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Crise au Soudan : Le duo Al-Bourhane-Hemedti décrié par la rue

Le général Abdel Fattah al-Burhan, auteur du putsch du 25 octobre, a nommé jeudi 11 novembre un nouveau Conseil de souveraineté. Plusieurs personnalités qui réclamaient un transfert rapide du pouvoir aux civils ont été écartées de sa composition. L’opinion soudanaise qui rejette la main-mise des militaires appelle à une manifestation de la colère pour aujourd’hui samedi. Alors que les forces de l’ordre se sont massivement déployées à Khartoum pour briser l’élan contestataire.

Le général A. al-Burhan a beau avoir répété depuis le coup d’État qu’il n’avait pas l’intention de s’accrocher au pouvoir, le geste qu’il a osé semble le contredire. C’est en tout cas ainsi que cette annonce a été reçue à Khartoum. Sans surprise, il conserve la présidence de ce nouveau Conseil de souveraineté. Le numéro 2 reste également inchangé : il s’agit toujours du général Mohammed Hamdan Dogolo, dit « Hemedti », le puissant chef paramilitaire dont les Forces de soutien rapide ont été accusées d’exactions lors de la révolte ayant abouti à la chute d’Omar el-Béchir et participent activement à la répression à l’œuvre depuis le 25 octobre.
Sur les quatorze personnalités que compte ce conseil, seuls treize noms ont été annoncés. La personnalité censée représenter l’est du pays n’a pas été désignée.
Le principal changement est le départ de quatre représentants des Forces de la liberté et du changement (FFC). Ces derniers réclamaient un transfert rapide de pouvoir aux civils. Pour les remplacer, il y a notamment Abou al-Qassem Bortoum, un homme d’affaires qui avait plaidé pour la normalisation avec Israël ; un ancien député du temps d’O. el-Béchir, à la tête de plusieurs compagnies agricoles et de transport ; ou encore Salma al-Moubarak, une personnalité sans passé politique, issue d’une grande famille soufie du Soudan.
Les autres membres, reconduits, sont des représentants de l’armée ou de groupes rebelles signataires en 2020 de l’accord de paix de Juba, et qui avaient récemment rejeté le putsch du 25 octobre.
L’annonce de ce nouveau conseil de souveraineté a été accueillie avec scepticisme à Khartoum. « Les décisions d’al-Burhan ne s’appliquent qu’à lui-même » et il n’a pas de « légitimité » a réagi l’association des professionnels soudanais. « C’est une fuite en avant » a commenté sur Facebook, Hamza Baloul, ministre de l’information dans le gouvernement dissous dans la foulée du coup d’État.
Le gouvernement, lui, n’a toujours pas été remplacé et dont plusieurs membres sont toujours détenus tandis que le premier ministre Abdallah Hamdok reste en résidence surveillée. Le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a d’ailleurs une nouvelle fois réclamé sa libération et qualifié « très préoccupant » les derniers développements dans le pays.
Mardi, la Grande-Bretagne, les États-Unis et la Norvège la troïka à l’œuvre dans le dossier soudanais avait pourtant appelé le général al-Burhan à ne pas prendre de nouvelle « décision unilatérale ». Il n’ont visiblement pas été entendus. En réaction, dès ce jeudi soir, des barricades ont été érigées et des pneus brulés, dans certains quartiers de la capitale, celui de Burri notamment. Signe que la détermination des comités de résistance à mobiliser pour la marche prévue, samedi, n’est que renforcée par cette dernière annonce, malgré de nouvelles arrestations, dont celle de Mohammed Naji al-Assam, une figure de la révolte de 2019.

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