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Détonations mortelles à Agadir : Les gendarmes de Leqliaa débordés…

by Perspectives Med
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Détonations mortelles à Agadir : Les gendarmes de Leqliaa débordés…

Selon les détails des événements de cette nuit, 354 personnes ont été blessées, dont 326 parmi les forces de l’ordre. Les affrontements ont également causé d’importants dégâts matériels, touchant 271 véhicules des forces publiques et 175 voitures privées. Les actes de vandalisme et de pillage ont affecté environ 80 infrastructures administratives, sanitaires, sécuritaires et communales, ainsi que des agences bancaires et des commerces répartis sur 23 districts et provinces. Le porte-parole a précisé que ces troubles impliquaient 70% de mineurs, atteignant parfois 100 % des participants dans certains groupes.

Les autorités ont engagé les procédures légales nécessaires contre les suspects, sous la supervision du parquet compétent. Plusieurs adultes ont été placés en garde à vue, tandis que des mineurs ont été soumis à des mesures de rétention pour enquête. La même source a souligné que les autorités ont géré les manifestations dans le respect des lois, assurant la sécurité publique et prévenant toute menace pour les personnes et les biens. Les violences ont pris une tournure plus grave, avec des émeutiers utilisant des armes blanches et prenant d’assaut des bâtiments appartenant à l’État et des sièges de services de sécurité.

Il a déclaré que les autorités publiques continueront à mener des opérations réglementaires et de sécurité visant à appréhender tous ceux impliqués dans des actes de violence et de troubles, avec la fermeté et la rigueur requises par la responsabilité qui leur est confiée, tout en respectant strictement les compétences et pouvoirs accordés et les dispositions légales à appliquer. Toutes les mesures légales seront prises sans hésitation contre ceux impliqués dans des actes criminels, conformément aux procédures légales, sous la supervision du parquet, afin de garantir le respect de l’état de droit, a conclu le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Le parquet en mode menace

Les actes de violence, de destruction et d’incendie sont des faits criminels contraires à la liberté d’expression, passibles de lourdes peines de prison en vertu du Code pénal, a souligné Ahmed Ouali Alami, président du Pôle de l’action publique et du suivi de l’exécution de la politique pénale à la présidence du Ministère public.

A. Ouali Alami a indiqué à l’agence MAP que « les actes de vandalisme, d’incendie et de violence ayant touché les biens publics et privés et attenté à l’intégrité physique des personnes suite aux manifestations non autorisées, n’ont rien à voir avec une quelconque forme de liberté d’expression, mais sont des actes criminels sanctionnés, en vertu du Code pénal, par de lourdes peines variant entre 10 et 20 ans de prison et pouvant aller jusqu’à 30 ans voire, dans certains cas, la perpétuité s’ils sont associés à des circonstances aggravantes ».

Les événements susmentionnés portent essentiellement atteinte à la sécurité et à la sûreté des citoyens et à leurs biens, a affirmé le responsable, précisant que la loi doit être fermement appliquée dans ce cadre, afin de protéger leur sécurité et leur quiétude.

OMDH et CDT en lice

A signaler aussi que l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH) a exhorté les autorités à cesser les poursuites judiciaires liées aux manifestations de la génération Z. L’Ong a appelé, jeudi, à « la libération des jeunes détenus, avec des garanties de procès équitables pour ceux qui font encore face à des accusations ». L’OMDH a rappelé dans son communiqué l’importance de respecter la liberté de rassemblement pacifique, telles qu’inscrites dans les conventions internationales et la Constitution marocaine. Par ailleurs, elle a rejeté « toutes formes de violence, quelle qu’en soit la source ».

L’ONG a également exhorté le gouvernement à « ouvrir des canaux de dialogue sérieux et responsables avec les mouvements de jeunesse, en apportant des réponses claires et urgentes aux demandes en matière d’éducation, de santé et d’emploi ». Par ailleurs, elle a invité les médias publics à accorder plus de place aux voix des jeunes. Dans ce sens, l’OMDH a annoncé ouvrir « ses portes aux jeunes pour les écouter » et mettre ses locaux à disposition, en tant qu’espace de dialogue, avec toutes les parties prenantes sur les droits sociaux et économiques des jeunes.

Pour sa part, le bureau exécutif de la Confédération démocratique du travail (CDT) a exprimé sa solidarité avec les revendications sociales justes et légitimes portées par les jeunes, insistant sur la nécessité de préserver le caractère pacifique des protestations. Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion tenue mercredi, le bureau exécutif a précisé que ces revendications concernaient principalement l’amélioration des services de santé publique, la qualité de l’enseignement public et la création d’opportunités d’emploi.

La centrale syndicale a, en outre, appelé à l’ouverture d’un véritable dialogue national, à même de répondre aux revendications sociales exprimées par les jeunes et de parvenir à des engagements visant à améliorer les conditions matérielles et sociales des citoyens, à garantir la qualité des services publics et à préserver les acquis sociaux.

Soutien à l’étranger

Dans le sillage des manifestations de la génération Z dans plusieurs villes marocaines et dans d’autres pays, des jeunes concitoyens résidant à l’étranger ont lancé la mobilisation. Depuis quelques jours, des appels au rassemblement sont lancés via les réseaux sociaux pour tenir des sit-in, samedi 4 octobre 2025, devant l’ambassade du Maroc à Paris (France) et le consulat du royaume à Amsterdam (Pays-Bas).

Par leur initiative, les participants cherchent à exprimer leur solidarité avec les porteurs de revendications liées à la santé, à l’éducation et à la lutte contre la corruption au Maroc. Cette démarche est soutenue par plusieurs organisations de la société civile marocaine en Europe, à travers la Coordination pour les droits humains au Maroc. « Une nouvelle génération courageuse porte les mêmes revendications légitimes, dans un mouvement responsable et pacifique », lit-on dans la déclaration de la plateforme.

Celle-ci salue une « dynamique de jeunesse » porteuse de revendications pour «la liberté, la dignité et la justice sociale » dans le royaume. Dans ce contexte, la coordination a exprimé sa condamnation des arrestations survenues dans plusieurs villes du pays, où les rassemblements devraient se dérouler encore, ce jeudi.  Plus tôt dans la journée, le mouvement GenZ 212 a désigné les lieux et les heures de ses manifestations qu’il veut « pacifiques ». Au lendemain des rassemblements émaillées de violence et de vandalise, les initiateurs ont affirmé leur rejet de « toute forme d’émeute ou de destruction contre les biens publics ou privés ».

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