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Chambre des représentants US : Le « Speaker » se fait toujours désirer

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Incapable d’élire un président, la Chambre des représentants des Etats-Unis est toujours plongée dans la crise, dont la dernière remonte à un siècle. L’actuel locataire de la Maison Blanche considère la crise « embarrassante ». D’autres sessions sont donc à prévoir.
Chambre des représentants US

Les élus ont décidé d’ajourner pour la 13ème fois les travaux, ravivant le blocage de la chambre basse du Congrès malgré des Républicains majoritaires. Le président américain, a jugé cette situation qui s’éternise « embarrassante ». Les démocrates ont pour leur part voté unanimement pour leur candidat, Hakeem Jeffries, un représentant de l’Etat de New York, et premier afro-américain à diriger un groupe parlementaire, même si celui-ci a peu de chances de devenir le prochain « speaker » de la chambre.

Le républicain Kevin McCarthy n’a pas réussi à obtenir suffisamment de voix à cause des divisions au sein de son parti. C’est la première fois en un siècle que le « speaker »  n’est pas élu dès le premier tour, faute de recueillir au minimum 218 des 435 voix. Son rôle est clé puisque sans Speaker, les représentants ne peuvent être assermentés et les commissions formées.

Au Sénat, où les démocrates ont renforcé leur courte majorité (51-49), le coup d’envoi de la nouvelle session a été donné par Kamala Harris, vice-présidente. Le démocrate C. Schumer (New York) et le républicain Mitch McConnell (Kentucky) demeurent chefs de leur groupe parlementaire.

Si minute de silence a été observée pour commémorer une attaque contre la démocratie, deux ans après l’assaut du Capitole, lors duquel une foule de partisans de Donald Trump avait tenté d’empêcher la certification de l’élection de Joe Biden, les élus de la Chambre des représentants se sont rassemblés vendredi pour rendre hommage à ceux qui ont défendu le Congrès, le 6 janvier 2021.  Mais pour beaucoup, le Parlement américain est confronté à un nouvel assaut contre la démocratie. La nouvelle majorité républicaine à la Chambre des représentants cherchait toujours son « speaker ». K. McCarthy, favori pour remplacer Nancy Pelosi à ce poste, est suspendu au bon vouloir de membres de la frange la plus conservatrice de son parti, qui profitent de la très fine majorité républicaine décrochée aux élections de mi-mandat de novembre pour poser leurs conditions.

Sans surprise, ces frondeurs sont en grande partie ceux qui avaient refusé de reconnaître la victoire de J. Biden sur D. Trump. Il y a par exemple Matt Gaetz, élu de Floride. Il y a Scott Perry, élu de Pennsylvanie, et Paul Gosar, de l’Arizona, qui, selon l’enquête parlementaire sur l’assaut du Capitole, ont participé dans l’entourage de D. Trump à des réunions de préparation du 6 janvier 2021, avec pour objectif d’empêcher J. Biden de devenir président…

Sur la vingtaine de républicains rebelles qui refusent de porter K. McCarthy à la tête de la Chambre, presque tous refusent toujours d’admettre la défaite de D. Trump. Quatorze d’entre figurent parmi les jusqu’au-boutistes pro-Trump qui pourtant ont refusé d’écouter ce dernier lorsqu’il leur a demandé de cesser de faire obstruction.

Les démocrates voient dans cette situation inédite depuis 160 ans la mainmise des fidèles de l’ancien président sur le parti républicain. K. McCarthy a tendu la main aux électrons libres bloquant son élection, leur offrant des concessions de taille lors de négociations en coulisses. En vain. Ce blocage a des répercussions très concrètes. Sans « speaker », les élus ne peuvent pas prêter serment ni donc voter de projet de loi. Mais les 434 membres de la Chambre des représentants, théâtre de ce singulier spectacle, continueront à voter jusqu’à ce qu’un président soit élu.

Une issue pourrait être offerte par les démocrates. Selon Politico, quelques-uns de ses élus ont déjà engagé des conversations préliminaires avec l’autre banc. Le média en ligne The Hill avance le nom d’une élue de l’Alaska et d’une autre de l’Ohio qui se disent effectivement prêtes à travailler sur la formation d’une coalition. L’idée serait d’écarter la frange la plus radicale des républicains et de trouver ensuite un candidat « consensuel », bipartisan, qui pourrait prendre la présidence de la Chambre et mettre un terme à la plus longue crise à la tête de cette institution depuis le début de la guerre civile. Si l’on en croit Politico, pour l’heure, « les démocrates se délectent » des mésaventures des républicains et « sont déterminés à les laisser se débattre » encore un peu.

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