Lundi 15 novembre au matin, les sept passagers à bord de l’ISS se tenaient prêts pour le scénario catastrophe, tous réfugiés dans leur vaisseau amarré à la station spatiale, prêts à évacuer en urgence vers la Terre. L’alerte a été donnée en raison de la formation d’un gigantesque champ de débris orbitaux risquant de heurter la station spatiale.
Ces débris, qui ont menacé la sécurité des sept astronautes, n’ont rien de naturel, selon Washington qui met directement en cause une démonstration de force de la Russie à 400 km au-dessus de nos têtes. Selon les États-Unis, les Russes ont tiré un missile test à ascension directe pour détruire l’un de ses propres satellites inactifs depuis 1980. Une action militaire « irresponsable et dangereuse » générant plus de 1 500 débris orbitaux qui menacent désormais les « intérêts de toutes les nations », déplore le porte-parole du département d’État américain, Ned Price.
« La Russie a conduit de façon irresponsable un test destructeur de missile antisatellite à ascension directe à l’encontre de l’un de ses propres satellites », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken. Le patron de la Nasa s’est déclaré pour sa part « scandalisé » par ce tir de missile. « Il est impensable que la Russie mette en danger non seulement les astronautes américains et des partenaires internationaux dans l’ISS, mais aussi ses propres cosmonautes », a déclaré Bill Nelson dans un communiqué. « Je suis scandalisé par cette action irresponsable et déstabilisatrice. »
Plus tôt dans la journée, l’agence spatiale russe Roscosmos avait déclaré les astronautes à bord de l’ISS (quatre astronautes américains, un Allemand et deux cosmonautes russes) hors de danger, sans faire mention d’un test de missile. Le Pentagone a, lui, déclaré travailler « activement pour caractériser le champ de débris ». Il s’agit notamment d’identifier la trajectoire de chacun des objets.
Cet incident relance également les craintes de voir l’espace se transformer en un champ de bataille entre les grandes puissances. Des tirs antisatellites ont déjà été menés par seulement quatre nations (États-Unis, Chine, Inde et Russie). Mais ils sont très critiqués surtout à cause des nombreux débris générés, qui deviennent alors de dangereux projectiles.
Tir d’un missile russe tueur de satellite : Washington s’en prend à Moscou
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