Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a intercepté un avion de chasse « hostile » près de l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz, ont rapporté jeudi des médias iraniens, sur fond de signalements d’explosions et d’une possible activité de défense antiaérienne. Les agences de presse iraniennes Tasnim et Mehr, citant des sources, ont indiqué que la force aérospatiale du CGRI avait intercepté l’appareil et l’avait contraint à quitter la zone. Les deux agences n’ont pas précisé l’origine ni le modèle de l’avion, soulignant qu’aucune annonce officielle n’avait été faite concernant cet incident.
Par ailleurs, l’agence de presse iranienne Fars a rapporté que plusieurs explosions avaient été entendues à proximité du détroit d’Ormuz, notamment dans les eaux au large de Sirik et de l’île de Qeshm. Citant des sources locales, Fars a indiqué que des habitants de l’île de Qeshm avaient signalé des éclairs lumineux et des bruits dans le ciel, tandis que certaines sources évoquaient l’activation de systèmes de défense antiaérienne. Selon l’agence, les premières informations laissaient penser que certains de ces bruits étaient liés à des tirs de sommation visant des navires qui auraient navigué sans autorisation dans le détroit d’Ormuz. Aucune confirmation officielle de ces incidents n’avait été communiquée dans l’immédiat.
Le jour-même, les forces armées iraniennes avaient affirmé que quatre pétroliers avaient pris feu après avoir percuté des mines dans le détroit d’Ormuz. Elles ont déclaré que trois navires « contrevenants (avaient) explosé et pris feu après avoir heurté des mines alors qu’ils tentaient d’emprunter la voie non autorisée au sud du détroit », selon un communiqué. Ils avaient « désactivé leurs radars et systèmes de navigation » et ignoré les avertissements, selon les Gardiens, qui ont ajouté avoir saisi un drone de reconnaissance américain dans la zone. L’origine de la cargaison et les pavillons des navires n’ont pas été précisés.
L’armée iranienne a ensuite annoncé qu’un autre pétrolier avait été touché. Le navire, « qui opérait illégalement dans une zone restreinte et dangereuse (…), a été endommagé et a pris feu après avoir heurté des mines navales », a-t-elle déclaré dans un communiqué diffusé par la télévision d’État.
Pour sa part, l’agence maritime britannique UKMTO a fait état de deux attaques de navires, sans qu’il soit possible dans l’immédiat de déterminer s’il s’agit de deux des bateaux mentionnés par Téhéran. D’après l’UKMTO, « un petit bateau (…) a fixé deux engins explosifs sur la coque » d’un tanker, de nuit, près d’Oman dans le détroit d’Ormuz. Leurs détonations ont provoqué un incendie dans la salle des machines, depuis éteint, a ajouté l’agence, selon qui l’équipage est en sécurité. L’instance a aussi rapporté qu’un tanker avait été visé par un « projectile d’origine inconnue » dans le même détroit, sans faire état de blessé. Comme elle a aussi signalé qu’un bateau avait coulé dans le détroit, au large d’Oman, mais précisé que, selon les autorités régionales, il s’agissait d’un boutre, navire traditionnel dans le Golfe, « impliqué dans un incident de sûreté maritime, qui a déclenché un important incendie à bord ». L’équipage a été évacué sain et sauf.
Tension à Washington
Les préparatifs militaires américains contre l’Iran suscitent de vives critiques à Washington. Jeudi, Chris Murphy, sénateur démocrate membre de la commission des affaires étrangères du Sénat, a dénoncé les projets de l’administration Trump visant à reprendre les opérations militaires contre la République islamique après les élections de mi-mandat du 3 novembre. Informé lors de briefings confidentiels, l’élu du Connecticut a qualifié le plan de « délirant », estimant qu’il provoquerait une nouvelle escalade aux conséquences désastreuses pour les intérêts américains. Selon C. Murphy, les responsables militaires ont élaboré, à la demande du président, un scénario d’offensive de courte durée. Le sénateur redoute notamment des attaques contre des infrastructures civiles iraniennes, susceptibles d’entraîner des représailles et de prolonger le conflit. Il estime également qu’une telle opération ne permettrait pas d’atteindre les objectifs affichés par Washington.
Ces déclarations interviennent alors que les préparatifs américains s’accélèrent. Selon l’agence Associated Press, les États-Unis ont averti plusieurs partenaires du Moyen-Orient de se préparer à une éventuelle reprise des attaques après les élections de mi-mandat, ainsi qu’à de possibles représailles iraniennes contre leurs installations énergétiques et leurs infrastructures stratégiques. Quelque 9 000 militaires américains supplémentaires auraient été déployés dans le Golfe. Le Wall Street Journal rapporte que Donald Trump examine différentes options militaires, tandis que Washington et Israël envisagent de cibler les capacités nucléaires et militaires iraniennes. Le président américain a toutefois exclu de lancer une nouvelle offensive avant le scrutin du 3 novembre. Aucune décision définitive concernant de nouvelles frappes n’a été annoncée.
Face à ces menaces, Téhéran prévient qu’une nouvelle attaque entraînerait une riposte élargie. Les monarchies du Golfe, déjà fragilisées par les tensions régionales, redoutent particulièrement des frappes contre leurs infrastructures pétrolières et gazières. Malgré les efforts diplomatiques en cours, le risque d’une nouvelle escalade militaire reste élevé.
A signaler que l’Autorité de radiodiffusion israélienne a révélé jeudi soir que les mouvements militaires américains comprenaient le transfert de 10 avions cargo vers des bases aériennes israéliennes dans le Néguev, sur fond de mnaces d’une possible nouvelle confrontation militaire avec l’Iran. Selon le média israélien, les avions américains ont atterri sur les bases d’Ovda et de Nevatim. Les informations diffusées n’ont reçu aucune confirmation américaine, et la nature du chargement transporté par les avions n’a pas été précisée, de même que la question de savoir si Washington a pris la décision de lancer une attaque contre l’Iran.
La semaine dernière, l’Autorité de radiodiffusion a fait état d’avertissements américains adressés aux États du Golfe concernant la possibilité d’une « guerre courte et ciblée contre l’Iran », rapportant que l’armée américaine a déplacé le système de missiles Patriot du Texas afin de renforcer ses défenses aériennes dans la région du Golfe. Elle a également évoqué les instructions données aux soldats américains stationnés sur des bases dans la région de quitter les lieux, en prévision d’une possible escalade militaire.
Selon le média, les forces américaines s’efforcent de reconstituer leurs stocks d’armements, dans l’attente de l’arrivée d’un porte-avions et d’une unité supplémentaire du corps des Marines américains en novembre prochain. Ces renforts potentiels devraient rejoindre la vingtaine de navires de guerre américains déjà en service au Moyen-Orient.
Plus tôt jeudi, le Wall Street Journal a rapporté que le commandant du Commandement central américain (CENTCOM), Brad Cooper, avait informé le président américain des options d’attaques possibles contre l’Iran. cela « pourrait indiquer que les États-Unis sont sur le point de lancer des attaques militaires majeures » avertit le WSJ.

