en août, les Etats-Unis ont frappé lundi une île iranienne dans le détroit stratégique d’Ormuz et Téhéran a visé en représailles des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis.

A signaler aussi que le site « Axios » a révélé que le président américain et ses principaux conseillers envisagent de mener des frappes limitées dans le détroit d’Ormuz, afin d’empêcher l’Iran de reconstruire ses capacités en matière de radars et de missiles, ce qui pourrait lui permettre de cibler des navires, selon trois responsables américains. La même source a ajouté que le Commandement central américain (CENTCOM) a élaboré ce plan au cours de la semaine passée. Le plan a reçu l’appui du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, mais n’avait pas encore obtenu l’approbation de Trump avant le dernier échange de tirs avec l’Iran, bien que la nouvelle escalade puisse inciter le président américain à l’approuver.

Un responsable américain a déclaré que l’objectif est de réduire le risque d’attaques iraniennes contre les pétroliers, les navires de guerre américains et les avions de l’armée de l’air, qualifiant cette finalité de « tonte de pelouse », en référence à l’exécution de frappes périodiques pour maintenir les capacités militaires iraniennes sous contrôle. Un responsable de la Maison-Blanche a indiqué que « le président conserve toutes les options à sa disposition », ajoutant que les Iraniens veulent parvenir à un accord, « mais ils ont toujours un jour de retard et manquent de dollars ».

Capacités iraniennes

Des responsables américains ont fait part de l’inquiétude du CENTCOM face aux tentatives de l’Iran de reconstruire ses capacités en matière de radars, de défense aérienne et de missiles antinavires dans le détroit, ce qui pourrait lui permettre de cibler les navires avec une plus grande précision. Le CENTCOM a informé P. Hegseth, le chef d’état-major interarmées le général Dan Caine et la Maison-Blanche que l’armée US pourrait avoir besoin de mener des frappes périodiques contre l’Iran pour garantir le passage quotidien de dizaines de pétroliers depuis le Golfe en toute sécurité relative. P. Hegseth avait soutenu le plan plusieurs jours auparavant et l’avait transmis à la Maison-Blanche, à un moment où des responsables américains indiquaient la semaine passée que l’administration meublait une tendance à rejeter l’exécution des frappes pour éviter une escalade de l’affrontement avec l’Iran.

En contrepartie, M. Pezechkian a confirmé que son pays agirait immédiatement selon le principe de réciprocité si les États-Unis revenaient à leurs engagements dans le cadre de l’accord temporaire signé en juin. Il a déclaré, à Bichkek, que la sécurité durable ne s’obtient pas par l’affrontement, mais par la confiance mutuelle, le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et la coopération entre les gouvernements. Et qualifié les mesures américaines d’agression contre les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies et du droit international, repassant en revue le déroulement de la guerre et ses évolutions, tout en confirmant la position de l’Iran quant aux engagements figurant dans le mémorandum d’Islamabad.

Des médias iraniens ont rapporté mardi l’interception d’un pétrolier saoudien alors qu’il traversait le couloir sud du détroit d’Ormuz. Auparavant, l’agence britannique de sécurité maritime (UKMTO) a déclaré avoir reçu un signalement concernant un incident impliquant un pétrolier et des forces militaires dans l’océan Indien hier, précisant que le navire a été touché par trois projectiles non identifiés dans des eaux situées à 31 kilomètres près de la zone de « Khasab », au nord du sultanat d’Oman, ce qui a provoqué un incendie à bord. L’agence a expliqué que l’incendie a été éteint et que l’équipage du pétrolier est sain et sauf, sans qu’aucun dommage environnemental ne soit signalé, confirmant que l’enquête sur l’incident est toujours en cours et avertissant les autres navires de la région de faire preuve de prudence et de signaler tout incident.

Trump menace

Le locataire de la Maison Blanche avait menacé lundi de mener d’autres attaques contre l’Iran, après les premières frappes réciproques entre les deux pays depuis un mois, ce qui a accentué la tension après que le conflit s’est récemment transformé en affrontement économique.

L’Iran a tiré des missiles au cours de la nuit dernière sur deux bases aériennes américaines en Jordanie, en réponse à l’attaque américaine sur l’île iranienne de Larak, tandis que Washington a déclaré avoir bombardé des plateformes iraniennes qui lançaient des mines dans le détroit d’Ormuz. Donald Trump a déclaré que le regain des attaques ne signifiait pas un retour à une guerre totale, qualifiant l’Iran d’« État failli » dont l’économie et l’armée se sont fortement dégradées, ajoutant : « Cela ne veut pas dire que nous ne allons pas les frapper. Nous verrons ce qui se passera. » Répondant à une question sur l’exclusion ou non de l’utilisation d’armes nucléaires contre l’Iran, il a affirmé qu’il n’y avait « aucune raison » à cela, car l’Iran a été « totalement vaincu militairement ».

