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Défense US : L’IA au service des commandos

by Perspectives Med
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Défense US : L’IA au service des commandos

Google a conclu un accord avec le Pentagone concernant l’utilisation de modèles d’intelligence artificielle dans le cadre d’opérations classifiées, rapporte le New York Times en citant une source. Selon le journal américain, cet accord prolonge un contrat de 200 millions de dollars signé en 2025, permettant au système d’intelligence artificielle Gemini de Google de fonctionner sur des réseaux classifiés. Reuters indique de son côté que l’accord oblige l’entreprise, à la demande du gouvernement, à mettre en place des mécanismes de protection et des filtres. Le document précise que le système d’IA n’est ni destiné ni autorisé à surveiller les citoyens sur le territoire américain, ni à être utilisé pour des armes autonomes « sans contrôle et supervision humains appropriés ». Toutefois, selon le contrat, Google ne pourra pas restreindre l’utilisation de l’IA « dans le cadre d’opérations légales ».

Un porte-parole de Google a déclaré à Reuters que l’entreprise soutenait des projets gouvernementaux, classifiés ou non. Selon lui, l’accès du Pentagone à cette infrastructure constitue « une approche responsable pour assurer la sécurité nationale ».

Avant la signature du contrat, plus de 600 employés de Google ont signé une pétition demandant au PDG, Sundar Pichai, de ne pas fournir à l’armée américaine des modèles d’IA destinés à des opérations secrètes. Le texte soulignait que l’intelligence artificielle devait servir l’humanité et non être utilisée « de manière inhumaine ou extrêmement néfaste ». Le département de la Guerre a exercé des pressions sur plusieurs entreprises du secteur, notamment OpenAI et Anthropic, pour obtenir l’accès à leurs technologies dans des réseaux classifiés, selon Reuters. Anthropic a refusé ces conditions, ce qui a conduit Donald Trump à interdire temporairement l’usage de ses technologies par les agences fédérales, avant que cette décision ne soit annulée par la justice. Par ailleurs, Google a déjà été critiqué pour ses liens avec l’armée. En février, le Washington Post a rapporté que l’entreprise aurait aidé un sous-traitant militaire israélien à analyser des images de drones grâce à sa technologie Gemini. Google a démenti ces accusations.

Vulnérabilités

A signaler aussi que les États-Unis ne sont pas en avance sur tous les fronts. Ainsi, ils auront du mal à se défendre contre les systèmes de missiles avancés développés par la Russie et la Chine, a déclaré Mark Berkowitz, secrétaire adjoint de l’Armée de terre chargé de la politique spatiale, lors d’une audition devant la commission des forces armées du Sénat.

Au cours d’une réunion consacrée au système de défense antimissile de nouvelle génération Dôme d’or, développé par les États-Unis, il a souligné que le système de défense terrestre américain actuel, à un seul niveau, était conçu spécifiquement pour repousser des attaques surprises de faible envergure, notamment de la Corée du Nord. Parallèlement, a-t-il ajouté, l’armée américaine dispose de capacités très limitées pour contrer toute autre attaque de missiles balistiques. De plus, les États-Unis ne possèdent actuellement aucune défense opérationnelle contre les armes hypersoniques ni les missiles de croisière avancés.

Michael Getlein, responsable du programme Dôme d’or au sein de la Force spatiale américaine, a indiqué que, dans ce contexte, la Chine et la Russie continuaient de moderniser et d’étendre leurs arsenaux de missiles. Il a évoqué le déploiement de planeurs hypersoniques — des ogives capables de manœuvrer à grande vitesse dans l’atmosphère après leur lancement — ainsi que le développement par la Russie du missile de croisière à propulsion nucléaire Bоurévestnik. Les problèmes liés aux systèmes de défense antimissile américains ne s’arrêtent pas là. Politico a rapporté le 24 avril que le nouveau système Dôme d’or se heurte à des difficultés techniques, à des contraintes de financement et au scepticisme des Républicains, réticents à allouer des dizaines de milliards de dollars. Le Pentagone affirme que 17 milliards de dollars sont nécessaires à la construction du Dôme d’or, mais n’en demande que 400 millions lors du processus d’approbation budgétaire. Par ailleurs, selon les estimations du Bureau du budget du Congrès, le coût total du système pourrait atteindre 831 milliards de dollars sur vingt ans.

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