Poursuivant ses attaques d’occupation contre la ville de Gaza, dans le centre de la bande de Gaza, l’armée israélienne a détruit une école primaire dans le quartier de Zeitoun. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent l’armée israélienne ciblant l’école primaire pour filles El-Furkan, située dans le quartier de Zeitoun.L’attaque a provoqué d’importants dégâts dans l’école et ses environs, notamment sur la 8ᵉ rue de Zeitoun. Selon des sources locales, l’armée israélienne avait auparavant utilisé l’école comme base militaire et y avait stationné des véhicules pour ses opérations. L’école a été détruite lors d’une attaque massive menée avec d’anciens véhicules militaires chargés d’explosifs.
L’armée israélienne transforme d’anciens transporteurs de troupes blindés en engins piégés, surnommés « robots » par les Palestiniens, qu’elle déploie sur les zones de conflit à Gaza et fait exploser à distance, provoquant ainsi des destructions.
Eyal Zamir, chef d’état-major israélien, a annoncé mercredi le lancement officiel de l’opération « Chariots de guerre de Gédéon 2 », visant à occuper entièrement la ville de Gaza après en avoir évacué les habitants. La branche armée du Hamas, les Brigades Izz al-Din al-Qassam a, de son côté, annoncé le lancement de l’ « Opération bâton de Moïse » en réponse à l’opération israélienne.
Depuis environ quatre semaines, l’armée israélienne cause d’énormes destructions dans la ville de Gaza, provoquant la mort de plus de 1 000 Palestiniens et des milliers de blessés à travers des attaques et bombardements massifs. Les attaques israéliennes sur la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023 ont fait 84 morts supplémentaires au cours des dernières 24 heures, portant le bilan total à 64 231 personnes, selon un communiqué du ministère de la Santé de Gaza, jeudi. Au cours de cette période, 338 blessés ont été admis dans les hôpitaux de la bande de Gaza, portant le nombre total de blessés depuis le 7 octobre 2023 à 161 583. Depuis la rupture du cessez-le-feu par l’armée israélienne le 19 janvier et les attaques menées depuis le 18 mars, 11 699 Palestiniens ont été tués et 49 542 blessés. Plus, les frappes ciblant les populations attendant une aide humanitaire ont fait 17 morts et 174 blessés supplémentaires au cours des dernières 24 heures. Depuis le 27 mai, les attaques systématiques sur les points de distribution d’aide israélo-américains ont entraîné 2 356 décès et 17 244 blessés.
Le ministère a également précisé que le comité chargé de suivre les personnes disparues a confirmé 401 nouveaux décès, ajoutés aux statistiques globales. Des milliers de corps sont toujours coincés sous les décombres. Par ailleurs, la fermeture des points de passage et la restriction de l’aide humanitaire ont aggravé la famine à Gaza, où trois Palestiniens supplémentaires sont morts de faim au cours des dernières 24 heures, portant à 370 le nombre de personnes décédées de faim depuis le 7 octobre, dont 131 enfants.
Appel papal
A Rome, le pape Léon XIV a réitéré jeudi son appel à un cessez-le-feu urgent à Gaza lors de sa rencontre avec le président israélien Isaac Herzog au Vatican, selon un communiqué officiel. Au cours d’une audience privée, le pape a discuté avec son hôte de la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et d’un accès humanitaire sans entrave à Gaza, ainsi que de la libération de tous les otages encore retenus, rapporte Vatican News, citant le Bureau de presse du Vatican.
Ils ont également abordé la question d’une solution à deux États, alors que les discussions sur la situation politique et sociale au Moyen-Orient se sont concentrées particulièrement sur la « situation tragique à Gaza ».
Le souverain pontife a exprimé son espoir d’un cessez-le-feu permanent, de l’acheminement sécurisé de l’aide humanitaire vers les zones les plus touchées et du plein respect du droit humanitaire, selon le communiqué. Le pape Léon a également réaffirmé son avis selon lequel « la solution à deux États est la seule issue à la guerre actuelle ». Ils ont par ailleurs discuté de la situation en Cisjordanie occupée et de « la question importante de la ville de Jérusalem ». Le communiqué du Vatican souligne que les deux responsables se sont accordés sur la « valeur historique » des relations entre le Vatican et Israël. Pour sa part, de passage à Doha, le chef de la diplomatie iranienne a discuté avec l’Emir du Qatar de la nécessité de multiplier les efforts pour mettre un terme au bain de sang sioniste. Abbas Araghchi a aussi saisi l’occasion pour rencontrer une délégation du Hamas. A rappeler que la résistance palestinienne avait fait parvenir à Tel-Aviv, via les traditionnelles courroies de transmission, une offre de trêve définitive. Mais c’était sans compter avec l’obstruction de B. Netanyahu et de son cabinet de va-t-en-guerre. Soutenu de manière inconditionnelle par Donald Trump, actuel patron de l’administration US, le Premier ministre israélien fait la sourde oreille à tous les appels à la paix.