De son côté, une source iranienne a qualifié pour Reuters les hostilités ayant éclaté dans la nuit entre les États-Unis et l’Iran d’« affrontement limité et contenu », ajoutant que Téhéran répondra avec force s’il venait à faire l’objet d’une autre attaque.

Des données préliminaires de suivi des navires ont montré que le nombre de navires traversant le détroit d’Ormuz lundi n’a pas connu de changement notable par rapport à samedi et dimanche, se stabilisant à environ cinq navires, ce qui est inférieur à la moyenne enregistrée sur dix jours qui s’élève à environ 14 navires. Selon les données de « Kpler », quatre navires sont entrés dans le détroit et un en est sorti, alors qu’aucun des navires ayant traversé la voie maritime lundi n’était un pétrolier ou un transporteur de liquides.

Tension à Washington

Le Washington Post a provoqué la colère du Pentagone en indiquant dans un article que de hauts responsables militaires ont récemment mis en garde P. Hegseth, contre l’extension d’opérations militaires de grande envergure contre l’Iran, selon le site The Hill. Des sources ayant eu accès à une évaluation confidentielle préparée pour le secrétaire d’Etat à la Guerre ont indiqué au journal que plusieurs commandants des opérations sur le terrain avaient averti le secrétaire à la Défense que la prolongation des opérations contre l’Iran était « intenable » et menaçait la capacité des États-Unis à faire face aux menaces ailleurs, y compris sur le sol américain.

Ces avertissements exfiltrés au journal américain étaient initialement apparus dans l’édition du 14 août du « Livre des ordres du secrétaire à la Défense », qui était détaillé par les commandants de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air, ainsi que par des chefs militaires quatre étoiles supervisant les opérations américaines en Europe, en Asie et en Amérique latine, a rapporté le journal dimanche.

Ce dernier rapporte que les dirigeants des commandements américains en Europe, dans le Pacifique et dans le Sud, ainsi que le commandant de la marine, ont fermement affiché leur refus ferme à l’ordre de P. Hegseth de déployer leurs forces au Moyen-Orient jusqu’en septembre, tandis qu’à d’autres forces de rester jusqu’en 2027.

Selon The Hill, la réaction à ce rapport du WP a été exprimée par le porte-parole du ministère de la Défense, Sean Parnell. Il a déclaré sur X que « la publication d’évaluations hautement classifiées provenant du livre des ordres du secrétaire est un crime et une trahison des forces armées », tout en ajoutant qu’« une grande partie de ce qu’ils publient est inexacte ». S. Parnell a ajouté : « Nous sommes dans une excellente position partout dans le monde, et cette histoire n’a rien à voir avec la préparation », affirmant qu’il s’agit du « syndrome de haine envers Trump », une expression souvent utilisée contre les opposants au président américain.

En réponse, Dan Lamothe, correspondant militaire du Washington Post a défendu le travail de ses collègues. « Le journalisme indépendant n’est pas un crime ; il est d’une importance capitale à l’heure où les responsables gouvernementaux dissimulent des détails cruciaux et des préoccupations concernant une guerre menée au nom du peuple américain avec l’argent des contribuables. »

D’autres comptes sur X, liés au Pentagone, ont rejoint la campagne de critiques au Washington Post pour avoir publié des informations classifiées. Dont Adam Dortona, colonel de l’armée américaine et responsable du compte « InfantryDort », qui a accusé le Washington Post de travailler pour les « ennemis des États-Unis ». A. Dortona, qui travaille au bureau de P. Hegseth, a écrit, selon USA Today : « Pire encore, il ne s’agit pas de vaines paroles. Lorsque les chefs militaires révèlent les faiblesses de leurs forces, les points faibles et les engagements qu’ils jugent intenables, ils donnent à l’adversaire des informations qu’il peut exploiter immédiatement. »

En tout cas, force est de souligner que Dan Driscoll, secrétaire américain à l’Armée de terre, a remis sa démission, après des mois de tensions avec le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison-Blanche à l’Agence France-Presse (AFP). L’information avait été révélée, dans un premier temps, par le Wall Street Journal, puis reprise par plusieurs médias américains.

Interrogée par l’AFP, la Maison-Blanche n’a pas démenti l’information, indiquant que D. Driscoll s’est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump […], apportant un leadership remarquable lors d’opérations militaires historiques.

Le départ de D. Driscoll intervient après que P. Hegseth a limogé un certain nombre de généraux et de hauts responsables militaires, dont le secrétaire à la Marine, John Phelan. De manière tout aussi inattendue, P. Hegseth a limogé le commandant militaire en chef de l’armée, le général Randy George, en avril. En juin, le commandant de l’armée en Europe et en Afrique, le général Christopher Donahue, a démissionné.

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