Une lettre consultée par Reuters a montré que les organisations, parmi lesquelles Amnesty International USA et la National Bar Association ainsi que des groupes de défense des droits des Arabes et des Juifs, ont fait appel aux présidents des commissions des forces armées de la Chambre et du Sénat pour supprimer ce que l’on appelle « l’article 219 » du projet de loi. Cette disposition vise à renforcer la coopération entre les secteurs de la défense américain et israélien en accélérant le développement de technologies militaires communes et en établissant des cadres pour des projets de production et de développement conjoints et des accords de licences industrielles aux États-Unis en coopération avec des entreprises israéliennes.
Dans leur lettre, les organisations ont déclaré qu’« une intégration plus poussée avec le secteur de la défense israélien serait extrêmement dangereuse », estimant que la création de liens supplémentaires entre Israël et le système technologique de défense américain intervient à un moment où les intérêts des deux pays divergent de plus en plus et où l’opinion publique américaine se tourne vers l’opposition à un soutien inconditionnel à Israël.
La Chambre des représentants a adopté le projet de loi en juillet, et celui-ci est actuellement en attente d’un vote au Sénat.
Le mouvement pour les droits de l’homme intervient dans un contexte de net déclin du soutien public américain à Israël depuis le début de la guerre génocidaire à Gaza en 2013, notamment au sein du Parti démocrate.
Un sondage de l’université Quinnipiac réalisé en juin a montré que 48 % des électeurs américains et 66 % des démocrates estiment que Washington apporte un soutien excessif à Israël, contre respectivement 16 % et 20 % lorsque la question a été posée pour la première fois en 2017.
La scène politique américaine est également témoin de la montée en puissance de candidats démocrates plus critiques envers Israël, tandis qu’un certain nombre de législateurs modérés sont de plus en plus disposés à revoir les politiques de soutien américaines traditionnelles à son égard.
La lettre critique ce qu’elle décrit comme des violations potentielles du droit international humanitaire pendant la guerre à Gaza, ainsi que l’escalade de la violence des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée, estimant que ces développements devraient empêcher toute mesure visant à renforcer les liens militaires entre Washington.
Feu vert à la colonisation
Depuis la Palestine occupée, Mike Huckabee, ambassadeur américain en Israël, a condamné les violences des colons en Cisjordanie tout en défendant la poursuite de la colonisation, arguant qu’Israël avait le droit de construire dans la zone C de Cisjordanie. Dans des propos rapportés par le Jerusalem Post, l’ambassadeur a déclaré que les auteurs de violences parmi les Israéliens constituent « une très petite minorité » parmi les près de 500 000 Israéliens vivant en Cisjordanie, mais a souligné la nécessité de les tenir pour responsables, affirmant qu’il serait « hypocrite » s’il parlait des violences palestiniennes contre les Israéliens et ignorait les violences israéliennes contre les Palestiniens.
La Société de radiodiffusion israélienne a cité M. Huckabee qui affirmait que les auteurs de crimes en Cisjordanie sont des terroristes, soulignant que leurs actions nuisent gravement à l’image d’Israël aux États-Unis. Concernant les colonies, l’ambassadeur a déclaré que « le peuple juif ne peut être séparé d’une terre qui est sa patrie depuis 3 800 ans », ajoutant que les Israéliens ont le droit de construire dans la zone C en vertu des accords d’Oslo. Il a ajouté que la montée de l’antisémitisme dans le monde pourrait pousser davantage de Juifs à immigrer en Israël, arguant qu’il était « logique » que certaines de ces nouvelles communautés se trouvent en Cisjordanie.Le diplomate a déclaré croire « sans hésitation » que les États-Unis ont autant besoin d’Israël qu’Israël a besoin d’eux, ajoutant que les racines des États-Unis remontent à cette région, qu’il a décrite comme la source des « fondements judéo-chrétiens » sur lesquels la civilisation occidentale et les États-Unis ont été construits.
A signaler que les Brigades Al-Qods ont annoncé qu’une force des « milices collabos », appuyée par des drones israéliens, a progressé vendredi à l’aube en direction de la zone d’Al-Qarara, rue Al-Jummayzah, au nord de Khan Younès, dans une tentative de kidnapper l’un de ses membres. Les Brigades ont indiqué dans un bref communiqué que leurs combattants ont réussi à repérer la force infiltrée et à l’accrocher au moyen de grenades et d’armes moyennes à bout portant, faisant état de plusieurs morts et blessés parmi les membres de cette force.
Elles ont ajouté que les drones israéliens sont intervenus pour sécuriser le repli de la force hors de la zone, précisant que les membres de ladite force ont ouvert le feu sur le combattant kidnappé, Fadi Ali Saïd Al-Abadla, entraînant son martyre, avant de se retirer en évacuant leurs blessés et leurs morts, selon le communiqué.
Les Brigades Al-Qods ont rendu hommage au martyr Al-Abadla, l’un de ses combattants au sein du bataillon d’Al-Qarara rattaché à la brigade de Khan Younès. Comme elles ont précisé que l’opération s’est déroulée à trois heures et demie du matin, d’après les termes de leur communiqué publié ce vendredi.
A rappeler que la Commission de résistance au mur et aux colonies, 2 030 attaques ont été recensées en août, dont 1 402 attribuées à des soldats israéliens et 628 à des colons. Les secteurs de Ramallah et Al-Bireh, Naplouse et Hébron sont parmi les plus touchés. Le même rapport fait état de 32 tentatives de création de nouveaux avant-postes et de plus de 21 500 arbres endommagés, dont près de 19 400 oliviers. Human Rights Watch estime de son côté que la violence des colons, soutenue selon l’organisation par les autorités israéliennes, a entraîné le déplacement total ou partiel de 107 localités palestiniennes depuis janvier 2023. L’ONU a recensé plus de 1 430 incidents liés aux colons depuis le début de l’année dans quelque 260 communautés. Au 10 août, 76 Palestiniens avaient été tués en Cisjordanie occupée par les forces israéliennes ou des colons. Les responsables palestiniens dénoncent l’impunité persistante des auteurs et réclament désormais des sanctions internationales concrètes.