Et vogue Sumud !
Face à ce drame, les activistes de la Flottille mondiale Sumud, lancée avec le soutien de plus de 44 pays pour soutenir la Palestine et briser le blocus israélien sur Gaza, poursuivent un voyage difficile mais déterminé pour atteindre Gaza. A bord de l’un des bateaux partis du port de Barcelone, en Espagne, en direction de Gaza, l’Américain David Olsen, qui décrit leur voyage en mer comme ardu, mais déterminé, a déclaré être horrifié par la violence dont il est témoin à Gaza. « Nous voyons plus de 2 millions de personnes piégées et affamées par Israël. Nous sommes témoins de la complicité des gouvernements internationaux, y compris celui de mon pays, dans l’armement et le soutien à ce massacre », a-t-il assuré au micro d’Anadolu. Il a estimé qu’apporter des armes à un pays qui empêche l’aide humanitaire est illégal, tout en soulignant que des milliers de camions remplis de nourriture pour Gaza sont laissés pourrir. « Nous voyons des enfants affaiblis et affamés, ce que l’on peut appeler l’Holocauste du XXIᵉ siècle. Mon gouvernement (les États-Unis) doit cesser tout commerce et transfert d’armes avec Israël » a tonné ce pêcheur en Alaska.
Affirmant que la plupart des bateaux étaient des voiliers capables de lutter contre le vent et a qualifié leur périple de véritable « épopée maritime », il a exprimé sa grande inquiétude pour les Palestiniens de nationalité américaine bloqués ou tués à Gaza : « Il y a de nombreux Américains palestiniens coincés, incapables de sortir, voire tués à Gaza. Ils doivent se tourner vers l’ambassade la plus proche des États-Unis, qui est à Tel-Aviv. » Face à l’inaction des gouvernements, il estime que le peuple doit agir pour stopper les massacres : « Seules les populations peuvent mettre fin à ces meurtres, pas les gouvernements. » Il a rappelé que des dockers en Italie ont annoncé qu’ils fermeraient certains ports si Israël intervenait sur les bateaux de la flottille.
« Nous partons avec la Flottille mondiale Sumud pour briser le blocus humanitaire à Gaza. Nous sommes prêts, motivés, et nous réussirons ensemble » a renchéri Doris Do Block, 52 ans, mère de deux enfants et professionnelle de santé belge. Elle a insisté sur le fait que la flottille est une initiative « immense », et non une « excursion touristique ». Déterminée comme ses compagnons, elle a lancé : « Nous irons jusqu’au bout. Nous ne renoncerons jamais. Les gouvernements doivent cesser de se rendre complices du génocide à Gaza. » Plus, a-t-elle ajouté, « nous voulons d’abord toucher le cœur des Gazaouis, du peuple palestinien, car ils savent que nous venons pour eux. »
Les bateaux, décorés de drapeaux palestiniens, poursuivent leur route vers Gaza, tandis que les activistes continuent leur vie quotidienne en mer et communiquent avec les autres navires de la flottille par radio.
Les bateaux de la Flottille mondiale Sumud, créés avec le soutien de plus de 44 pays pour soutenir la Palestine et briser le blocus israélien, ont quitté Barcelone le 31 août en direction de Gaza. Le même jour, plusieurs bateaux transportant 300 tonnes d’aide sont partis de Gênes, en Italie, pour rejoindre la flottille en Méditerranée.
Le terme « Sumud », signifiant en arabe « détermination » ou « volonté inébranlable », est devenu un symbole du peuple palestinien après la guerre des Six Jours en 1967. Il évoque la résistance à l’occupation par le maintien sur les terres, la préservation de l’identité et de la culture palestiniennes, et la construction d’alternatives pacifiques à l’occupation, incluant la désobéissance civile non violente. Dans les manifestations artistiques sur la Palestine, des symboles comme l’olivier et la femme enceinte paysanne représentent ce concept.
