Les frappes aériennes menées par l’ennemi israélien vendredi soir ont fait un lourd bilan humain dans plusieurs localités du Liban-Sud et de la Békaa ouest. Selon un décompte préliminaire, l’agression a coûté la vie à 4 personnes et fait 23 blessés. La localité de Ramadiye, dans le caza de Tyr, a été particulièrement touchée : on y dénombre un martyr et 15 blessés, parmi lesquels figurent six secouristes des Scouts Al-Rissala, trois femmes et deux jeunes filles. Dans le caza de Nabatieh, les bombardements ont causé le martyre de deux personnes, à Kfar-Reman.
D’autres agressions israéliennes ont ciblé le caza de Nabatieh, une jeune fille, Mariam Salameh (18 ans), est tombée en martyre et trois autres, dont deux femmes, ont été blessés à Meyfadoun. Et puis à Nabatieh al-Fawqa, trois personnes, dont une femme, ont aussi été blessés. Les frappes se sont étendues à la Békaa ouest, où la localité d’Aïn et-Tiné a également été touchée, enregistrant un blessé de nationalité syrienne.
Dans la matinée de samedi, les forces d’occupation israélienne ont poursuivi leurs agressions contre le sud du Liban, malgré l’annonce d’un « cessez-le-feu », s’en prenant ainsi aux civils et aux habitations à coups de dynamitages, de raids et de bombardements incessants. Les forces d’occupation ont ainsi procédé à un dynamitage dans le village de Mansouri au sud. De même, l’Agence nationale a fait état de deux raids lancés, ce matin, par l’occupation contre Mansouri, après l’agression par bombardement sur Wadi El-Slouqi et Wadi El-Houjeir. L’occupation a également pilonné à l’artillerie les abords de Mayfadoun ce matin, après avoir ciblé Dawhat Kfar Roummane au milieu de la nuit de vendredi à samedi. Dans l’après-midi, l’ennemi israélien a mené une série de bombardements dans la localité de Bani Hayan.
Multipliant les violations du cessez-le-feu, l’occupation recourt au pilonnage des villages et des bourgades par des obus d’artillerie, des frappes aériennes et de drones, en plus de l’incendie volontaire des champs agricoles, du dynamitage des maisons et des infrastructures et de leur rasage, ainsi que du ciblage des civils.
En réaction, le Hezbollah a annoncé samedi que la poursuite des négociations par le gouvernement libanais « donne à l’ennemi un prétexte pour continuer son agression », appelant à « un retour aux principes nationaux unificateurs qui protègent la souveraineté du Liban ».
« La poursuite par les autorités de cette voie absurde, illégale et anticonstitutionnelle donne à l’ennemi un prétexte pour poursuivre son agression et lui accorde plus de temps pour atteindre ses objectifs et imposer ses conditions et ses diktats au Liban », a averti le Hezbollah dans un communiqué, publié au lendemain des agressions israéliennes qui ont fait 4 martyrs et 30 blessés au sud du Liban, selon le ministère libanais de la Santé.
Accusant les Etats-Unis de « complicité flagrante », dans la poursuite de l’agression israélienne, il a mis en garde qu’elle a pour objectif de « faire pression sur les autorités libanaises et de les contraindre à mettre en œuvre des objectifs désormais bien connus, même si cela doit plonger le Liban dans le bourbier des conflits internes ».
Par ailleurs, le Hezbollah a dénoncé le projet de résolution transmis par le ministère libanais des Affaires étrangères à la réunion du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau ministériel, concernant la solidarité avec la République libanaise, estimant qu’il implique « une attaque frontale et une remise en cause de l’ensemble des contenus et des engagements du Document d’entente nationale, expression du consensus des Libanais sous parrainage arabe, proclamé à Taëf en 1989 ». À noter que le ministre Youssef Raggi qui dirige ce ministère est membre du parti anti-Résistance les Forces Libanaises (FL).
Le député Ibrahim Moussaoui, membre de la Commission des affaires étrangères au Parlement, a estimé que le ministère des Affaires étrangères, « partisan et affilié au gouvernement du Liban », poursuit une « démarche de coup de force contre toutes les dispositions » du Document d’entente nationale. Il a rappelé que ce document « avait mis fin à la guerre civile au Liban à l’époque et tracé les règles régissant la vie politique interne, les questions de souveraineté, les relations libano-arabes, ainsi que la libération du Liban de l’occupation israélienne ». Il a souligné que le ministère « a envoyé à la réunion du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel un projet de résolution de solidarité avec la République libanaise ». Ce texte comprend trois articles qui tendent à « entraîner les pays de la région arabe à rouvrir les plaies d’une situation interne libanaise déjà en crise ». Selon lui, il vise à « soutenir une politique de complaisance envers l’ennemi sioniste et à appuyer ce qui annule les clauses de l’Accord de Taëf ».
Cela concerne aussi bien « l’atteinte à l’entente nationale et à la préservation de toutes les composantes du pays » que « l’interdiction des actions de résistance légitime contre l’occupation sioniste du Liban ». Il dénonce enfin « la condamnation des honorables résistants qui ont porté haut le drapeau de la fierté et de la dignité au Liban, dans le monde arabe et islamique ».
I. Moussaoui a ajouté : « Nous condamnons fermement le contenu des articles 2, 3 et 5 en particulier du projet de résolution du ministère des Affaires étrangères, affilié à l’actuel gouvernement de réforme et de salut au Liban. » Il a ainsi appelé les États membres du Conseil ministériel de la Ligue arabe « à la vigilance et à émettre des réserves sur le projet libanais qui leur est présenté ».
L’objectif est, selon lui, « d’éviter de se laisser entraîner dans le piège d’un coup de force contre ce que la Ligue arabe a elle-même adopté et parrainé lors de ses sessions précédentes depuis 1989 concernant le Liban et les Libanais ».
Et I. Moussaoui de conclure qu’« au nom du Hezbollah, nous déclarons notre rejet catégorique du projet de discorde proposé à votre Conseil ministériel, et nous soulignons l’orientation suspecte de son contenu, préjudiciable aux principes de la Ligue arabe, à sa charte et à son rôle ».
Leprojet élaboré par le ministère libanais des Affaires Etrangères comporte notamment trois articles (les articles 2, 3 et 5) controversés. Ce texte vise l’interdiction de toute activité de résistance armée non étatique face à l’occupation israélienne au Liban, condamne l’action des factions armées autonomes (Résistance) et appelle à consacrer le monopole exclusif des armes aux forces officielles de l’État libanais, un enjeu au cœur de vives tensions politiques internes.

